Il n'y avait pas beaucoup d'espace au Centre Bell mercredi. Phillip Danault, qui a rencontré Nick Holden sur son chemin, est un des trois attaquants du CH à n'avoir aucun lancer à sa fiche. Les deux autres? Brendan Gallagher et Tomas Plekanec.

Petit sentiment de déjà-vu

Oui, bien sûr, ce n'est qu'un seul match, le premier de la série, et comme Carey Price nous l'a fait remarquer en fin de soirée, c'est un quatre de sept. Ça va, c'est entendu. N'empêche, il y avait comme un petit sentiment de déjà vu en voyant tous ces chandails rouges rater des occasions en or, rater les gros rebonds juteux du gardien Lundqvist, rater et puis rater encore, comme ça, pendant toute la soirée.
Cette équipe-là ressemble vraiment beaucoup à celle d'il y a deux saisons, celle qui avait fini par perdre contre Tampa Bay au deuxième tour, à cause de son incapacité à marquer des buts. Des joueurs sont partis, d'autres sont arrivés, mais au bout du compte, le Canadien se retrouve avec le même problème : pas capable de la mettre dedans.
En saison, ça va, il est toujours possible de s'en sortir, mais en séries? D'ailleurs, plusieurs joueurs du Canadien ont remarqué le manque criant d'espace lors du match de mercredi, le premier de cette série contre les Rangers. «Il n'y a pas de place, mais c'est comme ça. C'est le hockey des séries», a résumé Steve Ott.
Qui va aller marquer les gros buts pour cette équipe dans ces conditions, alors?
Au 1er mars, date limite des échanges dans la LNH, le jeu du directeur général Marc Bergevin est devenu très clair. Il fallait à tout prix «grossir» ce club, ajouter un peu de viande autour de cette formation bien trop frêle. Sont donc débarqués coup sur coup les Ott, King et Martinsen, de «gros bonshommes» qui allaient faire en sorte que plus personne n'allait piler sur les petits orteils tricolores. On allait voir ce qu'on allait voir.
Savant mélange de chance et d'improvisation
Insistons encore un peu : oui, ce n'est qu'un match et puis, oui, Henrik Lundqvist, avec un savant mélange de chance et d'improvisation, a offert le genre de performance qu'un gardien peut difficilement offrir quatre fois de suite. Mais le manque de punch offensif de cette équipe pourrait produire des résultats similaires à ceux de 2015.
À ce chapitre, il faudra bien que les rares gros canons répondent présents assez vite. On pense ici à Radulov, qui devra lancer plus souvent qu'une fois par soirée. On pense ici à Brendan Gallagher, qui devra lancer tout court.
Dans ce contexte, le Canadien peut difficilement laisser Alex Galchenyuk sur son quatrième trio (il a d'ailleurs conclu son match sur le troisième à la toute fin). Le numéro 27 a bien des défauts, mais il s'agit du même joueur qui a marqué 30 buts il y a un an. Combien de joueurs dans cette formation ont déjà réussi une saison de 30 buts, au juste?
Ça ne devrait pas être le seul changement en vue du prochain match, demain soir. Quelqu'un quelque part peut-il nommer une seule bonne raison de garder une place dans cette formation à Nikita Nesterov? Ça allait beaucoup trop vite pour le défenseur russe. Avec Alexei Emelin qui demeure sur la touche, la meilleure option, à notre humble avis, serait de faire appel à Brandon Davidson. Ça ne saurait être pire, en tout cas.
La bonne nouvelle pour les fans, c'est que le Canadien, malgré tout ça, n'a perdu que par un seul but (en excluant le but à la fin, dans un filet désert). Ce n'est certes pas dramatique. «Ça aurait pu aller d'un bord comme de l'autre», a noté Claude Julien, avec raison.
Mais ça va prendre des ajustements, et ça va prendre une étincelle en attaque. Sinon, la fin viendra aussi vite qu'en 2015, et peut-être même plus rapidement.
Les bijoux de la famille Nash
La frustration a gagné le Canadien dans les derniers instants du match, et Andrei Markov pourrait en payer le prix. Avec 25 secondes à faire et quelques prises de collet en cours, Andrei Markov y est allé d'un coup de bâton pas très subtil dans les bijoux de famille de Rick Nash. Le défenseur a écopé de 10 minutes d'inconduite à la suite de ce geste, ce qui n'avait aucune conséquence à ce stade du match. Mais si la Ligue décidait de sévir davantage, ça pourrait en avoir de plus sérieuses.