Depuis son arrivée dans l'uniforme du Canadien, Dwight King a connu une longue séquence à vide. Même s'il est toujours à la recherche de son premier point, il semble jouir de toute la confiance de son entraîneur.

Le repos, à défaut de stabilité pour le CH

Quand Marc Bergevin a fait le plein de joueurs de soutien à la date limite des transactions, l'incompréhension était généralisée. Qu'est-ce que le directeur général du Canadien tentait d'accomplir?
Un mois plus tard, on commence à mieux percevoir les effets du surplus d'attaquants chez le Tricolore.
Si Brian Flynn, Michael McCarron et Andreas Martinsen faisaient les frais du surplus lors des premiers jours, une réelle rotation s'est instaurée parmi les attaquants depuis le 19 mars, jour où Steve Ott a été retranché. Depuis ce temps, les vétérans Ott, Torrey Mitchell et Dwight King ont également été victimes du trop-plein d'avants.
Ce soir, à Sunrise, contre des Panthers déjà éliminés des séries, trois de ces attaquants devront assister à la rencontre du haut des gradins.
«Depuis ce temps, je sens que notre quatrième trio joue mieux, donc on veut bâtir sur ça, a expliqué Dwight King, rencontré dans un corridor de l'Amalie Arena après la victoire de 2-1 sur le Lightning, samedi. Évidemment, personne n'est content de sauter son tour, mais c'est à nous d'être de bons coéquipiers, donc nous soutenons ceux qui jouent pour le bien du groupe.»
«C'est dur pour les vétérans de sauter des tours, rappelle McCarron. Ce l'était pour moi aussi au début, mais j'ai appris à composer avec cette réalité.»
Résultats encourageants
Sur le plan collectif, l'expérience sourit jusqu'ici au Tricolore, qui montre une fiche de 5-1-1 dans les sept derniers matchs. La compétition n'était pas toujours relevée (Floride, Dallas), mais le CH a aussi battu les Sénateurs deux fois, dans des duels pour le premier rang de la division Atlantique, de même que le Lightning, une équipe qui se bat pour sa survie et qui est sur une lancée.
Les trois joueurs qui ont la chance de jouer sont appelés à former le quatrième trio. Hier, l'unité formée des mastodontes King, McCarron et Martinsen jouissait de la pleine confiance de l'entraîneur. En troisième période, le trio a eu droit à six présences, dont une avec moins de deux minutes à jouer, quand la marque était de 1-1.
Offensivement, par contre, les résultats ne sont pas au rendez-vous. Le seul membre de la rotation à avoir marqué depuis la date limite des transactions est Mitchell, le 7 mars à Vancouver. Ils génèrent toutefois quelques occasions de marquer. Samedi, King a même eu droit à une échappée, dans une scène irréelle où le très rapide Nikita Kucherov était incapable de le rattraper!
«Ç'a été une année difficile pour moi offensivement, admet King, toujours à la recherche de son premier point dans l'uniforme du Canadien. J'ai eu beaucoup d'occasions dernièrement, deux échappées dans les deux derniers matchs. Je dois simplement trouver une façon de finir les jeux.»
Ça n'a pas empêché Julien de se dire encouragé par le travail de King. «Depuis quelques matchs, on semble voir le King que l'on attendait dans cette transaction», a indiqué l'entraîneur-chef samedi.
Trios en rotation
La rotation établie par Julien signifie que le personnel employé au sein du quatrième trio n'est jamais le même d'un match à l'autre.
«C'est évident que c'est mieux de toujours jouer avec les mêmes compagnons de trio et de créer de la chimie. Mais on est sur la même longueur d'onde et tout le monde est affamé, donc ce n'est pas si difficile. Tant que l'équipe gagne, tout est correct», explique Martinsen.
«Ça s'en vient tranquillement, j'assimile tranquillement mon rôle, tout en m'habituant à tous les différents compagnons de trio que j'ai eus», a ajouté King.
Le pendant positif de cette instabilité, c'est que chacun a le temps de recharger les piles avant les séries. Et que la bonne vieille compétition à l'interne pousse chacun à se battre pour son poste.
«Ils veulent se prouver, montrer leur valeur. Quand t'as des joueurs frais et dispos, ça aide beaucoup avec un calendrier assez chargé», soutient Julien.
Dwight King retient aussi les éléments positifs. «Tout le monde traîne des bobos à ce temps-ci de l'année, et je ne suis pas sûr que ces matchs veulent dire grand-chose, si ce n'est que pour bâtir de la confiance. Donc ça nous permet d'être plus frais physiquement et mentalement.»
Avec quatre matchs en six jours, dont trois à l'étranger, pour conclure le calendrier, la rotation au sein du quatrième trio aidera certainement Claude Julien à reposer ses joueurs à la veille des séries. Ne lui reste plus qu'à souhaiter que l'expérience se traduise aussi par un minimum de résultats offensifs.