Kevin Hayes n'a pas lésiné sur les moyens pour stopper Artturi Lehkonen en deuxième période du match de mercredi. Lors de la rencontre entre les Rangers et le Canadien, pas moins de 98 mises en échec ont été distribuées.

Lehkonen n'a jamais reculé

Lorsqu'il était plus jeune, Artturi Lehkonen se faisait souvent rappeler par son père la maxime finlandaise selon laquelle «celui qui se presse au début se fatigue à la fin».
Appliqué au hockey, on pourrait déboulonner ce mythe en invoquant l'importance de connaître un bon début de match ou de marquer le premier but. Mais il y a quand même une sagesse derrière l'idée de jouer assez intelligemment pour qu'à la 60e minute, alors que l'équipe lance ses dernières salves, il reste encore de l'énergie aux troupes.
Lehkonen, lui, ne manque pas d'énergie! Dans le premier match de la série face aux Rangers de New York, il n'a jamais reculé, et s'est montré plus engagé que de nombreux coéquipiers. Même si ça impliquait d'être envoyé les quatre fers en l'air par le défenseur Brady Skjei dans une rencontre où ont été distribuées pas moins de 98 mises en échec.
«Ça fait partie du jeu et j'aime beaucoup ça, lance le Finlandais de 21 ans. Je me suis fait brasser à quelques occasions et c'est seulement plus le fun de voir l'adversaire essayer de t'arrêter. Quand on est vraiment impliqué dans un match, on finit par ressentir que ce qui se passe là est la norme, que c'est toujours comme ça. Et c'est un très bon feeling.»
Danault cherchait son air
S'il manquait un joueur de finesse à la gauche d'Andrew Shaw et lui pour suivre leur cadence et compléter leurs jeux, il n'en demeure pas moins que Lehkonen a fort bien fait dans son premier match éliminatoire en carrière dans la LNH.
Ça n'a pas nécessairement été le cas de tous ceux qui vivaient pareil baptême. Sur chacun des trios déployés par Claude Julien, mercredi, il y avait un attaquant qui n'avait jamais disputé de match éliminatoire auparavant. Ça peut avoir été un facteur dans la rencontre, étant donné l'importance du match et les responsabilités qui incombent entre autres aux Phillip Danault, Paul Byron et Lehkonen.
«Ce sont les jours précédents qui me sont tombés dans les jambes, a admis Danault. J'étais excité de jouer en séries, et en arrivant à ce premier match, je cherchais mon air un peu. Mais là, c'est passé et on a hâte à [ce soir].» Selon le Québécois, l'intensité du moment l'incitait parfois à se débarrasser du disque, croyant à tort qu'il n'avait pas de temps pour manoeuvrer.
«Si on est plus calme avec la rondelle et qu'on la garde plus longtemps, on va avoir le temps de faire des jeux, dit-il. La panique, ce n'est vraiment pas une bonne chose.
«Un premier match des séries à Montréal, c'était très excitant, a-t-il ajouté. Mais là, c'est le temps de travailler et demain ça va aller mieux, je ne suis pas inquiet. On va trouver une façon de scorer.»
Au centre du premier trio - devant un Tomas Plekanec en chute libre, un Andrew Shaw qui a été muté au centre sur le tard et un Alex Galchenyuk qui est pour l'instant sur l'aile gauche du quatrième trio -, Danault a un mandat qui n'est pas évident. Mais Claude Julien ne croit pas qu'il s'agisse pour lui de trop grosses bouchées à prendre dans les circonstances.
«Il a appris beaucoup de ce premier match et on va le voir beaucoup plus à l'aise. Je ne crois pas qu'on lui en donne trop. Si c'était le cas, on ne le mettrait pas dans cette position-là. Phillip est capable et il veut ce défi-là.»
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La foule pas si intimidante
Aucun doute, le Centre Bell peut être assourdissant en séries. Mais est-ce un avantage pour l'équipe locale? En matchs éliminatoires, depuis que le Centre Bell a ouvert ses portes en 1996, le Canadien y présente une fiche de 26 victoires... et 36 défaites! Évidemment, il est difficile de comparer ces statistiques avec celles d'une saison. Ce sont les séries, donc les clubs médiocres sont forcément exclus. Trois fois, le Canadien a même dû en découdre avec les futurs champions de la Coupe Stanley: le Lightning de Tampa Bay en 2004, les Hurricanes de la Caroline en 2006 et les Bruins de Boston en 2011. N'empêche, la fiche du Canadien au Centre Bell permet de constater qu'une ambiance du tonnerre ne pèse pas très lourd dans la balance sur le résultat final. Et jetons maintenant un coup d'oeil sur les hommes d'Alain Vigneault. S'il y a un groupe de joueurs qui sait comment gagner sur la route, c'est bien celui-ci. Les Rangers ont en effet terminé la saison avec une brillante fiche de 27-12-2 à l'étranger, la meilleure de la LNH.
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Martinsen a beaucoup de respect pour Zuccarello
Le premier match de la série Canadien-Rangers a opposé pour la première fois deux joueurs originaires de la Norvège. Mats Zuccarello et Andreas Martinsen ont eu l'occasion d'aller souper ensemble plus tôt cette saison, mais ils ne se sont pas parlé depuis la plus récente visite du CH à New York. «C'est un vrai compétiteur et je le suis aussi», a lancé Martinsen qui voue un grand respect à Zuccarello. «En ce moment, c'est l'un des plus grands noms dans le monde du sport en Norvège, aux côtés des skieurs Aksel Lund Svindal et Kjetil Jansrud, explique l'attaquant du CH. Il a été déterminant pour le hockey norvégien: il a ouvert les portes à d'autres et prouvé au monde que les Norvégiens étaient capables de jouer eux aussi.» Martinsen se souvient de ses deux premières années dans la Ligue de Norvège, où il affrontait Zuccarello. «J'avais 16, 17 ans et lui en avait 19, 20, et il était de loin le meilleur joueur de la ligue. Mais tout le monde à l'époque disait qu'il était trop petit pour connaître du succès en Suède. Il est allé en Suède et il a été le meilleur, là aussi. Les gens ont dit la même chose quand il est arrivé ici, mais il a confondu tous les sceptiques. Pour ma part, je n'ai jamais douté de lui. Il a toujours été un super talent et c'est un très bon gars qui travaille très fort. C'est l'un des meilleurs joueurs de la ligue.»
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Le statu quo pour Galchenyuk
Claude Julien se réserve le choix de changer d'idée, mais son plan initial est de conserver une formation identique à celle qu'il avait concoctée pour le premier match de la série. Cela signifie, entre autres, qu'il n'entend pas pour l'instant déplacer Alex Galchenyuk du quatrième trio. «On voit de nombreux flashs, mais la journée où on va le voir être plus régulier, c'est ce jour-là qu'il va vraiment décoller», a commenté Julien. Ce dernier assure que toutes ses conversations avec l'attaquant de 23 ans sont positives et que le principal intéressé se montre extrêmement réceptif et qu'il prend les choses à coeur. «On doit être patient avec les jeunes joueurs et travailler avec eux, a insisté Julien. Certains se trouvent plus tard que d'autres, mais j'ai vu des situations où l'on a perdu confiance ou perdu patience envers des joueurs qui plus tard sont revenus nous hanter.»