Rick Nash a marqué le but qui a fait la différence, mardi soir, à New York, alors que les Rangers ont créé l'égalité 2-2 dans la série les opposant au Canadien de Montréal en signant un précieux gain de 2-1 sur les hommes de Claude Julien.

Les Rangers reprennent vie

Les Rangers de New York ont créé l'égalité dans leur série quart de finale de l'Association de l'Est grâce à une victoire de 2-1 contre le Canadien de Montréal, mardi soir, au Madison Square Garden.
Un but de Rick Nash, son deuxième des séries, pendant la cinquième minute de jeu de la période médiane, a fait la différence en faveur de la troupe d'Alain Vigneault.
Jesper Fast, à 11:39 du premier vingt, et Torrey Mitchell pour le Canadien, environ sept minutes plus tard, avaient auparavant marqué chacun leur premier but des séries.
Plusieurs fois critiqués pour leur inefficacité devant leurs partisans, surtout à la suite d'une performance peu inspirée dimanche, les Rangers ont été incisifs, particulièrement à compter de la deuxième période, et ont donné du fil à retordre à la brigade défensive montréalaise.
Carey Price a fait face à 32 tirs alors que le Canadien, particulièrement mauvais en deuxième période, a été limité à 24 lancers sur Henrik Lundqvist, dont 12 pendant les 20 premières minutes.
Bon départ des locaux
Les Rangers ont menacé dès les premiers instants, obtenant quatre tirs pendant les trois premières minutes de jeu. Price a bien réagi sur ceux d'Oscar Lindberg et de Marc Staal, mais il a été pris de court en milieu de période par Fast.
Laissé seul devant Price, l'attaquant des Rangers a profité du fait que la rondelle a rebondi sur le patin d'Andrei Markov, derrière le filet, avant de revenir devant le gardien du Canadien. Il n'a eu qu'à glisser le disque entre ses jambières.
Le Tricolore ne s'est pas laissé décourager par ce but et s'est ensuite donné plusieurs belles occasions d'égaler le score. Les hommes de Julien y sont parvenus à 18:37, quand Mitchell a logé le disque dans un filet désert après avoir reçu une belle passe de Shea Weber lors d'une poussée à deux contre un.
«Nous savions qu'ils allaient sortir fort et nous avons été capables de survivre dans les 10 premières minutes, a affirmé l'entraîneur-chef du Canadien. Il faut toutefois mieux jouer en séries. Ils étaient meilleurs que lors du dernier match et pour notre part, nous n'étions pas assez bons. Il faut mieux gérer la rondelle. Il y a eu trop de dégagements refusés et de mises au jeu dans notre territoire.»
En deuxième, les Rangers ont envahi le territoire du Tricolore pendant de longues minutes. À un certain moment, la troupe de Vigneault détenait un avantage de 10-2 au chapitre des tirs au but pendant la période médiane, mais n'a marqué qu'une seule fois, grâce à Nash. 
L'attaquant des Rangers a reçu une passe de McDonagh et s'est présenté devant le filet de Price pour le déjouer en glissant la rondelle entre ses jambières, après une bourde de l'arrière Jordie Benn. «La deuxième période nous a fait mal, a insisté Julien. En première, nous avons bien réagi et nous avons obtenu deux échappées. Nous n'avons pas connu une bonne deuxième et en troisième, nous avons tout tenté, mais c'était trop peu trop tard.»
Les visiteurs sont venus près d'égaler le pointage tôt en troisième période quand Alex Galchenyuk a décoché un tir sur réception d'une quinzaine de pieds que Lundqvist a bloqué non sans difficulté. Le gardien suédois a même regardé derrière lui pour s'assurer que la rondelle ne glissait pas dans le but. Et avec 80 secondes à écouler à la troisième période, Weber a décoché un violent tir qui a effleuré la mitaine de Lundqvist avant de frapper le poteau à sa gauche.
La série se transporte à Montréal pour la présentation du cinquième match, jeudi soir. Le sixième duel sera présenté samedi à New York.
Les cinq moments du match
Le premier aux Rangers
Lors des trois premières rencontres de la série, l'équipe ayant marqué le premier but a éventuellement gagné le match. Les Rangers ont réussi le coup au milieu du premier vingt. Après une mise en jeu gagnée par Oscar Lindberg en zone neutre, Brady Skjei a dégagé la rondelle avec vigueur derrière le but de Carey Price. Andrei Markov a tenté de récupérer la rondelle, mais celle-ci a bondi sur la lame de son patin pour revenir rapidement devant le filet de Price, où se trouvait Jesper Fast. Ce dernier a réussi à prendre possession du disque et à le pousser derrière Price pour son premier but des séries.
Mitchell se reprend
Torrey Mitchell a porté le score à 1-1 avec un peu plus d'une minute à écouler à la première période.
Frustré lors d'une échappée quelques instants auparavant, Torrey Mitchell n'a pas manqué sa deuxième chance et il a porté le score à 1-1 avec un peu plus d'une minute à écouler à la première période. Le Canadien a profité d'un changement un peu lent de la part des Rangers pour se présenter à deux contre un en zone rivale. Le défenseur Shea Weber a repéré Mitchell et lui a servi une belle passe. Mitchell n'a eu aucune difficulté à marquer son premier but des présentes séries.
