La 13e saison du Circuit québécois de canot à glace prendra son envol samedi lors de la Course de la Banquise, à Portneuf.

Canot à glace: la sécurité avant tout

Le décès tragique du canotier à glace Daniel Malenfant aura au moins servi à éveiller les consciences, selon la grande légende de ce sport, Jean Anderson.

Leader de l’équipe Château Frontenac–Le Soleil et président de l’Association des coureurs en canot à glace, Anderson est doublement bien placé pour constater les effets de la tragédie survenue en face de Québec, à la mi-décembre.

«On insiste sur les règlements de sécurité. Des fois, c’est pris un peu à la légère. Mais là, les gens réalisent que ça peut leur arriver. Les points de sécurité qu’on exige, les gens les prennent plus en considération. Et ils disent même : pourrait-on aller plus loin? Avoir plus de sécurité? Il se fait une réflexion vraiment intéressante», a expliqué Anderson, questionné en marge du lancement de la 13e saison du Circuit québécois de canot à glace (CQCG), à l’Auberge Saint-Antoine.

Canotier expérimenté, Daniel Malenfant, 39 ans, est décédé après avoir été repêché dans l’eau glaciale du fleuve Saint-Laurent. Son embarcation avait chaviré en raison des fortes vagues. Les quatre personnes qui l’accompagnaient ont pu regagner la rive à la nage.

Pareil drame ne serait pas arrivé pendant une des sept épreuves du CQCG, soutient Marie-Noëlle Girard, directrice générale. Visuel constant avec tous les équipages, bateau permettant les interventions d’urgence, les courses de canots à glace se déroulent en toute sécurité, explique-t-elle.

«Nos façons de faire ne changent pas, parce qu’elles sont déjà très sécuritaires. Ce sport-là n’a jamais été aussi bien encadré en période de course. Ce qu’il va rester à faire, c’est attendre le rapport des autorités. Après, on verra si on doit ou non faire quelque chose», affirme Mme Girard, en parlant des résultats de l’enquête sur le drame.

Nouvelle catégorie

Au rayon des nouveautés, le CQCG propose cette année une nouvelle catégorie, signe que ce sport gagne en popularité. La classe compétitive vient s’ajouter à celles déjà existantes: élite masculin, élite féminin et sportive. Elle regroupera les 12 meilleures formations des dernières années en classe sportive, où se multiplient les embarcations.

Cette année, près de 400 canotiers divisés dans une soixantaine de canots prendront le départ des épreuves de la Coupe des Glaces, trophée remis au terme de cette courte mais intense saison de sept fins de semaine.

Jean Anderson et son équipe sont champions en titre dans la catégorie Élite chez les hommes. Ils ont toutefois terminé deuxièmes lors de la Course du Carnaval, l’an dernier, derrière l’équipe La Capitale Groupe Financier de Dominic Chaput. La plus prestigieuse des courses a d’ailleurs vu quatre gagnants différents au cours des quatre dernières années, fait remarquer Anderson. Un autre signe de la vitalité du sport.

«Avant, on était toujours deux équipes à se battre pour la tête», se souvient le gagnant de 24 (!) courses du Carnaval. «Tu ne peux plus dire: “Je suis une équipe et je regarde ce qu’elle fait.” Le monde essaie des choses différentes, ils ont tous la capacité de gagner. Il n’y a jamais rien d’acquis», ajoute celui qui aimerait bien se rendre au chiffre magique de 25.

Chez les femmes, l’équipe de Groupe Voyages Québec de Sandra Guindon est championne en titre de la grande coupe, tandis que celle d’Hôtel Château Laurier/George V (Mylène Martel) avait triomphé sous les yeux de Bonhomme, en 2017.

Le froid des dernières semaines a permis aux équipes de commencer leur entraînement plus tôt, mais il a aussi provoqué des inconvénients, selon Jean Anderson. «Il y a vraiment des gros blocs de glace sur le fleuve, d’un bord à l’autre. Les pratiques n’étaient pas faciles pendant le temps des Fêtes. […] On a été obligés de s’entraîner plus en salle. D’habitude, on dit : on veut de la glace! Mais là, il y en a comme eu trop», a rigolé le vétéran canotier.

Déception chez les canotières

Petite grogne au sein des canotières de la catégorie Élite. Selon l’une d’elles, Stéphanie Drouin, les équipes féminines sont déçues du changement de l’heure de départ imposée lors de la course du Carnaval. En raison de l’ajout d’une nouvelle catégorie, les meilleures femmes doivent s’élancer à 11h30, tandis que les hommes le feront en début d’après-midi. Historiquement, les embarcations des différentes catégories prennent le départ à quelques minutes d’intervalle, tous les bateaux se retrouvant sur le fleuve en même temps.

«On trouve qu’il y a vraiment une grande injustice», soutient Mme Drouin, athlète de canot à glace depuis 27 ans et membre de l’équipe Auberge Saint-Antoine. «Ça nous enlève toute la visibilité pour nos commanditaires, qui sont déçus. Ça enlève aussi l’effet du spectacle, ça dilue l’effet de notre événement.»

La direction du Carnaval dit avoir appris les récriminations des athlètes mercredi matin, pendant la conférence de presse du lancement de la 13e Coupe des Glaces. Une rencontre est prévue lundi entre les deux parties.

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CIRCUIT QUÉBÉCOIS DE CANOT À GLACE

20 janvier: Course de la Banquise (Portneuf)

27 janvier: Course RikiFest (Rimouski)

4 février: Course du Carnaval de Québec

11 février: Défi Canot à Glace (Montréal)

17 février: La Grande Traversée de L’Isle-aux-Coudres

24 février: Course de Sorel-Tracy

3 mars: Grand Défi chez Victor (Québec)