L'attaquant des Mooseheads d'Halifax, Maxime Fortier, a été ignoré à deux reprises lors du repêchage de la Ligue nationale.

Une invitation, à défaut du repêchage pour Maxime Fortier

Les étés de Maxime Fortier se suivent et se ressemblent : ignoré au repêchage, invité au camp de développement du Canadien.
S'il s'est dit déçu d'être reparti bredouille du repêchage pour une deuxième année de suite, l'attaquant des Mooseheads d'Halifax est toutefois emballé par l'invitation reçue pour cette semaine.
«S'ils n'avaient pas aimé ce que j'ai fait sur la patinoire l'an passé, ils ne m'auraient pas réinvité», analyse le jeune homme de 19 ans, rencontré cette semaine à Brossard.
Le cas de Fortier est intrigant. Laissé à lui-même à Halifax en 2015-2016 après les départs des excellents Timo Meier et Danny Moynihan, il a tout de même amassé 77 points, soit 31 de plus que quiconque ayant passé la saison complète avec les Mooseheads.
Puis, la saison dernière, il a complété à merveille le prodigieux Nico Hischier et a conclu la saison avec 87 points en 68 matchs, un total qui lui a valu le neuvième rang dans la LHJMQ. Mais pendant que Hischier était repêché au tout premier rang, par les Devils, Fortier a attendu toute la fin de semaine en vain.
«En 2016, je n'avais pas vraiment d'attentes. J'avais connu une bonne saison, je m'étais beaucoup amélioré par rapport à ma première année dans la ligue, rappelle Fortier. Cette année, j'ai connu une meilleure saison. J'avais peut-être un peu plus d'attentes. Mais je sais aussi qu'il y a moins de joueurs repêchés à 19 ans.»
La taille
À 5'10'' et 179 lb, Fortier n'est pas le plus bâti. Pas impossible que ce facteur lui ait nui. «Je ne le sais pas. Pour certains, ça dérange, mais dans la game que je joue, je ne pense pas qu'on voie la différence. Je n'ai pas peur d'aller dans le coin. Quand les gars sont plus gros, je suis même plus porté à aller de leur bord, parce qu'avec ma vitesse, je n'ai pas peur de ça.»
En revanche, le fait d'avoir joué avec Hischier lui a assurément donné une visibilité inespérée. Visibilité qui n'a toutefois pas encore débouché sur un contrat.
«Quand tu joues avec les meilleurs, tu deviens meilleur, rappelle-t-il. Ça a bien été parce qu'on est deux bons joueurs et qu'on avait du plaisir et des affinités sur la patinoire. Jouer sans lui sera plus difficile, car des joueurs comme lui, il n'y en a pas beaucoup. Mais il faut juste travailler plus fort.»
D'ici là, Fortier va s'inspirer des Yanni Gourde et Jonathan Marchessault de ce monde, deux anciens de la LHJMQ qui n'ont jamais été repêchés parce qu'on les jugeait trop petits.
Pas une surprise
Si certains se demandaient jusqu'aux derniers instants avant le repêchage qui serait sélectionné en premier, Fortier n'avait aucun doute, et ce, même s'il connaissait bien mieux Hischier que Nolan Patrick.
«Il fallait qu'une équipe ait du guts pour passer par-dessus un joueur comme ça. Je ne connaissais pas Nolan Patrick, mais une équipe devait y penser deux fois avant de passer par-dessus Nico.»
Des espoirs au camp d'Équipe Canada
Le Canadien sera représenté par deux espoirs de l'organisation au camp d'orientation d'Équipe Canada junior, qui aura lieu ce mois-ci. Il s'agit du défenseur Victor Mete et de l'attaquant William Bitten, tous les deux repêchés en 2016. Mete, auteur d'une impressionnante récolte de 44 points en 50 matchs avec les Knights de London, fera la lutte à 12 autres défenseurs pour obtenir un poste au Championnat du monde junior, en décembre. L'an passé, c'est justement en décembre, lors de la sélection finale, qu'il avait été retranché. «Je crois avoir une très bonne chance. Si je joue comme j'en suis capable, je peux faire ma place.» Bitten, qui a inscrit 57 points en 65 matchs à Hamilton l'an dernier, sera quant à lui un des 25 attaquants sur place. «C'est incroyable! a lancé le Franco-Ontarien. J'ai toujours voulu faire ça. J'ai fait partie de l'équipe canadienne des moins de 17 ans et de celle des moins de 18 ans, alors c'est la prochaine étape.»
Deux oreilles et une bouche
Certains joueurs sont plutôt timides avec les médias, d'autres sont parfaitement à leur aise. Joni Ikonen, choix de deuxième tour du CH il y a deux semaines, est un homme de peu de mots. En revanche, Scott Walford, un défenseur sélectionné 10 rangs plus tard, an 68e rang, est parfaitement à son aise en entrevue. Le Britanno-Colombien a expliqué à quel point il était impressionné d'être entouré par autant d'hommes de hockey d'expérience au camp de développement. «Le personnel ici est excellent. Il y a Rob Ramage, Martin Lapointe... Avant le camp, ils nous ont dit qu'il y avait 8000 matchs d'expérience et six Coupes Stanley autour de nous. Ils nous ont aussi dit qu'on a deux oreilles et une bouche, et de les utiliser proportionnellement! On devrait apprendre beaucoup.»