Les dirigeants des Capitales n'auront pas le temps de célébrer trop longtemps. L'alignement devrait changer de manière assez substantielle d'ici la prochaine saison.

Après la victoire, le casse-tête

À peine remis de ses émotions de la veille, Patrick Scalabrini devait déjà commencer à répondre à des questions sur son alignement 2018 au lendemain de la septième conquête des Capitales du championnat de la ligue Can-Am. Ainsi va la vie de gérant dans le baseball indépendant.
Le manitou des Capitales surfait encore sur l'ivresse de la victoire, vendredi après-midi, moins de 24h après le gain de 9-3 des siens contre les Boulders de Rockland devant un Stade Canac plein à craquer. Une conquête significative pour le gérant, qui ne cachait pas que la défaite de 2016 en séries éliminatoires, contre ces mêmes Boulders, avait été dure à avaler. 
Le balayage des séries complété jeudi avec le trophée Arthur E. Ford vient tourner la page sur des dernières saisons plus ardues, non sans une pensée pour le défunt Bob Bissonnette «qui voulait tellement gagner un championnat lorsqu'il était propriétaire». 
Déjà par contre, Scalabrini doit commencer à penser aux trous que laisseront les départs des certains joueurs dans sa dominante formation. À commencer par «l'irremplaçable» Jordan Lennerton, qui a annoncé sa retraite du baseball, à 31 ans, dans les minutes qui ont suivi la victoire de jeudi soir. 
Si l'Albertain a affirmé avoir pris sa décision avant le début de la saison, ce n'est qu'avant le match de vendredi qu'il l'a annoncé au gérant. «Ma première réaction quand il m'a dit ça, c'est qu'on devait absolument terminer au sommet. Il n'y avait pas d'autre façon de dire au revoir au leader incontesté et incontestable de notre équipe», a expliqué Scalabrini, vendredi.
Irremplaçable «Lenny»
Une chose est sûre, un joueur ne pourra remplacer à lui seul l'apport de «Lenny» sur le terrain et en dehors, a assuré le gérant, d'autant plus que le joueur de premier but agissait également comme instructeur des frappeurs. «On l'avait dit il y a deux ans en annonçant son acquisition. C'était pas mal la plus grosse signature de ma carrière.»
Pour le reste, Patrick Scalabrini rappelle que «chaque année il y a 75 % des joueurs que l'on n'est pas sûr de voir revenir.» C'est le cas du puissant Kalian Sams, qui ne cache pas qu'il aimerait poursuivre sa carrière an Asie, où jouer au baseball est plus lucratif. Reste à voir si son excellente saison 2017 lui ouvrira les portes tant désirées. 
Au releveur de 26 ans Nolan Becker, le gérant souhaite un retour dans le baseball affilié. «Je ne peux pas croire qu'il n'aura pas une deuxième chance», a-t-il lancé à propos de celui qui a amassé 24 sauvetages et une moyenne de points alloués de 1,14, un peu plus d'un an après avoir été libéré par l'organisation des Reds de Cincinnati.
Pour ce qui est d'Arik Sikula et Maxx Tissenbaum, tous deux  dominants cette saison, «on va devoir laisser passer un peu de temps», affirme le gérant. Il a «un bon feeling» concernant l'artilleur Sikula, qui est tombé en amour avec Québec, cet été, en plus de signer une incroyable séquence de dix victoires en dix départs consécutifs. 
Tissenbaum effectuant un retour aux études, il pourrait plutôt choisir de se retirer sur la conquête de jeudi soir. Mais qui sait, pointe le gérant, s'il ne s'ennuiera pas de fouler le terrain du Stade Canac une fois sur les bancs d'université.
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Scalabrini espère ravoir les «perles» cubaines
Pas de doute dans l'esprit de Patrick Scalabrini, le trio de Cubains formé par Yordan Manduley, Yurisbel Gracial et Lazaro Blanco représente la meilleure cohorte à laquelle ont eu droit les Capitales depuis le début de leur entente historique avec Cuba, en 2014. 
«Ce sont trois perles. Des guerriers qui, en plus de leurs performances sur le terrain, faisaient vraiment partie de l'équipe. Ils ont appris un peu d'anglais et de français. Ils ont fait des efforts pour s'intégrer.»
Si Blanco n'a évidemment pas déçu, étant nommé lanceur de l'année, le gérant des Capitales était particulièrement élogieux envers Gracial. «N'eut été les saisons de Lennerton et Sams, il aurait pu être nommé non seulement joueur le plus utile de l'équipe, mais de la Ligue», a salué Scalabrini à propos du joueur de troisième-but, qui en était à sa deuxième saison à Québec.
«Il a joué magané toute l'année et ça ne l'a pas empêché de performer autant au bâton qu'en défensive. Il nous a gagné des matchs pratiquement à lui seul.»
Ne reste plus que se croiser les doigts pour le gouvernement cubain accepte de prêter les trois mêmes joueurs aux Capitales l'an prochain, affirme Scalabrini. Blanco a déjà annoncé vouloir revenir, mais reste à voir si Cuba ne voudra pas plutôt ménager le bras de la vedette des Alazanes de Granma. Il faut dire que le partant de 31 ans, auteur d'une fiche de 11 victoires et 4 défaites à Québec, a lancé près de 300 manches dans la dernière année entre la Classique mondiale de baseball, la «Serie Nacional» et les Capitales. 
Relation inchangée avec Cuba
Pour ce qui est de la défection du jeune Cubain Julio Martinez, qui a profité d'un match des Aigles de Trois-Rivières dans l'État de New York, en août, pour prendre la poudre d'escampette, le gérant des Capitales ne croit pas que l'incident nuira aux relations de son équipe, ou même de la Ligue, avec les autorités de l'île des Caraïbes, la saison prochaine.
Yurisbel Gracial, qui s'est attiré les éloges de Patrick Scalabrini, célèbre la conquête du championnat.
Certes, il s'agit d'une première depuis que des joueurs cubains sont prêtés aux formations canadiennes de la Can-Am. Mais ce n'est pas comme si Cuba n'avait jamais envisagé ce scénario.  
«Dès le début de l'entente, on leur avait demandé ce qui arriverait si un joueur faisait défection. Ils nous avaient répondu que c'est déjà quelque chose qui arrive dans les tournois disputés par l'équipe nationale à l'internationale. Le gouvernement adore les Capitales, ça ne change pas.»