Le jeune attaquant finlandais Artturi Lehkonen s'est offert un 11e but samedi soir contre les Sabres de Buffalo.

Le «rêve» d'Artturi Lehkonen

Au moment où il a pris son sac d'équipement avant de sortir du vestiaire du club de Frolunda, l'été dernier, Artturi Lehkonen n'était pas certain de la suite des choses. Ses entraîneurs, eux, étaient pas mal plus certains. «Ils m'ont dit qu'ils ne s'attendaient pas à me revoir», raconte Lehkonen avec un large sourire.
Il faut croire que les dirigeants du club de Frolunda connaissent assez bien leur hockey.
Non, Artturi Lehkonen n'est pas près de remettre le chandail de Frolunda, club de la ligue d'élite de Suède où il a passé les deux dernières saisons. Samedi soir, l'attaquant finlandais de 21 ans s'est offert un 11e but cette saison, une récolte qui le place au deuxième rang des buteurs chez le Canadien, à égalité avec Shea Weber et Alex Galchenyuk.
Ce n'est pas si mal pour un type qui ne savait pas trop s'il allait rester ou repartir en Suède il y a quelques mois à peine.
«Je sens que je suis de plus en plus à l'aise par ici, a-t-il expliqué après le match de samedi soir au Centre Bell. Je n'ai jamais vraiment pensé à me créer des attentes au début de la saison. J'essaie seulement de mieux jouer, de m'améliorer, et aussi d'être constant chaque soir.»
Lehkonen avoue lui-même qu'il a toujours été un joueur axé sur l'offensive avant tout, mais il ajoute du même souffle que c'est l'avantage d'être une «vieille» recrue de 21 ans : comprendre que pour avoir du succès dans la Ligue nationale, ça prend plus que des buts.
«C'est après la saison dernière que je me suis dit que j'aurais peut-être une chance de percer dans la LNH. J'ai eu un très bon été d'entraînement, en ayant l'occasion de m'entraîner avec mon équipe en Suède. Ils m'ont fait entrer dans un moule là-bas. Ils ont fait de moi un joueur complet, pas seulement un joueur offensif.»
«La saison dernière, là-bas, on a pratiquement tout gagné ce qu'il y avait à gagner en tant qu'équipe. Tout, absolument tout, est allé de mon côté la saison dernière en Suède. C'est ce qui a fait en sorte que je me suis mis à croire en mes chances de pouvoir réussir dans la LNH.»
L'idole Saku Koivu
Quand on parle à Lehkonen de ce qu'il vit ici depuis le mois de septembre, le mot «rêve» revient souvent dans les discussions. Oui, il croyait en ses chances, mais en même temps, tout cela lui semblait un peu loin. Sans compter que des joueurs de la Finlande, le Canadien n'en a pas embauché des dizaines au fil du temps.
Mais il y en a un qui a su capter l'imaginaire du jeune Lehkonen jadis : Saku Koivu.
«Saku, c'était une idole pour moi en grandissant... Quand j'étais plus jeune en Finlande, on ne voyait pas beaucoup de matchs de la LNH à la télé en direct. C'était dur de suivre les matchs de la LNH à cette époque-là en Finlande. Mais chaque fois que Saku revenait et qu'il enfilait le maillot de l'équipe nationale, on pouvait voir à quel point il était un grand joueur. On pouvait voir le type de meneur qu'il était, pour le pays entier, vraiment.»
Artturi Lehkonen affirme qu'il n'a toujours pas eu l'occasion de parler avec l'ancien grand capitaine du CH depuis qu'il a obtenu son propre casier au Centre Bell. Mais on peut présumer que cela ne saurait tarder, surtout s'il poursuit sur cette lancée. «On va finir par se parler, Saku et moi... du moins, je l'espère!»
Du positif malgré la défaite
Il y avait deux façons d'envisager la semaine qui vient de se terminer chez le Canadien de Montréal.
Avec une deuxième séquence consécutive de quatre matchs en six jours, les hommes de Michel Therrien allaient devoir puiser dans leurs ressources pour consolider leur position au sommet de la section Atlantique de l'association Est. Par contre, ils affrontaient trois équipes nettement moins bien classées, et une quatrième - les Penguins de Pittsburgh - qui avait affiché des carences défensives lors de ses quatre sorties précédentes.
En bout de ligne, le Tricolore a conclu la dernière période de sept jours avec seulement trois points sur une possibilité de huit. Il a récolté ces points en deuxième moitié de semaine, à la suite d'une victoire de 3-1 contre les Devils du New Jersey vendredi soir, et d'un revers de 3-2, en prolongation, samedi au Centre Bell contre les Sabres de Buffalo. Cette faible progression au classement n'empêchait pas le Canadien de voir les choses d'un angle positif.
«Ce n'est jamais plaisant de perdre en prolongation, mais nous sommes certainement satisfaits d'avoir récolté trois points sur une possibilité de quatre, a déclaré le gardien Carey Price, samedi, en s'attardant sur les deux rencontres de la fin de semaine.
«Nous avons très bien réagi. Nous avons joué deux excellents matchs», a ajouté Price, qui a livré l'une de ses meilleures performances des dernières semaines, notamment en troisième période contre les Sabres.
Price faisait allusion aux commentaires de Michel Therrien après la défaite de 4-1 aux mains des Penguins, mercredi au Centre Bell, qui suivait un décevant revers de 1-0 contre les médiocres Red Wings de Detroit et leur gardien recrue Jared Coreau, deux jours plus tôt.
Lors de son point de presse après l'échec face aux Penguins, qui étaient privés du défenseur Kristopher Letang, l'entraîneur-chef avait remis en question le niveau de compétitivité de ses joueurs. Il avait réagi le lendemain en tenant une énergique séance d'entraînement.
«J'ai aimé notre match hier [vendredi], et il y a beaucoup de bonnes choses qu'on a faites ce soir [samedi], a analysé Therrien après l'affrontement contre les Sabres. Ce sont des pas dans la bonne direction. Il ne faut pas oublier qu'on a joué énormément de matchs au cours des 13 derniers jours. C'est une portion de calendrier qui était très difficile.»
Calendrier occupé
Avec 48 rencontres au compteur, le Canadien fait partie des formations ayant bénéficié de l'un des calendriers les plus occupés jusqu'à maintenant dans la LNH. Un calendrier qu'il a dû négocier dans des conditions pas commodes, particulièrement en décembre avec une liste de blessés qui s'est mise à grossir match après match.
Le Canadien a accumulé de précieux points au classement, des points qui lui procurent un coussin relativement confortable au premier rang de la section Atlantique avec deux rencontres au calendrier avant la pause du match des Étoiles.
Mais il devra garder un oeil dans le rétroviseur car les Sénateurs d'Ottawa, vainqueurs de leurs deux matchs face au Tricolore cette saison, ne sont plus qu'à neuf points du sommet avec quatre matchs en banque. Et les deux équipes se verront trois autres fois d'ici la fin du calendrier régulier.  La Presse canadienne