Selon Barry Trotz, entraîneur-chef des Capitals de Washington, quand une équipe revient de sa semaine de relâche, elle devrait affronter une équipe qui revient de la sienne.

Le double défi de Claude Julien

Les entraîneurs de la LNH ont été nombreux à grogner au sujet de la semaine de relâche, cette nouveauté au calendrier cette saison. Et jusqu'ici, les chiffres justifient leur colère.
Le Canadien reprend officiellement le travail vendredi après-midi, avec un entraînement à 16h, le tout premier dirigé par Claude Julien depuis son embauche, mardi. Et le nouvel entraîneur-chef devra relever un double défi : implanter sa structure rapidement et s'assurer que ses joueurs seront dégourdis à temps pour le duel de samedi après-midi contre les Jets de Winnipeg.
Remarquez, certains joueurs tentent de prévenir plutôt que guérir. Max Pacioretty, Greg Pateryn, Nikita Nesterov et Alexander Radulov ont été aperçus à plusieurs reprises sur la patinoire de Brossard cette semaine, même si l'équipe n'a pas le droit de demander à ses joueurs de chausser les patins.
Les joueurs qui font preuve de zèle ont visiblement pris des notes. Le premier match au retour de la pause est effectivement pénible pour les 12 équipes qui ont profité de leur semaine de relâche jusqu'ici (voir chiffres ci-bas).
Une solution
Le problème de cette nouveauté réside dans le fait que les deux équipes qui s'affrontent reviennent rarement toutes les deux de leur semaine de relâche. À titre d'exemple, les Jets, visiteurs samedi au Centre Bell, arriveront à Montréal de Pittsburgh, là où ils ont joué jeudi. Ce sera leur troisième match cette semaine.
L'entraîneur-chef des Capitals de Washington, Barry Trotz, a déploré cette situation, lors de son passage à Montréal il y a deux semaines. Il a aussi proposé une solution.
«Dans un monde idéal, il faudrait que nous, les Flyers, les Rangers et les Islanders aient la semaine de relâche en même temps. Comme ça, tu reviens, tu peux jouer quatre matchs en six soirs contre ces équipes, mais au moins, les voyages sont courts et tu reviens au même niveau de jeu que tes adversaires. Ça éviterait les blessures et la fatigue.»
«Quand tu reviens de la semaine de relâche, tu devrais affronter une équipe qui revient de la sienne. Ton jeu n'est pas au même niveau après quelques jours de congé. On le sait, on a raté deux matchs de suite l'an passé en raison d'une tempête de neige.»
Trotz ne devait sans doute pas être enchanté de voir son équipe interrompue sur sa lancée. Les Capitals ont en effet remporté leurs six matchs avant la pause.
Congés trop collés
À Edmonton, on a vécu le problème différemment. Les Oilers ont, comme tout le monde, eu droit à la pause du Match des étoiles et ont repris l'action le 31 janvier. Six jours plus tard, ils retombaient en congé. Entre ces dates, on leur a coincé quatre matchs. Au retour, une raclée de 5-1 les attendait.
C'est encore pire chez les Panthers de la Floride, qui n'ont disputé que deux rencontres avant de repartir en vacances le 4 février! Dans leur cas, le retour au boulot s'est traduit par une correction de 6-3.
«J'aimerais que les matchs soient mieux dispersés pendant la saison, qu'on ait plus de temps d'entraînement et qu'on obtienne du repos quand on en a réellement besoin», a souligné l'entraîneur-chef Todd McLellan, lors du passage des Oilers à Montréal. «On revient de la pause du Match des étoiles et on n'a pas été capables de relancer la machine comme elle fonctionnait avant la pause. Je ne sais pas si c'est parce que les joueurs ont déjà la tête en vacances. Mais c'est une drôle de saison. Les joueurs le disent derrière les portes closes : tu joues plusieurs matchs en peu de temps et ensuite, tu vas à la plage. Ça ne tient pas la route.»
Le CH vivait une situation particulière avant de partir en pause, avec six défaites en sept matchs. Personne ne parlera ici d'un élan qui a été coupé. Mais ça n'enlève rien au défi qui attend l'équipe à son retour au travail.
L'histoire d'un congé
La bye week, concept qui fait partie du calendrier de la Ligue nationale de football, s'est invitée dans le calendrier de la Ligue nationale de hockey cette saison. C'est une concession que l'Association des joueurs a obtenue en échange de son accord sur la formule actuelle du Match des étoiles, un tournoi à trois contre trois. La semaine de relâche dure donc cinq jours, pendant lesquels l'équipe ne peut pas demander aux joueurs de se présenter à l'aréna. Cependant, une équipe qui joue dès la sixième journée a le droit d'organiser un entraînement la cinquième journée, mais pas avant 16h. C'est le cas du Canadien.
Une pause pas si bénéfique...
• 12 équipes ont bénéficié jusqu'ici du congé de cinq jours
• Fiche de 2-7-1*
• 18 buts marqués, 36 buts accordés
• Deux équipes ont été blanchies (Ottawa et Calgary).
• Six équipes ont perdu par trois buts ou plus (Calgary, Colorado, Edmonton, Floride, New Jersey, Philadelphie).
*Les deux équipes qui manquent au calcul sont les Rangers et les Maple Leafs, qui ont repris l'action après leur relâche en s'affrontant. Quelqu'un devait bien gagner... et ce fut Toronto.