Malgré l'avalanche de mauvaises nouvelles qui s'est abattue sur Michael McNiven dans les dernières années, le gardien voit l'avenir avec optimisme.

McNiven, malgré les embûches

Dans le monde du hockey, on dit souvent que les meilleurs gardiens sont ceux qui ont cette facilité à oublier rapidement. Ça tombe bien, car Michael McNiven a des choses à oublier. Des tas de choses.
Le jeune homme doit oublier son année de repêchage, 2015, quand il est allé perdre son temps dans l'aréna des Panthers de la Floride, à Sunrise, sans jamais entendre son nom une seule fois au micro. Il doit oublier les nombreux dépisteurs qui ont contribué à le faire dégringoler au classement des espoirs cette année-là. Aussi, il doit oublier 2016, presque complètement, parce qu'il a perdu sa mère à l'automne, et parce qu'il a appris, peu après, que son père était atteint d'une tumeur au cerveau.
Ce n'est pas tout le monde qui pourrait composer avec une telle avalanche de mauvaises nouvelles en si peu de temps, mais Michael McNiven est fait fort, de toute évidence.
«J'ai l'impression d'avoir fait pas mal de progrès depuis mon année de repêchage, a-t-il expliqué après l'entraînement des recrues du Canadien, mardi à Brossard. Ce fut un été bref et long à la fois. Le camp de l'équipe va commencer [demain], et je sais que j'ai un travail à faire.»
Oui, mais ce travail à faire, on le devine, n'est pas si facile dans l'ombre de ces tragédies. En partant, il faut savoir que le gardien de 20 ans a été élevé en Ontario par ses grands-parents, sans vraiment avoir de souvenir de sa mère. Après avoir finalement accepté, à la suite des conseils de membres de sa famille, de ramener peu à peu cette dernière dans sa vie, c'était déjà terminé; sa mère est morte en novembre, à l'âge de 43 ans.
«Après la mort de mon grand-père paternel, des membres de ma famille m'ont suggéré de tenter un rapprochement avec ma mère, et peut-être même de la rencontrer. J'ai parlé avec elle à quelques reprises au téléphone, par les médias sociaux aussi. Je n'étais pas proche d'elle, mais je m'attendais à finir par la revoir quand on s'est retrouvés à communiquer comme ça à distance. Elle habitait à Halifax, mais elle est née à Winnipeg, comme moi. Elle avait ensuite déménagé à Halifax avec son copain.
«Je ne l'avais pas vue depuis une quinzaine d'années. Je n'avais à peu près aucun souvenir d'elle, et je n'étais pas vraiment intéressé. Mais vers la fin, j'ai pu établir une petite relation avec elle. Et j'ai fini par apprendre que j'ai trois soeurs.»
Souvenirs de Floride
Si Michael McNiven est maintenant à Brossard, afin de se faire remarquer, c'est d'abord parce que personne ne l'a repêché lors de ce jour de juin 2015 en Floride. Le voyant libre comme l'air, la direction montréalaise n'a pas hésité à lui offrir un contrat de trois ans en septembre de la même année.
Pour McNiven, ce n'était pourtant pas ça, le scénario. «J'étais un des gardiens les mieux classés cette année-là en milieu de saison. Vers la fin de la saison, dans les nouveaux classements, j'étais un peu plus loin. Je suis allé au repêchage avec ma famille, et quand j'y repense maintenant, c'est la meilleure chose qui pouvait m'arriver. Je n'ai pas de regrets, ce fut super d'aller là-bas. C'est sûr que de rester là pendant des heures, dans les gradins, et de ne jamais entendre ton nom, c'est assez dur. Mais le téléphone s'est mis à sonner tout de suite après le repêchage... et à la fin, je pense que tout a fini par s'arranger pour moi.»
Il n'a pas broyé du noir après le repêchage. «J'ai passé le reste de cette semaine-là en Floride, c'était des vacances familiales avec ma famille de toute façon... Ce qui est arrivé au repêchage ne m'a pas démoralisé, n'a pas diminué l'amour que j'ai pour ce sport.»
De fait, McNiven s'est mis à jouer. Très bien. À la suite de quelques performances éclatantes avec Owen Sound, dans la Ligue junior de l'Ontario, l'increvable Don Cherry s'est mis à lui lancer des fleurs en pleine télé, notamment en le comparant à Carey Price.
Michael McNiven, sacré gardien de l'année dans la Ligue canadienne de hockey la saison dernière, ne sera évidemment pas un membre du Canadien de Montréal quand la prochaine saison va s'amorcer, en octobre. Mais il se sent près du but. Assez, en tout cas, pour s'imaginer avec une place dans le club-école, à Laval. «J'aimerais me voir dans l'uniforme du Rocket. Ça va être un mois assez long, un camp difficile, et je suis sûr que tous les jeunes gardiens ici vont avoir une chance. Il y aura beaucoup de compétition...»