Rene Leveret 

Capitales: Rene Leveret ne voulait pas partir

Dans le monde du baseball, certaines situations n'ont pas besoin d'explication. Sans qu'on lui dise, Rene Leveret savait que son poste était en danger avant le départ des Capitales de Québec pour le Texas. Au retour, en début de semaine, un joueur devait être libéré et la décision allait se prendre entre lui et le voltigeur Tim Smith.
«J'étais au courant de la situation, je savais que mon job était en péril», a avoué le premier-but au lendemain de la libération de son coéquipier sacrifié pour faire une place à Josué Peley, remis de sa blessure de cinq semaines à l'ischio-jambier.
Leveret, c'est l'âme tranquille des Capitales depuis cinq ans. Gros bonhomme, il se déplace d'un pas lent, ne dit pas un mot plus haut que l'autre. Plongé dans une léthargie peu commune dès le premier jour de la saison, il sentait le poids d'une moyenne anémique sur ses épaules.
«Je n'ai jamais connu une léthargie aussi longue dans ma carrière. J'ai tout fait pour m'en sortir rapidement, mais rien ne fonctionnait. J'ai passé des nuits blanches à essayer de comprendre ce qui se passait, à chercher des solutions», a raconté le numéro 28.
Avant le match de mercredi soir, Leveret frappait pour ,264, mais il a longtemps flirté avec la ligne de Mendoza, un terme du jargon du baseball utilisé en référence à Mario Mendoza, un joueur qui parvenait de peine et de misère à frapper au-dessus de ,200.
Mais voilà, le détenteur d'une moyenne cumulative d'un peu plus de ,300 en neuf saisons professionnelles a retrouvé son oeil au bâton au moment où cela importait le plus. Il n'est pas faux de prétendre que si Peley avait été disponible pour le voyage au Texas, du 7 au 19 juillet, le natif de Saint-Martin aurait peut-être été retourné chez lui.
«J'ai essayé de ne pas y penser, ni d'essayer de trop en faire. Je n'ai pas eu à discuter avec Patrick [Scalabrini], je savais ce qui se passait. Plusieurs personnes m'ont encouragé à ne pas lâcher, autant dans le vestiaire qu'à l'extérieur», a confié celui dont le lien avec les Capitales remonte à la saison 2010.
Ravi d'être à Québec
Depuis, Leveret est un visage apprécié dans l'entourage de l'équipe. En 2013, il a mené la ligue Can-Am avec 71 points produits et avant cette saison, il frappait pour ,314 avec les Capitales. Il avait commencé à produire un peu plus avant de frapper des coups sûrs dans six matchs de suite. Avant le match de mercredi, il avait frappé en lieu sûr dans huit parties d'affilée, frappant pour ,437 (14 en 32) avec neuf points produits pendant cette période.
«J'ai réussi à m'en sortir et je suis ravi d'être toujours à Québec. J'adore mes coéquipiers, les instructeurs, l'équipe, les partisans, la ville. Honnêtement, qui veut partir d'ici? Personne», répondait Leveret à sa propre question.
Cette saison, le vétéran a même été à l'origine de la publicité payée par l'île antillaise dans le programme des Capitales et sur la clôture du stade. Leveret a aussi joué une partie du dernier voyage aux États-Unis avec un malaise à la hanche.
«Il a dit à notre physiothérapeute de l'enrubanner, qu'il devait jouer. Je suis content pour lui, ses récents succès lui enlèvent de la pression. Nous avons besoin de son coup de bâton», a spécifié le gérant Patrick Scalabrini.