Patrik Berglund a inscrit trois buts, dont le dernier dans un filet désert, lors de la victoire de St. Louis contre Montréal, samedi, au Centre Bell. Il s'agissait d'un premier tour du chapeau carrière pour l'attaquant des Blues en 611 matchs dans la LNH.

Le château fort se fissure

Intraitable devant ses partisans lors du premier mois du calendrier régulier, le Canadien n'est plus capable d'amasser les victoires au Centre Bell.
Patrik Berglund a marqué trois buts, dont celui qui a fait la différence tard en deuxième période, et les Blues de St. Louis ont pris la mesure du Canadien 4-2, samedi. La troupe de Michel Therrien subissait un troisième revers de suite à domicile, où elle n'a pas gagné depuis le 31 janvier.
En fait, depuis le 12 novembre, date où le Tricolore avait récolté une 10e victoire en autant de départs au Centre Bell, il affiche un dossier global de 8-7-4 dans ce qui est censé être son château fort.
«Je suis déçu pour mes joueurs parce que je pense qu'on aurait définitivement mérité un meilleur sort. J'ai aimé l'effort, j'ai aimé l'intensité, mais le résultat n'a pas été de notre côté», a analysé Therrien.
Ce rendement des dernières semaines fait en sorte que le Canadien n'a plus que six points d'avance sur les Sénateurs d'Ottawa au sommet de la section Atlantique, alors qu'il a joué quatre rencontres de plus. Mais Therrien a quand même dit avoir vu des éléments positifs, même lors des récentes défaites.
«Des victoires morales, ça ne donne pas des points au classement, mais on a fait tellement de bonnes choses. Il faut bâtir là-dessus.»
Montoya les quatre fers en l'air
Sur le premier but but de Berglund dès la quatrième minute du match, