Jonathan Marchessault a rencontré Max Pacioretty sur son chemin en deuxième période. Le natif de Cap-Rouge était à la recherche de son 30e but de la saison, jeudi, lors du match entre les Panthers et le CH.

Marchessault, de bouche-trou à marqueur

Tout semblait bien aller pour les Panthers de la Floride. Mais au retour d'un fructueux voyage en Californie, tout a déraillé. Les Panthers présentent une fiche de 5-13-1 depuis le 22 février et les espoirs de séries se sont évaporés.
Au milieu de cette campagne décevante, le rendement de Jonathan Marchessault est au moins venu illuminer un peu le portrait. Lorsque Jonathan Huberdeau est tombé au combat à la fin du camp, l'entraîneur-chef de l'époque Gerard Gallant s'est tourné vers l'ancien du Lightning de Tampa Bay pour jouer aux côtés d'Aleksander Barkov. Et ça s'est avéré payant. Très payant.
Jeudi contre le Canadien, le natif de Cap-Rouge était à la recherche de son 30e but de la saison, lui qui n'avait récolté que 8 buts et 19 points en 49 matchs dans la LNH. Personne n'aurait pu imaginer pareille production de sa part cette saison. Marchessault, qui est le troisième marqueur des Panthers avec 49 points, admet qu'il lui est arrivé plusieurs fois de se demander s'il sortirait un jour de l'engrenage qui semblait le condamner à la Ligue américaine.
«À ma deuxième année à Springfield, à tous les deux ou trois matchs je revenais chez moi avec le moral à terre» a confié l'attaquant de 5'9" (174 lb). «Ça a été difficile de remonter la pente, parce que quand ça fait quatre ou cinq ans que tu fais toujours la même chose dans la Ligue américaine, tu te demandes si tu vas finir par avoir ta chance.
«Cette année le bateau a tourné de bord, j'ai été capable d'avoir ma chance et j'ai pu jouer avec de très bons joueurs. C'est arrivé plusieurs fois où je n'ai eu qu'à mettre la rondelle dans le filet», souligne humblement Marchesseault, qui évoluait jeudi avec Colton Sceviour et Nick Bjugstad.
Statistiques avancées
Les Panthers avaient vu Marchessault à l'oeuvre avec le Lightning et le dg Tom Rowe - il a pris le relais de l'entraîneur-chef Gallant en cours de saison - l'avait vu à l'oeuvre à l'époque où il travaillait dans la Ligue américaine. Il est apparu sur leur écran-radar en raison de la qualité de ses statistiques avancées. Ils ont flairé l'aubaine parce qu'il voyait en lui un potentiel que le Lightning n'avait jamais exploité.
«Le Lightning avait tellement une bonne équipe quand j'étais là que c'était difficile d'entrer dans l'alignement», a convenu Marchessault. «C'est juste quand il y avait des blessés que je pouvais le faire. On ne souhaite jamais de mal à personne, mais ce n'était pas la situation la plus le fun. Ils ne me mettaient pas dans une situation où qu'ils voulaient que je sois. J'étais un peu plus comme un bouche-trou. Dans ce temps-là, à chaque fois il faut que tu sortes la plus grosse game que tu peux.»
Les Panthers lui ont fait signer un contrat de deux ans à 750 000 $ en lui promettant un poste sur le troisième trio et du temps en avantage numérique. Le fait que l'équipe comptait plusieurs jeunes joueurs talentueux plaisait également à l'ancien des Remparts de Québec.
«Il a été extraordinaire pour nous, il a joué à un très haut niveau et il mérite tout ce qui lui arrive», se réjouit Rowe. Le fait qu'il atteigne le plateau des 30 buts ne nous surprend pas outre mesure. «Nous l'avions identifié comme un marqueur de 20 buts assurés s'il obtenait la chance qu'on entendait lui donner. On ne s'attend pas à ce que soit l'affaire d'une saison.»
Une saison de 30 buts pour un joueur qui dispute à 26 ans sa première année complète dans la LNH, ce n'est pas banal. C'est sûr qu'avec une telle éclosion, il place la barre haut, mais ça n'inquiète pas du tout Marchessault. Il a appris avec les années à ne jamais rien prendre pour acquis.
«Je suis un gars confiant en mes moyens et je n'aurai pas de relâchement dans mon entraînement estival et au camp l'automne prochain», assure-t-il. «Des marqueurs de 30 buts à chaque année, il n'y en a pas beaucoup. Je ne dis pas que je n'y arriverai pas, je vais travailler fort pour y arriver.»
Le Lightning content pour lui
Jonathan Marchessault a fait ouvrir bien des yeux cette saison avec le Panthers. Quelqu'un de l'organisation du Lightning est-il venu le voir pour reconnaître qu'elle aurait peut-être dû lui offrir une meilleure chance?
«C'est facile à dire maintenant, mais à l'époque ils avaient leur noyau et leur équipe», répond le Québécois de 26 ans. «Moi je voulais juste faire partie d'une histoire et les Panthers m'ont dit que je ferais partie de la leur. C'est ce que je voulais comme opportunité. Mais à chaque fois qu'on joue contre Tampa, c'est super spécial. Julien [BriseBois] m'a félicité et Jon Cooper est venu me voir après un match pour me dire à quel point il était content aussi...» ajoute-t-il au sujet de l'adjoint au dg et de l'entraîneur-chef du Lightning.