Lui-même coach des Rangers de New York, Alain Vigneault ne croit pas à une «pression montréalaise» qui étoufferait joueurs et entraîneurs, et qui serait bien pire qu'ailleurs, selon la légende urbaine.

Vigneault surpris par le départ de Therrien

Alain Vigneault était dans une chambre d'hôtel à Columbus et écoutait le match Canadien-Bruins à la télé quand il s'est mis à entendre les analystes critiquer le travail de Claude Julien, récemment congédié par le club de Boston.
«Rien de méchant», rappelle Vigneault au bout du fil. Mais c'est comme s'ils n'appréciaient pas les 10 ans de Claude à Boston, pas à leur juste valeur, en tout cas. Alors, j'ai laissé un message à Claude, et le lendemain, il m'a texté pour me dire de ne pas m'inquiéter pour lui...»
Le texto de Claude Julien avait un petit quelque chose de prémonitoire, il faut croire. Le lendemain, il devenait le nouvel entraîneur du Canadien de Montréal, pendant que Michel Therrien se faisait escorter vers la porte de sortie.
Aux yeux d'Alain Vigneault, ce dernier chapitre du feuilleton montréalais est un peu dur à saisir. Parce que les trois hommes impliqués (Julien, Therrien et le directeur général Marc Bergevin) sont tous des amis de l'entraîneur des Rangers.
«Je n'ai jamais cru que Michel [Therrien] allait être congédié, ajoute Vigneault. Il avait un club de première place, qui venait tout juste de disputer sept matchs en 11 soirs. Et je sais que sa relation avec Marc [Bergevin] était excellente; il avait le genre de relation que tout entraîneur espère avoir avec un directeur général. Pour Marc, cette décision-là a dû être très difficile à prendre.»
Inéluctable fin
Tout ça, les rumeurs, les critiques, l'éventuelle et inéluctable fin, Alain Vigneault a déjà vécu ça. Il a jadis été congédié lui aussi, en 2000 par le Canadien, ensuite en 2013 par les Canucks de Vancouver.
«Ceux qui affirment que le message d'un entraîneur ne passe plus à un moment donné, moi, je n'ai jamais cru à ça, ajoute-t-il. Ça ne m'est jamais arrivé de trouver que mes joueurs ne m'écoutaient plus. Les coachs, nous autres, on est à la recherche de solutions. Je suis sûr que Michel travaillait là-dessus lui aussi. C'est sûr que des fois, la direction d'une équipe va congédier un entraîneur seulement pour faire un changement, mais quand je pense à mon cas et à ce qui est arrivé à Vancouver, on ne peut pas dire que les résultats ont été reluisants après mon départ.»
Vigneault ne croit pas non plus à une «pression montréalaise» qui étoufferait joueurs et entraîneurs et qui serait bien pire qu'ailleurs, selon la légende urbaine.
«J'ai commencé ma carrière avec le Canadien à 37 ans, et je n'ai jamais cru que c'était pire qu'ailleurs. C'est comme dans toutes les autres villes canadiennes, où le hockey prend toute la place, tous les jours, 10 mois par année. Nous ici, à New York, c'est différent, parce que le hockey est le quatrième sport en importance, c'est surtout saisonnier. L'attention qui est portée aux clubs canadiens, par contre, c'est phénoménal.»
Du reste, Alain Vigneault ne voit plus rien de spécial quand il revoit les maillots tricolores, comme il les reverra mardi soir au Madison Square Garden de New York, où ses Rangers vont accueillir le Canadien. «Ça fait quand même 17 ans que je ne suis plus à Montréal! Il y a bien des choses qui ont changé depuis. Pour moi, c'est un match de deux points comme tous les autres.»