Rene Bourque, un vétéran de 35 ans, est le deuxième meilleur buteur de l'Avalanche du Colorado avec huit filets.

René Bourque s'accroche encore

Ça ne va pas très bien pour l'Avalanche du Colorado, mais ça va très bien pour Rene Bourque.
L'attaquant, que plusieurs voyaient sur la voie d'évitement, est pourtant encore là, sur les patinoires de la Ligue nationale. Au moment où l'Avalanche se prépare à rendre visite au Canadien, samedi, le vétéran a huit buts et trois passes à sa fiche, au deuxième rang des buteurs de l'équipe.
Il s'agit certes de l'un des rares points positifs chez l'Avalanche, qui traîne dans les bas-fonds du classement en ce début de saison. On pourrait même parler d'une surprise, puisque Bourque, qui célèbre samedi son 35e anniversaire de naissance, s'est présenté au camp du club à l'automne à titre de joueur invité seulement. En octobre, la direction de l'équipe a fini par lui offrir un contrat d'un an, d'une valeur de 650 000 $.
«C'est un peu dur pour l'ego quand on doit se contenter d'un essai comme ça», a-t-il admis après l'entraînement de l'Avalanche, vendredi à Brossard. «C'est la première fois que je vis ça, et j'ai même songé à aller jouer en Europe, en Suisse. Mais je ne voulais pas abandonner. Je savais qu'il y avait encore de l'essence dans le réservoir. Je pensais avoir une chance ici, l'Avalanche est un jeune club qui était à la recherche de vétérans. C'était le bon choix pour moi.»
Avec ses 8 buts en 23 matchs, Bourque produit à un rythme qui évoque ses belles années. Par exemple en 2010 et en 2011, quand il avait réussi deux saisons consécutives de 27 buts chez les Flames de Calgary. Depuis, ce Bourque-là a surtout été porté disparu, et les fans du Canadien se souviendront sans doute de son passage difficile dans le maillot tricolore, notamment cette saison de 9 buts en 63 matchs en 2013-2014.
«Je savais que ça allait être difficile d'obtenir un contrat cette saison. J'ai dû me contenter d'obtenir un essai avec l'équipe, mais je savais que je n'étais pas fini. Et je ne voulais pas que ce soit fini. J'ai tout donné, et j'ai obtenu une autre chance. Je comprends qu'à mon âge, il faut y aller une année à la fois.
«En ce qui concerne Montréal, eh bien, je ne vais jamais dire du mal de Montréal. J'ai adoré ça ici. J'avais une bonne relation avec le directeur général, avec l'entraîneur. Je ne suis pas le genre de gars à causer des ennuis dans un vestiaire. J'ai aimé ça ici, mais je ne jouais pas bien, et c'était le temps de passer à autre chose. Pour les deux parties, c'était la meilleure chose à faire.»
Le Canadien l'a finalement échangé aux Ducks d'Anaheim en novembre 2014, en retour d'un défenseur, Bryan Allen, qui n'aura fait que passer. Bourque a aussi tenté sa chance avec les Blue Jackets de Columbus avant d'atterrir chez l'Avalanche cet été.
«Je joue 14, 15 minutes par match et je joue avec assurance. Cette équipe a un bon futur devant elle, et je veux rester dans la formation. J'ai eu des années médiocres, et je dois établir un lien de confiance ici avec les entraîneurs.»
Hockey de rattrapage
L'Avalanche et Bourque débarquent au Centre Bell avec seulement trois victoires au cours des 10 derniers matchs. Avec 21 points au compteur, la formation de Denver a la deuxième pire fiche de toute la LNH.
«On a souvent eu à jouer du hockey de rattrapage cette saison», explique Bourque. «Je crois qu'on a marqué le premier but d'un match seulement six fois. C'est dur d'avoir à revenir de l'arrière tout le temps comme ça.»
McCarron et Barberio rappelés
Le Canadien a annoncé vendredi soir le rappel de l'attaquant Michael McCarron et du défenseur Mark Barberio de son club-école de la Ligue américaine de hockey. Les deux joueurs avaient auparavant participé à la victoire de 6-5 des IceCaps contre Springfield, à St. John's (Terre-Neuve). McCarron avait créé l'égalité à mi-chemin de la troisième période, tandis que Barberio a récolté trois aides. McCarron a récolté 13 points, dont 5 buts, en 22 rencontres avec les IceCaps cette saison. En 2015-2016, il avait disputé 20 matchs avec le Canadien, amassant deux points (1-1). Quant à Barberio, il avait été cédé aux IceCaps mercredi. Il a joué six matchs avec le Tricolore cette saison, récoltant une aide. En 20 rencontres dans l'AHL, il a amassé 20 points (3-17).
