Les Cubains Yurisbel Gracial, Yordan Manduley et Lazaro Blanco sont arrivés au Stade Canac samedi soir.

Blanco veut être le meilleur

Lazaro Blanco est arrivé. Et même si c'est la première fois qu'il sort de Cuba sans l'équipe nationale, il n'est pas à Québec en touriste.
«Je viens relever un défi et dans ma tête, je vise le sommet. Mon objectif est d'être le meilleur lanceur de la ligue», tranche le grand artilleur de 31 ans.
Blanco et ses compatriotes cubains Yurisbel Gracial et Yordan Manduley ont déposé leur valise au parc Victoria, samedi soir, avant d'aller passer une nuit bien méritée à l'hôtel. Comme la plupart des joueurs des Capitales arrivés durant la journée, ils n'ont vu que les bureaux administratifs du Stade municipal rebaptisé Stade Canac.
Occupant de sa solide charpente tout le cadre de la porte du petit local d'accueil, on devine déjà à quel point Blanco sera intimidant une fois grimpé au sommet d'un monticule de 10 pouces de hauteur. «Bonsoir messieurs!» lance-t-il à son arrivée, un peu gêné. Le peu de français que lui a appris l'interprète Raymond Boisvert sur la route entre l'aéroport de Montréal et la capitale.
En chemin, Boisvert et Blanco ont laissé Alexander Ayala et Miguel Lahera à Trois-Rivières, chez les Aigles. Les joueurs d'avant-champ Gracial et Manduley, respectivement à leur deuxième et troisième saison avec les Capitales, étaient arrivés une heure plus tôt en compagnie du président de l'équipe, Michel Laplante. À Québec, le gérant Patrick Scalabrini attendait tout ce beau monde.
«Je remercie beaucoup Michel de me donner la chance de jouer dans la Ligue Can-Am et avec les Capitales», a d'abord lancé Blanco avec politesse, aux deux journalistes venus l'accueillir. «Michel? Comment ça, Michel? C'est moi, Patrick, que tu dois remercier», de lui lancer Scalabrini à la blague, dans son espagnol plus qu'acceptable. Bienvenido a la familia, señor Blanco!
Il était de la formation cubaine qui a affronté les Capitales et les autres équipes de la Can-Am, l'été dernier. Son coéquipier cet hiver avec les Alazanes de Granma, champions de la Serie nacional, le voltigeur Roel Santos lui a aussi recommandé «l'accueil chaleureux, le professionnalisme de l'organisation des Capitales et la façon différente de jouer» à Québec.
Alors quand on lui a proposé de venir y passer la saison 2017, il n'a pas hésité. Ici l'an dernier, Santos est parti jouer au Japon, où c'est plus payant.
Le rêve des majeures
Blanco a laissé derrière sa femme et son fils de sept ans. Le rêve d'un jour atteindre les ligues majeures reste vivant pour celui qui espère être repéré par les recruteurs durant ces quatre mois au Canada et aux États-Unis.
Son dernier départ remonte au 15 mars, au Tokyo Dome. Une dégelée de 14-1 des Cubains aux mains des Néerlandais à la récente Classique mondiale. C'était contre son nouveau coéquipier avec les Capitales Kalian Sams, voltigeur de centre. Depuis, Blanco dit avoir pris du repos, s'être bien entraîné et s'assure frais et dispos pour amorcer la saison le 18 mai malgré ses quelque 200 manches lancées au cours de l'hiver.
Scalabrini voit en lui son lanceur partant numéro 1 B, à égalité dans la hiérarchie avec le vétéran Karl Gélinas, seul Québécois dans l'alignement cette année.
Après les échauffements de remise en forme, tests médicaux, rencontre d'équipe et distribution des uniformes de dimanche, le camp d'entraînement de la 19e campagne des Capitales s'ouvre officiellement lundi.
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Fontaine pourrait revenir
Lachlan Fontaine
La recrue Lachlan Fontaine pourrait reprendre du service plus vite que prévu. Il a recommencé à s'entraîner, en Colombie-Britannique, après avoir subi une intervention mineure - mais nécessaire - au dos au cours de l'hiver. Au départ, les Capitales parlaient d'un possible retour tard en saison, mais l'échéancier semble se rapprocher. «Il ne serait pas si loin d'un retour, il s'entraîne, frappe et il nous dit que ça va bien. S'il démontre être en mesure de jouer, on fera tout pour lui faire une place comme joueur d'utilité», confiait le gérant Patrick Scalabrini à propos de celui qui a frappé pour ,239 en 2016. Il veut aussi permettre aux cinq joueurs invités de se livrer une bonne bataille pour les deux postes disponibles.  Carl Tardif
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Des Québécois dans la mire
À part le lanceur Karl Gélinas, les Capitales n'aligneront aucun autre joueur du Québec, mais le gérant Patrick Scalabrini garde un oeil sur quelques candidats qui terminent leur carrière collégiale américaine, ce printemps, comme David Glaude (Missouri Western, division 2) et Guillaume Gingras (St. John's, division 1), deux joueurs de la région évoluant aux États-Unis. À Trois-Rivières, les Aigles ont les yeux sur Raphaël Gladu, un produit local. «T.J. [Stanton] a plusieurs recrues de qualité et pas les mêmes besoins que nous. Je surveille tous les Québécois et Canadiens qui sortent des collèges et je suis confiant de pouvoir les mettre sous contrat si je le veux. Idéalement, j'aimerais qu'ils se battent pour un poste au camp, mais leur saison n'est pas terminée et certains voudront peut-être attendre le repêchage des majeures. Il y a souvent du mouvement chez les recrues pour trouver les bons candidats, on étudiera la question en temps et lieu», notait Scalabrini.  Carl Tardif
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Gélinas croit en Éric Gagné
Partant et instructeur des lanceurs des Capitales de Québec, Karl Gélinas était ravi par les débuts de son ami Éric Gagné avec les Ducks de Long Island. Vendredi, l'ancien vainqueur du trophée Cy Young dans la Nationale a lancé une huitième manche parfaite dans un revers de 2-1, retirant deux frappeurs au bâton.
«Son bras est en santé, il lance avec puissance. Éric est têtu, il veut montrer aux équipes du baseball majeur qu'il peut les aider en relève. Et s'il veut prendre la place de quelqu'un sur la liste des 40 joueurs d'une formation, il doit faire la démonstration qu'il peut lancer plus qu'une fois par semaine.»
Samedi, Gélinas accueillait les nouveaux joueurs des Capitales au Stade Canac. Il pense que le fait de ne connaître aucun lanceur l'aidera dans son rôle d'instructeur, contrairement à 2016 où il travaillait avec ceux qui avaient été ses coéquipiers auparavant.  Carl Tardif