En 2009-2010, le Canadien avait tiré la langue en fin de saison mais, propulsé par Jaroslav Halak et une défense étanche, il avait fini par battre Alex Ovechkin et les Capitals de Washington en sept matchs avant d'atteindre la finale d'Association.

Terminer en force, une nécessité?

Lorsqu'on approche la fin du calendrier régulier de la Ligue nationale de hockey, les joueurs insistent toujours sur l'importance de terminer la saison en force afin d'amorcer les séries éliminatoires avec un certain élan. Mais est-ce vrai que le succès d'une équipe en fin de saison se transpose toujours en séries?
«Je ne sais pas si ça se vérifie nécessairement, mais il faut que ça ait une forme d'impact ne serait-ce que parce que le fait de bien jouer te permet de gagner en confiance», répond le défenseur Shea Weber.
L'examen des sept dernières saisons dans la LNH permet de voir ce qui est advenu des équipes ayant terminé le calendrier en force par rapport à celles qui ont tiré la langue au fil d'arrivée. Les conclusions sont intéressantes.
Depuis 2010, 30 équipes sont entrées en séries après avoir gagné 7 victoires ou plus à leurs 10 derniers matchs.
• 18 ont gagné la première ronde
• 7 ont atteint la finale d'Association
• 2 ont atteint la finale
• 2 ont remporté la Coupe Stanley
Ce palmarès correspond sensiblement aux chances qu'offre le format des séries : 1 chance sur 16 de gagner la Coupe, 25 % des chances d'aller en finale d'Association, etc. Terminer sur une lancée est toutefois vraiment payant lors du premier match des séries. Depuis 2010, les 30 équipes ayant gagné au moins 7 de leurs 10 derniers matchs ont présenté une fiche de 22-8. C'est une domination sans appel. Historiquement - et avec un échantillon beaucoup plus grand que les sept dernières saisons - on sait que le club qui gagne le premier match gagne la série les deux tiers du temps.
Il est beaucoup plus rare qu'une équipe arrive en séries avec du sable dans l'engrenage. Même les Kings de Los Angeles, qui ont remporté la Coupe Stanley en 2012 après avoir terminé huitièmes dans l'Ouest, avaient terminé leur saison sur une bonne note (9-2-3).
Sept clubs ont entrepris les séries avec 3 victoires ou moins à leurs 10 derniers matchs.
• 3 ont accédé au deuxième tour
• 1 a atteint la finale d'Association (Canadien, 2010)
• 1 atteint la finale de la Coupe (Boston, 2013)
En 2009-2010, le Canadien avait tiré la langue en fin de saison (3-4-3) mais, propulsé par Jaroslav Halak et une défense étanche, il avait fini par battre les Capitals de Washington en sept matchs avant d'atteindre la finale d'Association. «Oui notre gardien était hot, mais on avait gagné des matchs parce qu'on avait une structure irréprochable», se souvient Tomas Plekanec. «On ne laissait aucun trou en zone neutre. »
Le point sur lequel insiste le centre tchèque, c'est que peu importe les victoires ou les défaites en fin de saison régulière, c'est la confiance dans le style de jeu de l'équipe qui doit ressortir. «Ce n'est pas une lumière qu'on allume et qu'on éteint. Une équipe qui traverse une séquence difficile juste avant les séries ne se met tout à coup à bien jouer. On veut être du côté positif, c'est évident. Il y a les victoires, bien sûr, mais il s'agit aussi d'avoir une structure et un système de jeu bien rodé.»
Moment-clé
Tout juste avant d'affronter Detroit et la Caroline - deux équipes vraisemblablement sorties de la course face auxquelles le Tricolore a perdu -, Claude Julien avait mentionné que son équipe était arrivée à un moment-clé de sa préparation. «Si tu es pour participer aux séries, tu ne peux arriver là en jouant de façon bâclée parce que tu as été négligent contre des équipes qui ne participent pas aux séries et que tu pensais pouvoir faire ce que tu voulais. Le plus important, c'est de rester concentré et de s'appliquer plus que jamais à ce que ton jeu soit à son sommet, sans vraiment se soucier de ton adversaire.»
À la lumière des deux plus récents revers, et avec huit matchs encore au calendrier, c'est cet état d'esprit que le Tricolore doit retrouver. Le moment pour atteindre son plus haut niveau, c'est maintenant.
«Tu veux avoir cette confiance, cette insolence [swagger] au moment où les séries commencent, et c'est en fin de saison que tu vas la chercher», rappelle Andrew Shaw. Mais pour cela, a rappelé Weber vendredi, le Canadien doit mettre plus de constance dans son effort.