Pierre-Luc Poulin a grimpé à bord de son kayak, mercredi matin, afin d’effectuer sa première sortie sur l’eau depuis le remisage des bateaux, en mars dernier.
Pierre-Luc Poulin a grimpé à bord de son kayak, mercredi matin, afin d’effectuer sa première sortie sur l’eau depuis le remisage des bateaux, en mars dernier.

Canöe-kayak: Pierre-Luc Poulin retrouve le goût de l’eau

Carl Tardif
Carl Tardif
Le Soleil
Normalement, il aurait dû se retrouver à Duisburg, en Allemagne, pour participer à la toute première Coupe du monde de la saison qui devait avoir lieu en fin de semaine. Malgré l’absence de compétition, c’est avec un large sourire que Pierre-Luc Poulin a grimpé à bord de son kayak, mercredi matin, afin d’effectuer sa première sortie sur l’eau depuis le remisage des bateaux, en mars dernier.

L’eau froide du lac Beauport n’allait pas gâcher le plaisir du sportif de l’endroit de 24 ans. Il a effectué trois tours du lac en solitaire, histoire de briser la glace et retrouver les sensations qui le mèneront jusqu’aux Jeux de Tokyo, maintenant prévus en juillet 2021.

«J’ai croisé six autres athlètes du club qui, comme moi, effectuait une sortie par eux-mêmes. Avec une température de l’eau à 10 degrés, on ne peut pas s’en aller au milieu du lac, il faut rester près du bord par mesure de sécurité. La dernière fois que j’avais été sur l’eau, c’était en Floride, à la mi-mars, ça faisait du bien», confiait le membre de l’équipe canadienne de canoë-kayak de vitesse.

Pour l’occasion, le canoéiste ne pouvait pas être accompagné de l’entraîneur de l’équipe nationale, Frédéric Jobin. Le groupe de vitesse basé au club de Lac-Beauport pourra se retrouver uniquement lors de la levée des prochaines phases du déconfinement.

«Fred n’était pas là pour me dire de faire ceci ou cela, mais comme ça fait six ans que je suis dans l’équipe nationale, je commence à savoir à quoi ressemble un début de saison. Ce serait extraordinaire qu’il soit à mes côtés, mais l’objectif est maintenant d’être le plus prêt possible lorsqu’il reviendra», disait-il à propos de son entraîneur.

Pierre-Luc Poulin a effectué trois tours du lac Beauport en solitaire, histoire de briser la glace et retrouver les sensations qui le mèneront jusqu’aux Jeux de Tokyo, maintenant prévus en juillet 2021.

La pause forcée des deux derniers mois et la remise des Jeux olympiques n’ont pas trop miné son moral.

«J’avais déjà prévu me rendre jusqu’aux Jeux de Paris, en 2024, alors ça ne change rien pour moi. La seule chose, c’est le présent cycle olympique sera un peu plus long, et le prochain, un peu plus court.»

Pendant l’arrêt causé par la pandémie de la COVID-19, il a continué à s’entraîner à la maison avec les moyens du bord. Il n’a pas l’impression de reprendre tout du début.

«Je ne pense pas battre mes records personnels la semaine prochaine, mais je vais sûrement retrouver ma vitesse maximale d’ici la fin de l’été», notait celui qui a hâte de savoir si les Championnats du monde, prévus en Hongrie, au mois de septembre, auront lieu, et si le Canada y enverra son équipe.

«La fédération canadienne doit prendre une décision au début du mois de juin. Pour l’instant, la situation a l’air pas si mal, là-bas, et les Championnats du monde sont toujours à l’horaire. Tout le groupe espère pouvoir s’entraîner ensemble bientôt et y aller.»


« J’avais déjà prévu me rendre jusqu’aux Jeux de Paris, en 2024, alors ça ne change rien pour moi. La seule chose, c’est le présent cycle olympique sera un peu plus long, et le prochain, un peu plus court »
Pierre-Luc Poulin

Poulin fait partie de l’équipe de K4 500 m basée à Lac-Beauport en compagnie de Mark de Jonge, Simon McTavish et Nicholas Matveev. Il est présentement le seul à être dans la région.

«Habituellement, on ne s’entraîne pas sur le lac à ce moment-ci de l’année, à part peut-être une semaine entre les essais canadiens [à Gainesville, dans l’État de la Georgie] et le départ pour la Coupe du monde. Là, j’ai l’impression que ce sera ma routine pour un méchant bout, on va s’habituer au vent et au froid», indiquait-il après une séance de photos avec Le Soleil pour immortaliser sa première sortie du printemps.

Bien qu’il soit originaire de Lac-Beauport, Poulin n’habite pas sur la rive. Le club nautique étant encore fermé, mercredi, il a pu avoir accès au lac par l’entremise d’un résident lui ayant donné la permission d’utiliser son quai privé. Il devait faire comme tout adepte de canoë-kayak, soit de transporter son embarcation sur le toit de sa voiture et de quitter dès la fin de l’activité. Il fallait avoir au moins 16 ans pour se trouver sur l’eau.

«C’était semblable à une activité de loisir. Le club ouvre, jeudi soir, avec des règles strictes à suivre. J’ai déjà hâte au jour où il sera possible de faire de l’entraînement supervisé», ajoutait celui qui souhaite à ses collègues de différentes disciplines sportives d’avoir la chance de renouer avec leur site d’entraînement le plus tôt possible.