Les amateurs de hockey de la capitale ne pourront pas voir les joueurs du Canadien, comme le gardien Carey Price, en action l’automne prochain au Centre Vidéotron. Une première en 11 ans, excluant le lock-out de 2012.

Match présaison: le CH ne boude pas le Centre Vidéotron

Le Canadien ne jouera pas de match présaison à Québec en septembre pour la première fois en 11 ans, excluant le lock-out de 2012. Représailles dans la bataille du câble entre Bell, actionnaire du CH, et Québecor, gestionnaire du Centre Vidéotron? Pas du tout!

«Ça n’a rien à voir avec le litige», assure le directeur principal aux communications chez le Canadien de Montréal, Dominick Saillant. C’est la participation au match Kraft Hockeyville à Renous, au Nouveau-Brunswick, le 19 septembre, qui chamboule le calendrier habituel. Ils y affronteront les Panthers de la Floride.

Les deux géants des télécommunications se livrent une lutte féroce depuis le 10 avril. Québecor avait alors coupé le signal de TVA Sports, et des séries de la LNH en français, aux abonnés de Bell pour se plaindre des redevances jugées insuffisantes versées par son compétiteur. Malgré tout, l’absence de match de la Flanelle dans la capitale en 2019 ne s’avère pourtant qu’une fâcheuse coïncidence.

«On sait depuis le 16 mars que deux des quatre villes finalistes sont dans l’Est, avec Renous et Saint-Polycarpe, au Québec. Ça fait donc un mois qu’il y a des discussions de planification entre l’équipe et la ligue. C’est la première fois depuis 2008 que le Canadien participe au match Hockeyville», explique Saillant.

Calendrier très chargé

À cette invitation de la LNH s’ajoute un calendrier présaison très chargé, l’automne prochain. Le Tricolore disputera sept rencontres préparatoires en 13 jours. Quatre se joueront au Centre Bell, obligation envers les abonnés de saison, deux auront lieu à Ottawa et à Toronto, dans des aller-retour, et l’autre se tiendra au cœur du Nouveau-Brunswick.

Chez Québecor, on n’envisage pas non plus d’accueillir un match présaison d’une autre formation de la LNH au Centre Vidéotron, cet automne. «Je serais très surpris. Je ne veux pas créer de faux espoirs chez les amateurs pour une autre équipe de la LNH», indique de son côté le directeur communication et marketing chez Québecor sports et divertissement, David Messier.

«On a un calendrier assez rempli. Ç’aurait déjà été difficile de trouver une date [pour le Canadien]. On a plusieurs dates confirmées ou en attente pour des événements potentiels à cette période-là. L’an passé, le match était le 20 septembre et cette année, c’est un des trois spectacles de Céline Dion. Il y a aussi la saison des Remparts qui est commencée», fait valoir Messier.

Rappelons qu’un match du Canadien au Centre Vidéotron n’est pas organisé par Québecor, mais plutôt par Evenko, branche spectacle du Groupe CH qui loue l’amphithéâtre à Québecor.

Les foules en baisse au fil des ans pourraient aussi constituer un facteur pour l’organisation montréalaise de délaisser Québec. Encore une fois, il n’en est rien, assure Saillant. «On a toujours eu de bonnes foules. Je n’ai pas les chiffres exacts, mais une bonne moyenne entre 12 000 et 15 000. On a toujours reçu un accueil extraordinaire à Québec.»

L’an prochain?

Qu’en est-il pour l’an prochain? «Je n’ai pas de réponse pour 2020, notre calendrier n’est pas fait autant d’avance. Mais je vous assure qu’on aime aller à Québec», conclut le porte-parole du CH, lui-même un produit de la capitale.

Le Canadien s’est arrêté à Québec à 11 reprises en présaison et chaque année depuis 2009, sauf lors du lock-out qui prévalait dans la LNH en 2012.

Le Tricolore avait même livré deux matchs préparatoires au Centre Vidéotron la même année, les 18 et 27 septembre 2017, contre Boston et Toronto, parties qui avaient attiré 9248 et 14 452 spectateurs. L’an dernier, face aux champions de la Coupe Stanley, le match Montréal-Washington avait réuni 11 296 amateurs au Centre Vidéotron.

Le Canadien participera au match du concours Hockeyville pour la troisième fois de son histoire, après ses visites remarquées à Truro (N.-É., 2006) et à Roberval (2008).