À pareil date l'an passé (photo), le gérant Patrick Scalabrini préparait les siens en vue du match d'ouverture des Capitales.
À pareil date l'an passé (photo), le gérant Patrick Scalabrini préparait les siens en vue du match d'ouverture des Capitales.

Capitales: il n’aurait jamais fait aussi beau pour leur match d’ouverture

Carl Tardif
Carl Tardif
Le Soleil
Ils n’auraient jamais eu, ou presque, de telles conditions météorologiques pour entreprendre leur saison. Dans un monde idéal, les Capitales de Québec auraient disputé leur premier match local dans la Ligue Frontier, mardi, sous une chaleur qu’on voit rarement à ce temps-ci du printemps.

Des sentiments partagés habitaient le président Michel Laplante et le gérant Patrick Scalabrini à l’idée qu’ils devaient être les hôtes des Otters d’Evansville pour une série de trois matchs au Stade Canac.

«Avec le temps qu’il fait, on serait fort probablement à guichets fermés pour le match d’ouverture, on aurait un peu de billets à vendre pour celui de mercredi et on serait déjà assurés d’avoir une très bonne foule, jeudi. Comme début de saison, on n’aurait pas pu demander une plus belle température, on n’aurait jamais fait aussi beau pour une série d’ouverture», soulignait Laplante, qui s’est plutôt offert une partie de golf au lieu de recevoir la visite au terrain du parc Victoria.

Selon le calendrier d’origine, l’ancien gérant des Capitales Andy McCauley serait en ville avec l’équipe de la Ligue Frontier qu’il dirige depuis 10 ans. Les discussions tourneraient autour de son association d’un an avec les Capitales, en 2002, de ses retrouvailles avec Scalabrini, qui jouait sous ses ordres, à l’époque. Mais voilà, on est plutôt dans l’attente de savoir s’il y aura une saison ou non dans les prochaines semaines.


« On est encore à travailler sur des plans B-C-D-E… On suit de près ce qui se passe avec la LNH, la MLS, la LCF et les différentes ligues de sport professionnel. On ne sait pas encore si on va pouvoir offrir du baseball aux amateurs, mais les différentes phases de déconfinement nous rendent un peu plus optimistes. »
Le président des Capitales, Michel Laplante

«On est encore à travailler sur des plans B-C-D-E… On suit de près ce qui se passe avec la LNH, la MLS, la LCF et les différentes ligues de sport professionnel. On ne sait pas encore si on va pouvoir offrir du baseball aux amateurs, mais les différentes phases de déconfinement nous rendent un peu plus optimistes», soulignait Laplante.

Le président des Capitales rappelle qu’il y a un peu moins de deux semaines, tout était encore fermé au Québec. Depuis, les écoles primaires sont ouvertes, tous comme les commerces ayant une porte sur rue. Le golf et le tennis sont de nouveau permis, notamment, et on commence à établir des protocoles de reprise de l’entraînement.

«Il y a deux semaines, on disait que c’était de la folie d’ouvrir des salons de coiffure, dans l’État de la Georgie, et bientôt, les nôtres le seront aussi. Et qui aurait dit qu’il y aura du soccer en Espagne, en Italie? Les choses évoluent rapidement à travers le monde.»

Pour cette raison, la Ligue Frontier pourrait repousser un peu sa date-butoir du 1er juin pour déterminer s’il y aura une saison en 2020.

«Je me verrais mal de prendre un verre sur une terrasse de la Grande Allée, le 10 juillet, en pensant qu’on pourrait jouer si on n’avait pas lâché aussi vite. Comme notre masse salariale n’est pas élevée et qu’on n’a pas à négocier avec une association des joueurs comme celle de la LNH ou du baseball majeur, par exemple, on pourra se retourner rapidement pour planifier une saison écourtée à 70 matchs.»

Les équipes de la Ligue Frontier étant éparpillées dans sept états américains et une province canadienne, il devient difficile de présenter des plans sanitaires communs aux autorités concernées, mais les discussions progressent, chaque club de son côté.

«On est convaincu qu’on pourrait présenter du baseball dans un stade remplit au tiers de sa capacité et de respecter des mesures strictes pour les joueurs, même si c’était de les confiner ensemble pendant 75 jours. Par contre, il nous serait impossible de jouer devant des gradins vides, nous n’avons pas les contrats de télévision pour cela. Ce qui importe, présentement, c’est qu’on discute avec les autorités, on sent qu’on est à l’écoute de nos solutions.»

Le gérant se prépare

Le gérant Patrick Scalabrini aurait préféré être sur le terrain plutôt qu’au téléphone avec l’auteur de ces lignes en cette supposée soirée d’ouverture, mardi.

«Pour une fois, les joueurs latins n’auraient pas trouvé qu’il faisait trop froid, on n’aurait pas eu besoin de nos cotons ouatés… J’aurais juste espéré qu’on ne serait pas revenu de notre premier voyage aux États-Unis avec une fiche de 3-7. Là, je n’aurais pas été content», rigolait Scalabrini. 

Le gérant garde un contact fréquent avec ses joueurs déjà sous contrat. Si les Capitales recevaient le feu vert, il n’aurait pas de misère à aligner neuf joueurs et des lanceurs pour le match d’ouverture. Mais l’alignement serait peut-être moins redoutable que celui imaginé au départ.

«J’avais trois lanceurs partants sur cinq d’origine latine qui ne pourront fort probablement ne pas être avec nous, même chose avec notre arrêt-court cubain [Yordan Manduley]. Les joueurs collégiaux qui je courtisais ont obtenu une année d’éligibilité de plus dans la NCAA, ils pourraient bien en profiter au lieu de jouer avec nous, cet été. D’un autre côté, on aurait peut-être le droit de signer quelques joueurs des ligues mineures. On verra bien, mais pour l’instant, je me dresse des listes de joueurs pour faire face à toutes les situations, comme, par exemple, si je ne dois aligner que des joueurs québécois, canadiens, etc. Peu importe, on sera prêt», indiquait l’homme de baseball.