Habitué de faire salle comble lors de sa visite présaison annuelle à Québec, le Canadien de Montréal n'a attiré que 9248 spectateurs hier.

Piètre match et petite foule pour le Canadien au Centre Vidéotron

Habitué de faire salle comble lors de sa visite présaison annuelle à Québec, le Canadien de Montréal a, pour la première fois en neuf ans, évolué devant une foule en deçà des 10 000 amateurs, lundi soir, au Centre Vidéotron, alors que seulement 9248 personnes ont passé les tourniquets de l'amphithéâtre pour assister au match préparatoire l'opposant aux Bruins de Boston.
Cette baisse d'assistance survient alors que l'organisation montréalaise a, pour la première fois depuis 2009, inscrit deux matchs dans la capitale à son calendrier présaison - le match de lundi contre les Bruins et celui du 27 septembre contre les Maple Leafs -, en raison du succès de ses précédents passages au Colisée et au Centre Vidéotron.
«C'est pour ça que cette année, on a décidé d'amener deux matchs. Mais non seulement deux matchs, mais deux matchs contre nos deux plus belles rivalités, Boston et Toronto. On a gardé une gamme de prix de billets qui est exactement la même que la saison dernière. De ce côté-là, il n'y a pas eu d'augmentation. On va voir ce que ça va donner. On pourra faire un bilan après les deux matchs», a commenté le vice-président principal communications du Canadien, Donald Beauchamp.
Les joueurs et entraîneurs des Capitales ont profité de l'occasion pour souligner leur septième championnat de la Ligue Can-Am.
Première rencontre préparatoire du Canadien cette saison, le match de lundi aurait normalement dû mettre aux prises une majorité de joueurs possédant des contrats à deux volets (LNH, AHL), de la Ligue américaine (AHL), de la Ligue Premier AA Hockey League (ECHL) ou encore des espoirs de l'organisation. La formation mont­réalaise a toutefois, contrairement à son adversaire bostonnais, pris soin d'inclure plusieurs joueurs réguliers à son alignement, dont Montoya, Gallagher, Mitchell, Alzner, Danault, Petry, Galchenyuk, Byron et Shaw, afin de rehausser le niveau du spectacle.
«On commence une série de huit matchs préparatoires en 13 jours. Et malgré ça, Claude Julien et Marc Bergevin ont vraiment voulu mettre de très bons joueurs dans l'alignement. Aujourd'hui, tu as six Québécois [Fucale, Mitchell, Danault, Audette, Gélinas, Grégoire] et plusieurs vétérans sur la glace. On est allé bien au-delà des quotas demandés pour les matchs présaison. C'était vraiment par respect», a insisté Beauchamp, précisant que la LNH exigeait la présence de huit vétérans par équipe pour ses matchs présaison.
Contre une équipe qui ressemblait davantage aux Bruins de Providence, peu de joueurs du Canadien ont véritablement réussi à s'imposer, même si Claude Julien avait dépêché un alignement un peu plus étoffé que celui de ses rivaux.
Forfaits à deux matchs
Lors de la mise en vente des billets pour le doublé de Québec ce printemps, seuls des forfaits pour les deux matchs ont d'abord été rendus disponibles, ce qui pourrait expliquer la réticence de certains acheteurs.
«À ce niveau-là, je ne pense pas que ça ait eu une influence, parce qu'assez rapidement, ils ont été séparés. Les gens ont l'occasion depuis longtemps d'acheter des matchs individuels. C'est un petit peu le principe des abonnements de saison», a laissé entendre le porte-parole du Canadien.
L'organisation s'attend à une meilleure assistance pour son deuxième match préparatoire à Québec, qui permettra aux amateurs de la capitale de voir les Maple Leafs pour la première fois depuis 1994. Qui plus est, les deux formations devraient alors afficher des alignements presque complets à quelques jours de l'ouverture de la saison régulière.
«Il ne faut pas oublier une chose. Peu importe l'assistance qu'il y a ici ce soir, ça va être mieux que presque n'importe quel match présaison en site neutre dans la LNH. C'est sûr que lorsque tu es habitué d'avoir une salle comble, ça amène des questions. Mais il faut regarder le verre à moitié plein aussi. [...] Québec, ça demeure un très bon marché de hockey», a affirmé Beauchamp, dont l'organisation avait lancé une dernière offensive de vente sur les réseaux sociaux plus tôt en journée, lundi.
«On a vu beaucoup de rouille»
Malgré une formation plus expérimentée, le Canadien n'a pas su s'imposer contre «l'équipe C» des Bruins de Boston.
Le Canadien de Montréal avait une formation plus relevée que l'adversaire, mais il a malgré tout perdu une avance de 2-0 pour s'incliner 3-2 contre les Bruins, lundi soir, dans son premier match présaison, au Centre Vidéotron.
«Il ne faut pas s'emporter avec un premier match préparatoire», a tempéré Claude Julien, pendant son point de presse. «On a vu beaucoup de rouille. Le match [intra-équipe] de dimanche  avait plus de rythme. Aujourd'hui, c'était un petit peu plus laborieux. [...] Notre jeu de transition n'était pas à point.»