Nash brise l'impasse
Même si le Tricolore avait égalé le score tard au premier vingt et qu'il bénéficiait d'un avantage numérique pour amorcer le deuxième vingt, ce sont les Rangers qui ont été les meilleurs lors de la période médiane. La pression soutenue en zone du Canadien leur a permis de prendre une avance de 2-1. Rick Nash, qui avait réussi à se faufiler derrière la défensive du Canadien, a reçu une passe de Ryan McDonagh et a battu Price d'un tir du revers entre les jambières.
De nombreuses escarmouches
Les deux équipes ont échangé de nombreuses mises en échec et coups limites.
Comme ce fut le cas lors des trois matchs précédents, les deux équipes ont échangé de nombreuses mises en échec et coups limites. Après avoir appelé quatre pénalités - deux de chaque côté en première période -, les arbitres ont imposé une seule autre sanction - à l'attaquant des Rangers Derek Stepan - pendant les 40 dernières minutes de jeu. Et ils ont rangé leur sifflet au troisième vingt, alors que le Tricolore tentait d'effacer un déficit d'un but. Le club new-yorkais en a profité pour s'imposer physiquement, et il a remporté la bataille des mises en échec 43-25 contre les hommes de l'entraîneur-chef Claude Julien.
Les locaux ferment la porte
Henrik Lundqvist a terminé la soirée avec 23 arrêts.
Les Rangers, qui ont éprouvé de la difficulté à signer des victoires dernièrement au Madison Square Garden, ont offert une performance beaucoup plus convaincante sur leur patinoire. Henrik Lundqvist s'est dressé devant le filet des locaux, particulièrement en troisième période, et il a terminé la soirée avec 23 arrêts. Son vis-à-vis, Carey Price, s'est également signalé en repoussant un total de 30 tirs.
Nash a pris les choses en main
Voilà maintenant deux saisons de suite que Rick Nash est incapable d'atteindre la marque des 30 buts. Les blessures lui ont fait rater 37 matchs au cours des deux dernières saisons.
Quand on pense aux attaquants d'élite des Rangers, les noms de Derek Stepan et de Chris Kreider sont les premiers qui viennent en tête. Mais mardi, après qu'Alain Vigneault a souligné les difficultés de ses neuf premiers attaquants, c'est Rick Nash qui s'est levé et qui a transporté l'équipe sur ses épaules. Une belle façon de rappeler qu'il ne faut pas l'oublier.
C'est d'ailleurs à Nash qu'appartient le but gagnant dans cette victoire de 2-1 sur le Canadien. Et il n'a pas volé cette distinction.
Qui était présent dans le haut de l'enclave quand Carey Price a commis un revirement en tentant une passe un peu molle le long de la rampe? 
Qui est entré en collision avec Price en coupant vers le devant du filet, permettant aux Rangers de marquer un but qui a toutefois été refusé?
Qui était dans le demi-cercle de Henrik Lundqvist pour faire la prise du marteau-pilon à un Brendan Gallagher un peu trop près du gardien? 
La réponse à toutes ces questions : Rick Nash.
«Le troisième match n'était pas notre meilleur sur le plan collectif. En séries, tes meilleurs joueurs doivent être tes meilleurs joueurs, et ce n'était pas le cas. Ce soir, tout le monde a été bon, que ce soit Hank [Lundqvist] ou tout autre joueur», a humblement répondu le numéro 61 des Rangers.
«C'est un joueur d'impact, un joueur d'élite, et c'est plaisant de le voir jouer de cette façon. Il s'est levé, et le reste de l'équipe aussi», a ajouté son coéquipier Mika Zibanejad.
Des fleurs pour McDonagh
Alain Vigneault, lui, a certainement aimé le travail de Nash, mais il insistait surtout pour souligner l'apport de son capitaine, Ryan McDonagh, qui a livré une performance digne de son titre. Ses statistiques parlent d'elles-mêmes : une passe sur le but gagnant, quatre mises en échec, deux tirs bloqués, deux revirements provoqués et aucun revirement commis. «Sans aucun doute, il a été un de nos joueurs les plus efficaces. Il devait jouer de cette façon», a expliqué Vigneault.
Les joueurs ont beau dire qu'ils n'y portaient pas attention, ils ne seront sans doute pas fâchés de ne plus se faire casser les oreilles avec leur séquence de défaites - elle s'est arrêtée à six - au Madison Square Garden en séries. Mardi, l'édifice au plafond mythique est redevenu l'amphithéâtre intimidant pour les adversaires.
«Honnêtement, on ne pouvait pas jouer un pire match que celui de dimanche!» a ironisé le défenseur Marc Staal. «Avec la séquence de défaites qui faisait jaser, on devait trouver une façon de gagner. Il fallait simplement jouer comme on en est capables.»
Vigneault n'avait quant à lui que du positif à retenir de cette performance. «On savait que l'on devait rebondir, et on l'a fait. On voulait mieux gérer la rondelle, et on l'a fait. On a joué un meilleur match. Cette série est maintenant un deux de trois, et c'est ce qu'on voulait.»  La Presse