De retour à Lac-Beauport depuis mercredi, Pierre-Luc Poulin garde l’espoir de vivre son baptême des Jeux olympiques dans les prochains mois.

Canoë-kayak : Pierre-Luc Poulin rêve d’un grand rassemblement positif

De retour à Lac-Beauport depuis mercredi, Pierre-Luc Poulin garde l’espoir de vivre son baptême des Jeux olympiques dans les prochains mois. Son rêve au bout des doigts, le membre de l’équipe canadienne de canoë-kayak souhaite que l’événement, peu importe la date de sa tenue, serve de rampe de lancement pour relancer le monde.

«La plus belle médaille d’or serait de voir tous les pays réunis dans un grand rassemblement, ça ferait une belle cérémonie d’ouverture», disait-il, vendredi.

Reste à voir ce qu’il adviendra des Jeux de 2020, qui devraient se tenir  à compter du 24 juillet à Tokyo, au Japon. Pour l’instant, aucune décision n’a été prise par le CIO quant à un possible report ou une annulation.

«S’ils les reportent à l’automne, au pire, je prendrai un ou deux cours de moins à l’Université. S’ils sont remis à 2021, ce serait correct aussi. Le pire scénario pour les athlètes, c’est qu’ils soient annulés, tout simplement, et qu’on attende ceux de 2024. Ça ferait mal au cœur à plusieurs», souligne celui qui fait partie du bateau le plus performant au pays à l’épreuve de K4 500 mètres.

Plusieurs athlètes canadiens, notamment, ont déjà été privés d’une participation aux Jeux olympiques de Moscou, en 1980, en raison du boycott des pays occidentaux pour dénoncer l’invasion de l’Afghanistan par l’Union soviétique (Russie).

«Présentement, tous les athlètes sont dans le même bateau parce que la santé des gens est ce qu’il y a de plus important. Mais à l’époque, c’était une décision politique. Avec une vue de recul, je ne suis pas sûr que le boycottage a vraiment fait changer les choses et plusieurs athlètes avaient payé le prix pour rien, finalement.»

Poulin, lui, pourra réaliser son rêve parce que sa carrière est en plein essor. D’autres, dont les parcours tirent à leur fin, n’auront pas cette chance si on devait faire une croix sur les Jeux de Tokyo.

«J’ai mis beaucoup d’effort en prévision des Jeux, j’ai connu une bonne saison et j’ai une belle progression. Je ne crois pas qu’elle s’arrêtera à cause de la pause forcée qu’on fait. J’étais en contrôle de la situation, j’étais bien assis dans le K4, qui allait très bien. On voyait, ces derniers temps, qu’on serait encore meilleur que l’an passé», notait celui dont le bateau a offert au Canada ses quatre premiers quotas et terminé 14e au Championnat du monde.

Pour la deuxième année de suite, Poulin doit donc rentrer à la maison. Samedi, la fédération canadienne a obligé toute l’équipe de fermer boutique, à Melbourne, en Floride, et de revenir à la maison. L’an passé, il avait été invité à le faire pendant près de trois semaines en raison de maux de tête.

«C’était plus stressant, l’an passé, parce que j’étais seul et je ne savais pas ce que j’avais. Là, nous sommes tous dans la même situation. En Floride, il restait un Français [médaillé de bronze aux Mondiaux, en 2019] qui retournait aussi chez lui. Comme nous, il ne pourra pas aller sur l’eau pendant quelque temps et c’est la même chose à peu près partout dans le monde.»

Il lui sera impossible de maintenir une condition physique maximale, mais croit qu’il y aura moyen de «garder la forme digne d’un athlète de haut niveau».

«Lorsqu’on va reprendre l’entraînement, on ne visera pas tout de suite nos records personnels, mais une chose est sûre, on va être très motivé à retrouver nos moyens», ajoutait celui qui est supervisé par l’entraîneur Frédéric Jobin, responsable du K4 500 et du K1 200 m de l’équipe canadienne.

Une semaine avant de recevoir l’ordre de rentrer, Jobin avait eu le temps de confirmer aux athlètes que l’équipage du K4 restait intact. Si les Jeux ont lieu, Poulin et ses partenaires devront remporter la course éliminatoire avec les autres bateaux canadiens lors des essais nationaux.