Mine de rien, le Canadien montre une fiche de 10-4 et n'a pas perdu deux matchs de suite depuis l'arrivée de Claude Julien à la barre de l'équipe.

Un véritable «effet Julien»

Non, il n'est pas exagéré d'avancer l'existence d'un «effet Julien» dans le camp du Canadien. Depuis son embauche et ensuite son premier match à la barre de l'équipe, le 18 février, le nouvel entraîneur a mené ses troupes à une fiche de 10-4 en 14 matchs, et le Canadien n'a toujours pas subi deux défaites de suite depuis cette date. Mais qui sont les joueurs qui ont le plus bénéficié de «l'effet Julien»? Nous en avons ciblé cinq. Les voici.
Carey Price 
Le choix le plus évident. Price, qui avait lui-même évoqué un problème d'identité à la suite du dernier match de Michel Therrien et qui avait ensuite évoqué un problème d'enthousiasme généralisé, s'est remis à afficher sa forme de trophée Vézina depuis l'arrivée de Claude Julien. À ce chapitre, les chiffres ne mentent pas. Depuis le 18 février, le numéro 31 n'a aucun match de plus de trois buts à sa fiche, et il a accordé à l'adversaire un but ou moins à six reprises lors de ses 12 départs. Depuis le début du mois de mars, Carey Price a un dossier de 6-1, une moyenne de 1,55 et un taux d'arrêts qui se chiffre à ,942. Ça ressemble à des statistiques de gardien ayant retrouvé son enthousiasme...
Alex Galchenyuk
Passons sur le fait que le courant n'a jamais très bien passé entre Galchenyuk et l'entraîneur précédent, et concentrons-nous sur les chiffres. Depuis le 18 février, le jeune attaquant a pris part aux 14 matchs de son équipe, et il a récolté 11 points lors de cette période. Juste avant (en revenant, il est vrai, d'une blessure à un genou), il n'avait pu faire mieux que la moitié de cette production, avec deux points en sept rencontres. Galchenyuk, qui avait l'habitude des changements de rôle répétés - on l'a même vu patiner avec le troisième trio en janvier -, semble pour l'heure bien installé dans le premier trio de l'équipe, au centre de Max Pacioretty et d'Alexander Radulov. Il a d'ailleurs été employé pendant 20 minutes et 54 secondes la semaine dernière au Centre Bell contre Chicago, un sommet pour lui à ce chapitre cette saison.
Andrew Shaw
Claude Julien a décidé de ramener Shaw en compagnie de Phillip Danault et d'Artturi Lehkonen dans le même trio, et il s'agit de l'une de ses bonnes décisions depuis son retour à la barre du CH. Ce trio a été incandescent samedi soir à Ottawa, et Shaw en particulier semble avoir retrouvé ses repères, avec 8 points en 14 matchs sous Julien. En guise de comparaison, l'ancien attaquant des Blackhawks de Chicago n'avait pu faire mieux que quatre points lors des 15 matchs ayant précédé le 18 février. Enfin, et c'est là un détail qui n'est pas sans importance, Andrew Shaw donne l'impression de vouloir se tenir loin du banc des pénalités - il n'a écopé que de quatre pénalités mineures depuis l'arrivée de Julien.
Andrei Markov
C'est le 25 février à Toronto que Claude Julien a choisi de placer Andrei Markov sur le premier duo défensif de son équipe, en compagnie de Shea Weber. Judicieuse idée. Non seulement Alexei Emelin avait un effet de lourdeur sur le jeu de Weber, mais voici que ce dernier, après un passage à vide, a retrouvé la forme, avec seulement deux matchs dans la colonne des moins depuis cette soirée-là. Markov? Il ne fait pas ses 38 ans, et il a même été employé pendant 25 minutes et 23 secondes lors d'un match à Vancouver le 7 mars. La question, évidemment, est de savoir si Markov pourra tenir le rythme encore longtemps comme ça, lui qui a déjà manqué d'essence lors de certains printemps du passé. On verra bien, mais pour l'instant, Markov offre du jeu inspiré.
Paul Byron
Avant Claude Julien, le petit attaquant était endormi dans une profonde léthargie qui ne voulait plus finir : une série d'un seul point en 10 matchs, du 24 janvier au 12 février. Sous Julien, Byron a eu besoin de six matchs pour se retrouver. Depuis, ce n'est rien de moins que huit points en huit matchs pour ce joueur qui se remet à étonner. Claude Julien semble d'ailleurs avoir le don de l'envoyer sur la glace dans les meilleures situations possible (par exemple, à trois contre quatre contre les Sénateurs en prolongation samedi soir, puis en tirs de barrage par la suite). En coulisses, on dit souvent que Claude Julien est parmi les meilleurs de sa profession pour placer ses joueurs en position de succès. Ce qui se passe ces jours-ci avec Paul Byron en est un autre excellent exemple.