Shea Weber et Max Pacioretty entourent Alexander Radulov, qui a inscrit le but vainqueur à 18:34 de la prolongation. Le Russe a terminé le match avec trois points à sa fiche.

Radulov redonne espoir

Lorsqu'il lui a accordé un contrat d'un an le 1er juillet, Marc Bergevin se disait sans doute que Alexander Radulov allait donner un peu de mordant à l'attaque du Canadien de Montréal. C'est exactement ce que Radulov a fait vendredi soir à un moment on ne peut plus crucial de la saison.
Radulov a couronné une soirée de trois points en déjouant Henrik Lundqvist à 18:34 de la première période de prolongation et il a permis au Tricolore d'arracher une importante victoire de 4-3 contre les Rangers de New York lors du deuxième match de la ronde quart de finale de l'Association de l'Est, au Centre Bell.
Du coup, les hommes de Claude Julien ont égalé la série à une partie de chaque côté avant de prendre la direction du Madison Square Garden, où seront présentées les troisième et quatrième rencontres, dimanche et mardi. Le cinquième rendez-vous aura lieu jeudi prochain, au Centre Bell.
Radulov a mis fin à un match palpitant en poussant derrière Lundqvist une rondelle qui était demeurée dans le demi-cercle du gardien des Rangers. Il s'agissait de son premier but en série depuis le 20 avril 2012 et de sa première performance de trois points en carrière lors de matchs éliminatoires.
Il s'agissait aussi du 58e tir du Canadien en direction de Lundqvist qui ne ressemble en rien, du moins après les deux premiers matchs de la série, au gardien qui en arrache tant au Centre Bell.
Après le match, le vétéran russe a toutefois refusé l'étiquette de héros qu'un journaliste lui a accolée.
«Les héros, ce sont tous les joueurs de l'équipe, a-t-il répondu. S'il avait fallu que les Rangers marquent pendant les punitions qui m'ont été infligées, je ne serais pas ici à vous parler.»
Tomas Plekanec, avec 17,3 secon­des à jouer à la troisième période, avait forcé la prolongation, aidé de Radulov. Jeff Petry et Paul Byron, tous deux en première période, ont marqué les autres filets du Canadien. Plekanec a ajouté une mention d'aide sur le but de Byron et a excellé dans les cercles de mises en jeu.
«J'ai envoyé "Pleky" sur la patinoire en fin de troisième période parce qu'il avait gagné sa large part de mises en jeu, et aussi parce qu'il avait connu un très bon match», a déclaré Claude Julien.
Les marqueurs des Rangers ont été Michael Grabner, en première période, Rick Nash et Mats Zuccarello, ces derniers dans un intervalle de moins de cinq minutes au deuxième vingt. Les Rangers ont dirigé 38 tirs vers Carey Price.
Le portier du Canadien a réalisé son meilleur arrêt du match contre Jimmy Vesey avec un peu plus de quatre minutes à faire à la période additionnelle.
Le trio de Plekanec s'impose
L'unité offensive formée de Plekanec, Byron et de Brendan Gallagher a contribué aux deux premiers buts du Canadien dans la série... même s'il n'était plus sur la patinoire lors du premier.
L'honneur de briser la glace contre Lundqvist est allé à Petry, qui a du même coup mis fin à une séquence de 126 minutes et neuf secondes lors desquelles le gardien suédois avait blanchi le Canadien en rencontres des séries.
Petry a été avantagé par le fait que Lundqvist avait perdu son bâton à la suite d'un contact avec Gallagher plusieurs secondes auparavant.
Byron, Gallagher et Plekanec ont uni leurs efforts pour inscrire un deuxième but avant la fin du premier vingt, et deux minutes après le filet égalisateur de Grabner, lorsque Byron a déjoué Lundqvist d'un tir précis dans la partie supérieure droite.
Weber se fâche
Après une première période marquée par du jeu robuste, les deux équipes ont maintenu le tempo au deuxième vingt, et les esprits se sont même échauffés pour la première fois en deux matchs.
Les hostilités ont commencé lorsque Steve Ott et Zuccarello se sont bousculés dans le coin gauche, derrière le filet de Price. Les huit autres joueurs se sont joints aux deux assaillants, et Weber a même jeté les gants contre J.T. Miller, pendant que Zuccarello se chamaillait avec Jordie Benn.
Le Canadien est sorti victorieux de cet échange, puisque Zuccarello a écopé une pénalité mineure additionnelle. Mais Lundqvist a finalement flanché dans les derniers moments du temps réglementaire lorsque Plekanec a fait dévier une passe de Radulov alors que Price avait cédé sa place à un attaquant supplémentaire.
«Nous avons fait de bons jeux et nous avions une chance de gagner. Mais ils ont su se créer des deuxième et troisième chances. C'est certain que ça fait mal d'avoir concédé un but si tard dans le match», a admis Lundqvist.
«C'est dur»
Les Rangers étaient à 18 secondes de rentrer à New York avec une avance de 2-0. Leur mission aurait été de battre le Canadien deux fois, avec trois des cinq matchs suivants à la maison.
Les voici plutôt dans une série égale 1-1. Sans surprise, les joueurs avaient la mine basse dans le vestiaire après la défaite de 4-3 en prolongation aux mains du Canadien.
«Tu es tellement proche de gagner un match et il y a ça qui se produit. C'est dur, a résumé l'attaquant Rick Nash. Mais c'est ça, être professionnel dans ce sport. Tu dois laisser tomber et passer à autre chose. C'est comme ça, le hockey des séries.»
«C'est dur, a ajouté le gardien Henrik Lundqvist, bombardé de 58 tirs. Le début de match a été difficile. Ils ont profité d'un bâton brisé devant le filet pour créer l'égalité [en troisième période], donc ils ont joué de chance sur ce jeu aussi. On a fait de bons jeux pour rester dans le match, on avait la chance de gagner. Mais ils ont été bons pour garder la rondelle dans notre territoire et c'est là qu'ils ont créé leurs deuxièmes et troisièmes chances. C'est difficile, mais ça arrive.» D'ailleurs, les Rangers semblaient mécontents de quelques décisions - et non-décisions - des officiels. Lundqvist a fait référence au bâton brisé sur le but égalisateur, et Alain Vigneault en a rajouté.
«[Nick] Holden venait de briser son bâton. S'il ne le brise pas, il intercepte peut-être la passe, a rappelé l'entraîneur-chef des Rangers. Ça arrive en séries. C'est la même chose sur le premier but, il y a eu une passe avec la main et en plus, Henrik a brisé son bâton.»
Régression
Si les visiteurs se sont dits généralement satisfaits de leur performance, ils ont estimé qu'ils auraient pu être plus chiches défensivement. Après tout, le Canadien a conclu le match avec 58 tirs au but. Les embouteillages en territoire new-yorkais ont été nombreux... Tout ça après avoir fait suffoquer le Canadien en troisième période du premier match.
«Notre premier match était excellent défensivement, a mentionné Nash. Ce soir, on a peut-être donné trop d'occasions dans notre zone, on avait de la difficulté à en sortir. On dirait que dès qu'on faisait une erreur, ils en profitaient.»
«On aurait pu être meilleurs en prolongation, a soutenu l'attaquant J.T. Miller. Ils étaient bons en échec avant et gardaient les rondelles le long des rampes. Quand ça arrivait, c'était facile pour eux de nous embouteiller. On a eu quelques occasions, mais ils ont eu la majorité.»  La Presse