Le président des Capitales de Québec, Michel Laplante, avoue ignorer si la proposition des ligues majeures d’éliminer 42 équipes des ligues mineures est du bluff.

Frontier: le baseball affilié au centre des discussions

Les négociations entre le Baseball majeur et le baseball affilié pour le renouvellement de l’entente qui prendra fin au terme de la saison 2020 ont occupé une partie des discussions lors d’une réunion des gouverneurs de la Ligue Frontier en début de semaine, en Arizona.

«Oui, je dois avouer que ça a été un gros sujet de discussion. Mais personne ne sait si c’est du bluff», a déclaré le président des Capitales de Québec, Michel Laplante, au sujet de la proposition des ligues majeures d’éliminer 42 équipes des ligues mineures dévoilée par le magazine Baseball America.

«Tous les sept ou huit ans, cette question-là revient quand les majeures négocient leur entente avec les ligues mineures. Il faut savoir que les équipes des majeures paient le salaire des joueurs et du personnel de leurs équipes affiliées, mais que les propriétaires des équipes affiliées paient tout le reste», indique Michel Laplante, qui ne croit pas vraiment à l’élimination de 42 équipes dans le baseball affilié.

Sans emploi, sans équipe

Si la proposition des majeures faisait son chemin, plusieurs joueurs se retrouveraient alors sans emploi et plusieurs villes, sans équipe affiliée. Le projet de tenir le repêchage des majeures au mois d’août pourrait aussi sonner la fin des ligues collégiales d’été et de la Cape Cod League si les universités amricaines décidaient de tenir leur saison de mars à juin.

Pour Bill Lee, commissaire de la Ligue Frontier, il est cependant trop tôt pour prédire les impacts des négociations entre les deux parties. «J’en suis à ma 40e année dans le monde du baseball et je sais que les choses peuvent changer très vite. On va regarder comment ça se passe et comment ça affectera notre ligue. On espère que ce sera bon pour nous», a-t-il raconté au Soleil.

Lee a aussi avoué qu’il aimerait beaucoup discuter avec les ligues majeures des occasions qui pourraient s’offrir à sa ligue dans la foulée des négociations qui se poursuivent avec les ligues mineures.

Élargir davantage ses cadres

Une chose est certaine, la Ligue Frontier, plus ancien circuit de baseball indépendant au nord du Mexique, souhaite élargir encore ses cadres en 2021 après avoir fusionné avec la Ligue Can-Am.

«Nous recevons déjà de l’intérêt de la part de quelques villes. Nous ne visons pas d’autre fusion à court terme, mais nous sommes prêts à accueillir des équipes du Québec jusqu’au fleuve Mississippi. Tous les marchés qui ont des infrastructures disponibles nous intéressent», poursuit-il.

«Le secret pour qu’une ligue reste forte, c’est d’avoir des propriétaires qui croient en leur produit et en leur ligue et qui savent mettre l’intérêt de la ligue en premier. Nous sommes aussi forts que notre maillon le plus faible, donc nous avons besoin de bonnes personnes, de bons propriétaires voués au succès de leur équipe», résume M. Lee.

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PEU DE CHANGEMENTS À LA RÉGLEMENTATION 

Pour les partisans des anciennes équipes de la Ligue Can-Am de baseball indépendant, le passage dans la Ligue Frontier n’aura finalement pas un effet majeur sur la réglementation.

«Les règles de la Ligue Frontier se sont rapprochées énormément de ce qu’on avait à l’époque dans la Can-Am», déclare le président des Capitales de Québec, Michel Laplante, au terme d’une assemblée qui avait lieu en Arizona.

«Le plafond salarial sera calculé différemment, mais ça ressemblera au nôtre et on pourra continuer d’aligner quatre vétérans de plus de 28 ans dans chaque équipe. Ils ont fait beaucoup d’efforts pour s’ajuster à nous», explique Laplante à propos des autres gouverneurs d’équipes.

La question de la valeur des franchises, qui sera fixée entre 700 000 $ et un million, le territoire couvert et la diffusion des matchs par Internet ont également été au cœur des discussions.

«Toutes les équipe de la Ligue Frontier auront dorénavant des caméras pour présenter les matchs par Internet, ce qui existait déjà dans la Can-Am. Ça demande des investissements, mais on croit que le streaming est important pour la diffusion du sport», ajoute-t-il.

«Ce sont des changements qui s’imposaient pour s’assurer que la transition [après la fusion des deux ligues] se déroule rondement», a pour sa part déclaré le commissaire de la Ligue Frontier, Bill Lee. 

«Après cette réunion, je crois que je peux dire que tout le monde s’entend très bien autour de la table», termine-t-il. Ian Bussières