Formée en décembre 1986, l’équipe de Louise Anderson a pu prendre part à la course du Carnaval de 1987 grâce à une commandite du journal Le Soleil. La formation toute féminine a été démantelée en 1990 avant d’être reformée en 1991. Elle a compétitionné jusqu’en 1994.

Canot à glace: des retrouvailles... 30 ans plus tard

La Grande Traversée de L’Isle-aux-Coudres aura un caractère particulier cette année. Non seulement l’épreuve du 22 février marquera le trentième anniversaire de cette épreuve de canot à glace, mais l’équipe féminine de Louise Anderson, Stéphanie Drouin, Dominique Grenier, Julie Lafleur et Nathalie Tremblay s’y réunira pour la première fois depuis près de trois décennies.

«En fait, nous avions participé ensemble à la deuxième édition de la course de L’Isle-aux-Coudres», rappelle Louise Anderson, sœur du légendaire capitaine Jean Anderson qui a remporté la Coupe des Glaces chaque année depuis sa création. 

«Au début, moi et Dominique avions lancé ce projet d’équipe féminine et c’est grâce à la générosité du quotidien Le Soleil qu’elle a pu prendre forme. En effet, en décembre 1986, l’équipe lancée par Louise Anderson et Dominique Grenier et qui était à l’époque complétée par Lorraine Beaulieu, Anika Bédard, Catherine Gobeil et Monique Anderson, toutes étudiantes à l’Université Laval, obtient une commandite du Soleil.

«Nous étions à la recherche de financement et nous étions un peu désespérées. Sans Le Soleil, je ne pense pas qu’on aurait été sur la ligne de départ de la Course du Carnaval en 1987!», explique Louise Anderson. L’équipe a poursuivi son chemin avec d’autres commanditaires et d’autres canotières au fil des années. «J’ai manqué seulement deux saisons, soit 1989 quand je suis partie en voyage faire le tour du monde, et 1990, quand l’équipe a été démantelée.»

Recrutement

Louise Anderson a décidé de relancer son équipe en 1991 avec ses anciennes coéquipières Dominique Grenier, Nathalie Tremblay et Julie Lafleur. Stéphanie Drouin s’ajoute à l’équipage en 1992. La bande a continué à participer à des courses de canot sur glace jusqu’en 1994, après quoi ses membres ont pris des chemins différents. «Nous n’avions plus les mêmes objectifs de course, mais nous sommes toutes restées amies», précise-t-elle.

Stéphanie Drouin raconte que son audace a fortement contribué à ce qu’elle se joigne aux quatre autres jeunes femmes à l’époque. «J’étudiais à l’extérieur, mais j’assistais à la course de canot sur glace du Carnaval chaque année. Une année, j’ai décidé d’appeler au Carnaval pour avoir le nom de la capitaine de l’équipe féminine. J’ai appelé Louise et j’ai offert mes services», raconte-t-elle.

«Le recrutement n’était pas facile pour le canot sur glace, alors Louise m’a invitée à aller faire du canot avec elle dans les îles de Montmagny pendant deux ou trois jours durant l’été. Elle m’a dit que si j’aimais ça, je ferais l’équipe!», se souvient-elle. Stéphanie Drouin est donc revenue de cette excursion les mains couvertes d’ampoules, mais aussi avec une passion pour ce sport et un poste au sein de l’équipe de sa nouvelle amie.

«Je n’ai jamais arrêté le canot à glace depuis ce temps-là. J’adore ce sport où tu n’as pas le choix d’être dans le moment présent. Si tu n’écoutes pas, tu tombes à l’eau! C’est un sport exceptionnel, un sport d’équipe, un sport extrême où tu es confronté au froid et à l’eau», indique-t-elle.

Retrouvailles

Œuvrant aujourd’hui dans des domaines aussi variés que l’ingénierie, la biologie, la comptabilité et l’ostéopathie et toutes âgées dans la cinquantaine, les cinq canotières ont décidé de se réunir pour une course. Si Stéphanie Drouin n’a jamais quitté le circuit de canot sur glace et que Louise Anderson et Julie Lafleur pratiquent encore ce sport à titre de loisir, leurs deux autres coéquipières ne s’étaient cependant plus entraînées depuis plusieurs années.

«On a eu notre premier entraînement cette semaine et c’est comme si c’était hier. On devrait s’entraîner ensemble au moins deux autres fois avant la course. Ce n’est pas toujours évident, car nous ne vivons pas toutes à Québec», souligne Stéphanie Drouin. Elle ajoute que même 30 ans plus tard, les qualités qui font une bonne canotière ne changent pas : «Ça prend du caractère, un bon cardio, il faut être agile, s’adapter à tous les événements et avoir de la persévérance et de l’endurance», conclut-elle, très excitée de courir à nouveau avec son équipe.

Pionnières du canot sur glace féminin

Louise Anderson et ses acolytes ne sont peut-être pas les premières femmes à avoir participé à la course de canot à glace du Carnaval de Québec, mais leur persévérance a permis d’ouvrir la voie pour quelques générations de canotières.

«La première équipe féminine au Carnaval était une équipe de Toronto en 1986. Elles n’ont pas terminé la course, mais elles sont revenues l’année suivante et étaient mieux préparées et plus en forme. Nous étions donc deux équipes de femmes sur la ligne de départ en 1987», relate Louise Anderson.

À l’époque, les femmes couraient dans la même catégorie que les hommes et leur défi était de réussir à battre quelques équipes masculines. «On en battait parfois une, parfois deux», se souvient Stéphanie Drouin. En 1991, l’équipe a même réussi à battre trois équipes d’hommes au terme d’une course particulièrement difficile.

«Mon objectif à moi était de continuer à faire de la course tant qu’il n’y aurait pas de catégorie féminine au Carnaval», indique Louise Anderson, qui rêvait comme ses coéquipières de voir les femmes avoir leur propre course dans le circuit québécois. «On a fini par atteindre notre but. Aujourd’hui, non seulement il y a une catégorie féminine, mais il y a une douzaine d’équipes qui en font partie», conclut Stéphanie Drouin.