Les Pericos de Puebla amorcent leur saison le 31 mars et le lanceur Karl Gélinas a de bonnes chances de faire partie de l'alignement final.

Gélinas fait son nid à Puebla

Avec un seul point accordé en sept manches sur deux départs présaison, Karl Gélinas fait son nid chez les Pericos de Puebla. L'ex-lanceur des Capitales se montre déjà à l'aise au sein de sa nouvelle équipe mexicaine et ses coéquipiers le lui rendent bien, comme en témoigne son surnom de «Gelatina».
«J'aime bien les tacos, alors je suis à la bonne place! Je vais au gym, au marché et j'ai vu tous les films présentés en anglais au cinéma voisin d'où j'habite. Je suis même capable d'acheter mon billet en espagnol, tout seul! Mais une fois, j'ai essayé de commander au resto de sushis et ça n'a pas été évident...» a-t-il raconté au Soleil, jeudi, au lendemain d'avoir donné un point et quatre coups sûrs en quatre manches et 66 lancers contre Oaxaca.
Gélinas, 33 ans, vient de passer 10 ans dans l'uniforme des Capitales de Québec. Cinq championnats de la Ligue Can-Am et près de 1000 manches lancées. Le lanceur partant y va maintenant d'une ultime tentative à un niveau supérieur, mais toujours dans le baseball indépendant.
Située à 135 km de Mexico, Puebla est une ville de 1,5 million d'habitants et dont la municipalité voisine de Cholula abrite 365 églises, une célébration spéciale pour chaque jour de l'année.
Ambiance spéciale
Les Pericos, grosse perruche typique de la région, sont champions en titre de la Serie del Rey ou Série du Roi. Ils évoluent au stade Hermanos Serdan, enceinte pouvant accueillir 12 000 spectateurs. Les frères Serdan sont des pères de la révolution mexicaine lancée en 1910,
«Il y a peut-être 1000 personnes aux matchs présaison, mais ils jouent du tambour et de la musique sans arrêt du début à la fin. C'est assez spécial comme ambiance», relate celui qui porte jusqu'ici le numéro 73, mais a réservé son 34 pour la saison.
Qu'il devrait commencer avec l'équipe, vendredi prochain, le 31 mars. Des sept joueurs étrangers au camp, le club ne peut en garder que six. Gélinas et le voltigeur Joe Dunigan, autre ex de la Can-Am, sont les seuls du lot à ne pas présenter d'expérience des ligues majeures. Le voltigeur vénézuélien de 39 ans Endy Chavez, qui a joué avec les Expos, fait partie du groupe.
Le Québécois n'éprouve pas trop de problèmes de communication dans le vestiaire ou l'abri. Le gérant est l'ancien joueur des Phillies Von Hayes et l'instructeur des lanceurs, Les Lancaster, a été releveur pour les Cubs. Deux Américains. De plus, plusieurs joueurs considérés comme locaux sont en fait des Américains de descendance mexicaine. Alors, ça parle beaucoup anglais.
Calibre difficile à évaluer
Sur place depuis bientôt quatre semaines, Gélinas a encore de la difficulté à évaluer avec précision le calibre de jeu de la Ligue du Mexique, à cause des alignements élargis en présaison.
Il sait toutefois que cinq des neuf frappeurs qu'il affrontait à son premier départ sont déjà passés dans les majeures. Et à 2300 mètres d'altitude, «tu dois garder la balle basse, parce qu'elle voyage!» assure celui qui qualifie les frappeurs de plus agressifs que dans la Can-Am.
Son salaire de 40 000 $US avec logement fourni pour les six prochains mois, s'il y reste tout ce temps, double quasiment ce qu'il aurait empoché à Québec comme joueur vétéran et instructeur des lanceurs. Il pourrait faire deux fois plus l'an prochain s'il retourne au Mexique ou même davantage si des éclaireurs des ligues asiatiques le recrutent. Il espère enfin obtenir davantage de considération de l'équipe canadienne en évoluant dans un circuit mieux coté.
«Je n'ai rien de garanti ici et je sais qu'ils sont vites sur le bouton panique. Québec va me manquer et si ça tourne au vinaigre ici, j'ai l'impression que je serai accueilli à bras ouvert avec les Capitales», conclut Gélinas.
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Scalabrini en mode attente
Le gérant des Capitales, Patrick Scalabrini (à droite)
Patrick Scalabrini ne serait pas surpris de voir Karl Gélinas faire l'équipe, à Puebla. «C'est facile pour un gérant de tomber en amour avec Karl, parce que sa mécanique est tellement fluide et presque parfaite», constate celui qui côtoie le grand lanceur droitier chez les Capitales depuis 10 ans.
«Mais au Mexique, c'est les résultats avant tout. Ils n'ont aucune patience. Tu as une mauvaise séquence et ce n'est pas long que tu es parti», poursuit l'instructeur-chef du club indépendant de Québec. Ce qu'il ne souhaite pas à son ancien protégé et ami, qu'il avait aussi nommé coach des lanceurs pour la prochaine saison.
Scalabrini n'a toutefois pas encore remplacé Gélinas dans son alignement. Pas parce qu'il croit que l'artilleur partant de 33 ans reviendra avant l'amorce du calendrier régulier de la Ligue Can-Am, le 18 mai. Il attend plutôt les libérations massives de la fin des camps du baseball affilié, d'ici deux semaines. «Je suis en mode attente», a-t-il résumé, jeudi, de la Floride. Il y est avec les jeunes du programme baseball-études de Québec. Il s'apprêtait à aller voir un match préparatoire des Braves d'Atlanta et de l'ancien des Capitales Balbino Fuenmayor, qu'il a dirigé en 2014.
Sans jamais quitter de vue la liste des mouvements de personnel. Les Capitales sont donc à la recherche d'un lanceur partant de statut vétéran et de deux releveurs d'expérience, c'est-à-dire pas de première ou de deuxième année professionnelle. L'ancien releveur étoile des Capitales Jon Fitzsimmons vient justement d'être retranché par l'organisation des Diamondbacks, une deuxième libération pour l'Ontarien depuis l'automne après les Indians. Mais les Angels ont vite sauté sur l'occasion pour donner une nouvelle chance à Fitzsimmons.
Les Capitales auront aussi besoin de deux joueurs de position réservistes recrues, dont un receveur. Leur embauche risque d'attendre à plus tard en avril.