Le Canadien a perdu coup sur coup les services des attaquants Alex Galchenyuk et David Desharnais, ainsi que du défenseur Greg Pateryn au cours de la dernière semaine. Galchenyuk et Desharnais devraient rater de six à huit semaines en raison de blessures à un genou. Pateryn souffre quant à lui d'une fracture de la cheville qui le tiendra à l'écart du jeu pour au moins huit semaines.
Une question de profondeur
Le manque de profondeur du Canadien au centre derrière Alex Galchenyuk suscitait déjà des questions. La blessure de ce dernier et celle de David Desharnais n'arrangent pas les choses.
Bougera, bougera pas? La question se posait avant même qu'Alex Galchenyuk et David Desharnais tombent au combat, vu le manque apparent de profondeur du Canadien au centre derrière le numéro 27. Avec les deux centres perdus pour un minimum de six à huit semaines, elle se pose plus que jamais.
Le contexte
La ligne du centre déployée jeudi par le Canadien allait comme suit : Tomas Plekanec, Phillip Danault, Torrey Mitchell et Brian Flynn. Plekanec connaît une saison épouvantable avec 9 points en 27 matchs et n'a clairement pas les outils pour alimenter les meilleurs ailiers de l'équipe ni pour affronter les meilleurs défenseurs. Danault est le plus productif du groupe avec 11 points en 27 matchs, une fiche qu'il présente malgré une léthargie de 11 matchs sans point. Mitchell compte 9 points en 27 matchs, dont 7 buts. Son efficacité de 33,3 % sur ses tirs laisse toutefois présager un ralentissement. Enfin, Flynn n'a que deux petits points en 16 sorties. Dans un monde idéal, l'acquisition d'un centre permettrait à Danault et à Mitchell de piloter les troisième et quatrième trios et à Flynn de retourner à l'aile.
Le calendrier
Le Canadien a livré une performance hors pair jeudi, mais il l'a fait contre une unité défensive un peu louche. Samedi, c'est au tour de l'Avalanche, la pire équipe de la LNH (à égalité avec les Coyotes), de débarquer au Centre Bell. Le calendrier se corsera ensuite, mais cinq des six prochains matchs ont lieu à domicile, où l'avantage de la patinoire aide Michel Therrien à gérer les confrontations. Ça se complique à compter du 23 décembre, car le Tricolore amorcera alors un voyage de sept matchs à l'étranger.
Les antécédents
Si on se fie à l'historique de Bergevin, il ne faut pas s'attendre à voir un centre capable de jouer dans les deux premiers trios débarquer à Montréal. À une exception  près, le dg du CH a toujours été réticent à donner des joueurs qui ont de la valeur. L'exception, c'est évidemment P.K. Subban, mais Bergevin a obtenu en retour Shea Weber, un joueur qui occupe exactement la même chaise de défenseur numéro 1. Lars Eller et Dale Weise ont aussi été échangés dans les bonnes années de leur carrière, mais sont tombés à plat offensivement. Cela dit, on voit mal en quoi Bergevin serait plus avancé s'il sacrifiait un joueur établi pour s'améliorer au centre. 
Il reste les espoirs et les choix de repêchage. Là aussi, Bergevin s'est montré conservateur jusqu'ici. Il a couru un certain risque en cédant Sebastian Collberg aux Islanders pour obtenir Thomas Vanek, mais Collberg joue aujourd'hui en Suède. Du reste, les espoirs échangés jusqu'ici avaient pour noms Tim Bozon, Jarred Tinordi, Christian Thomas, Jack Nevins, Louis Leblanc et Steve Quailer, pour ne nommer qu'eux. Bref, pas de future étoile ici. Quant aux choix de repêchage, Bergevin n'a toujours pas échangé de choix de premier tour.
Les options
Malgré toutes les critiques qu'il essuie pour son manque d'audace, Bergevin peut en revanche se féliciter de ne jamais avoir fait mal à son équipe dans une transaction jusqu'ici. Il n'a pas l'habitude de sacrifier des actifs, que ce soit des joueurs établis, de bons espoirs ou de hauts choix au repêchage. S'il veut respecter ses limites habituelles, il a deux choix de deuxième tour en banque pour 2017 (le sien et celui de Washington), et trois pour 2018 (le sien et ceux de Washington et de Chicago). Reste une variable inconnue : quel effet la débandade de l'an passé a-t-elle laissé dans la haute direction? L'équipe n'a rien sacrifié l'an dernier, mais a subi une exclusion des séries. Si le navire se met à prendre l'eau, risquera-t-on de nouveau le  dans l'espoir d'un retour rapide de Galchenyuk? Les blessures au genou ont déjà joué des tours à cette équipe...  La Presse