Seul Michael Suchy (25) a réussi à avoir le dessus sur les lanceurs, mercredi soir, alors qu'il a produit le seul point du match en cinquième manche à l'aide d'un circuit en solo.

Elias remporte un duel épique contre Blanco

Comme duel de lanceurs, il était difficile de demander mieux! Ethan Elias a eu le dessus sur Lazaro Blanco, mercredi au Stade Canac, à l’occasion d’une victoire de 1-0 des Aigles de Trois-Rivières aux dépens des Capitales de Québec.

Il s’agissait d’une troisième défaite de suite pour les Capitales, déjà assurés de perdre cette série contre leurs rivaux de la Mauricie. Les Aigles tenteront de s’offrir un coup de balai, jeudi, dans le troisième et dernier match.

«Il est extrêmement décevant de bousiller une performance magistrale de Blanco. Il a été impressionnant, c’est quasiment plus fâchant que la défaite elle-même», estimait le gérant des Capitales, Patrick Scalabrini.

Blanco (2-2) n’a cédé que deux coups sûrs en huit manches. En fin de compte, c’est un circuit en solo de Michael Suchy, en cinquième, qui a fait la différence. Le lanceur cubain a obtenu sept retraits au bâton.

Elias dans sa zone

Le hic, c’est que le partant des Aigles était aussi dans son élément. Elias (3-3) a réussi un match complet de cinq coups sûrs, ponctué de sept retraits au bâton. Il a accordé un premier coup sûr en sixième manche. Il battait les Capitales pour une deuxième fois, cette saison.

«Il s’agit de mon premier match complet de plus de cinq manches en carrière. Tout fonctionnait bien pour moi, ç’a bien commencé et mes lancers à effet étaient bien meilleurs qu’à mes sorties précédents. Ce n’est pas facile d’affronter la même équipe aussi souvent, ils sont agressifs au bâton, mais j’avais un bon contrôle», résumait le lanceur gagnant.

«Mon gars est épuisé. Je ne pense pas qu’il avait sa meilleure étoffe, mais il s’est bien ajusté. Il maîtrisait ses lancers à effet et pouvait sortir sa rapide pour des prises au besoin. Il est difficile de gagner des séries sur la route, chaque fois qu’on peut le faire, c’est plaisant», disait le gérant des Aigles, T.J. Stanton, à propos de cette deuxième victoire dans la série. Les Aigles ont gagné cinq fois sur huit contre les Capitales, cette saison.

La léthargie se poursuit

Dans le clan québécois, le discours ne changeait pas avec celui de la veille. La faible récolte de cinq coups sûrs expliquait cette troisième défaite d’affilée à la maison.

«Il [Elias] a bien fait, mais ça fait huit matchs qu’on fait bien paraître le lanceur adverse… On n’a pas généré grand-chose, c’est une léthargie collective. On se satisfait de peu, direz-vous, mais au moins, on avait une meilleure approche que la veille. Les gars sont stressés, ils essaient d’en faire plus, c’est contagieux. Il n’est pas normal qu’on perdre une série à domicile avec la qualité de nos lanceurs, les gars doivent commencer à faire leur job», résumait Scalabrini à propos des problèmes offensifs de sa troupe.

La série prend fin, jeudi, au Stade Canac. Yender Camaro (1-1) grimpera sur le monticule pour les Aigles et Karl Gélinas (4-2) en fera autant pour les Capitales. Reste à voir si l’as de la rotation des Capitales bénéficiera d’un meilleur appui que Blanco!

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SOUS LA DOUCHE AVEC UNE LÉGENDE

À l'époque où il lançait dans l'organisation des Angels, Karl Gélinas s'est retrouvé dans le vestiaire que Vladimir Guerrero pendant une série de matchs préparatoires.

La venue de Vladimir Guerrero à Québec, jeudi, permet à Karl Gélinas de plonger dans ses souvenirs d’espoir des Angels d’Anaheim. Le lanceur des Capitales n’a jamais joué avec le futur membre du Temple de la renommée, mais il s’est retrouvé sur le même terrain que lui.

«En fait, je n’ai pas joué, mais j’ai pris ma douche avec Vlad. On était dans le même vestiaire pendant la série Freeway», disait-il en riant, mercredi.

Avant de joindre aux Capitales, Gélinas a passé quatre saisons dans les filiales des Angels de 2003 à 2006. Il été invité une fois à la série Freeway, une petite compétition hors-concours de fin de camp d’entraînement qui oppose des équipes californiennes le long de l’autoroute du même nom.

«Les Angels demandaient à des jeunes de l’organisation de venir compléter l’alignement. J’avais été là pour trois matchs. J’étais venu près d’être utilisé, je m’échauffais dans l’enclos en neuvième manche et si nous avions créé l’égalité, c’est moi qui serais embarqué», racontait-il avant le match contre les Aigles.

Gélinas était impressionné par Guerrero, qui venait de se joindre aux Angels. «J’étais l’un de ses admirateurs avec les Expos, c’était incroyable de me retrouver sur le même terrain que lui et dans le même vestiaire», racontait celui qui a aussi été le co-chambreur dans les filiales des Angels de Curtis Pride, l’ex-voltigeur des Expos qui souffrait de surdité.

Le hasard fait bien les choses, puisque Guerrero effectuera le lancer protocolaire, jeudi, tout juste avant qu’il ne grimpe sur le monticule pour y affronter les Aigles. L’ancien des Expos, des Angels, des Rangers et des Orioles participera aussi à une séance de photos à 17h30 dans la zone famille Desjardins, le long de la ligne du premier but.

Un gars s’essaie!

En après-midi à Trois-Rivières, le gérant des Aigles T.J. Stanton avait fait rire Guerrero en lui demandant s’il pouvait rejoindre l’alignement de son équipe pour le match en soirée, contre les Capitales! En s’esclaffant, Guerrero a refusé l’invitation. 

Stanton, qui parle bien français, a posé sa question à Guerrero en espagnol. Il faut dire que le sympathique gérant des Trifluviens est originaire de la Floride, où vivent plusieurs Cubains.

Repêché par les Braves en 2002, le lanceur Stanton a évolué pendant une saison dans les rangs affiliés, chez les Angels d’Anaheim en 2005. Durant le camp d’entraînement en Arizona, il a côtoyé Guerrero. «C’était tout un frappeur. J’imagine qu’il ne se souvient pas de moi! Par contre, je me souviens de lui!»  Avec Louis-Simon Gauthier (Le Nouvelliste)