L'attaquant Phillip Danault a toutefois été plus sévère envers son équipe, jugeant les Bruins plus à leur affaire. «On a compté deux buts, et on dirait que tout le monde s'est assis», a lancé le patineur de Victoriaville. «On a vu très bien que c'est des jeunes qui travaillaient fort et qui voulaient faire leur place, de l'autre bord. Et ça nous a coûté [cher].»
Période somnifère
Après une première période somnifère, le Tricolore a mis un peu de vie dans le Centre Vidéotron dès la première minute de la deuxième. Bien posté dans son bureau devant le filet, Brendan Gallagher a fait dévier une passe de Joe Morrow entre les jambières de Malcolm Subban. Quelques secondes plus tard, Jérémy Grégoire a vu un retour de lancer de Michael McCarron frappé ses jambières pour pénétrer dans le filet des Bruins. Le genre de jeu qu'il espère répéter souvent cette saison.
«C'est quelque chose», a réagi l'ancien du Drakkar de Baie-Comeau et des Saguenéens de Chicoutimi, à propos de son but. «Mike [McCarron] et Jacob [de la Rose], on se connaît bien, ça fait deux ans qu'on joue ensemble. Ça clique. Quand j'ai vue Mike mettre la rondelle au filet, je savais ce que j'avais à faire. C'est un beau feeling», a affirmé celui qui en sera à une troisième saison dans l'équipe-école du Canadien.
Les Bruins ont répliqué avec trois buts en moins de quatre minutes. Jesse Gabrielle a profité d'une bourde de Joe Morrow derrière le filet pour déjouer Al Montoya, puis Anders Bjork a créé l'égalité pendant un cinq contre trois.
On venait d'annoncer au micro l'entrée en scène de l'ancien Remparts Zachary Fucale, à mi-chemin dans le match, lorsqu'il a été déjoué par un tir dans la lucarne de Tim Schaller sur un deux contre un pendant un désavantage numérique des Bruins. «Ce sont des choses qui arrivent. Après ça, j'avais juste à aller vers l'avant. Il y a des soirées comme ça», a réagi le gardien, qui s'est bien repris en étant parfait par la suite, à son premier match au Centre Vidéotron.
Membre de la première unité offensive avec Brendan Gallagher et Phillip Danault, Alex Galchenyuk s'est fait avare de commentaires sur sa performance. «C'est le premier match présaison, a répété l'attaquant. Je ne veux pas être trop dur envers moi-même sur ce que j'ai fait personnellement ou sur ce que notre ligne a fait.»
De son côté, le défenseur Éric Gélinas a qualifié sa performance de «correcte». «C'était une game un peu bizarre, avec le nombre de punitions [16], beaucoup d'arrêts, le rythme était un peu spécial. Je pense que j'ai eu des opportunités de montrer mes atouts, [...] mais c'était difficile de sortir du lot dans un match comme ça», a souligné l'ancien de l'Avalanche, en quête d'un contrat pendant le camp d'entraînement du Tricolore.  Jean-Nicolas Patoine
Bruce Cassidy, élevé entre deux rivalités
Bruce Cassidy a grandi dans la ligne de feu. Lui, le partisan des Bruins, élevé par une mère partisane du Canadien et un père partisan des Maple Leafs! «Qu'elle repose en paix!» a lancé l'entraîneur-chef des Bruins, parlant de sa mère. «Elle est née à Montréal, alors je ne peux pas la blâmer. [...] Mais ma mère était discrète à ce propos. Mon père était un Leafs. Il n'avait pas beaucoup de raisons de se réjouir à l'époque, croyez-moi!» a blagué Cassidy, né en 1965. Le successeur de Claude Julien à la barre des Bruins a par ailleurs vanté le calme de son ancien patron, une des choses apprises de lui alors qu'il était son adjoint, la saison dernière. «Je suis nouveau dans ce rôle. Et parfois, les émotions l'emportent. Mais en tant qu'entraîneur dans la LNH, vous devez apprendre à garder ça à l'intérieur. Même comme assistant, parfois, je perdais patience avec les choses qui n'allaient pas bien. [...] Vous savez, vous avez une caméra sur vous. Ce n'est pas le même animal que d'être dans la Ligue américaine.»  Jean-Nicolas Patoine
Les vedettes manquaient à l'appel
La formation du Canadien comptait lundi quelques joueurs réguliers - Brendan Gallagher, Alex Galchenyuk, Phillip Danault -, mais la majorité des vedettes manquaient à l'appel. Si l'on se fie à Claude Julien, la situation pourrait être différente le 27 septembre, lorsque les Maple Leafs de Toronto seront en ville pour affronter le Tricolore, au Centre Vidéotron. «Ça dépend toujours des blessures, des choses qui peuvent arriver en cours de route... Mais on réalise que c'est important d'amener de bons joueurs ici, pour toutes les bonnes raisons, et on va certainement faire un effort pour amener des gars comme ça. Je sais que les gens veulent voir Drouin, Price, etc. On espère être en position de faire ça la semaine prochaine», a expliqué Julien avant la rencontre contre les Bruins. Dans une dizaine de jours, certains joueurs actuellement au camp d'entraînement auront déjà été rétrogradés. C'est déjà commencé, d'ailleurs. Le gardien Antoine Samuel a été retourné lundi au Drakkar de Baie-Comeau.  Jean-Nicolas Patoine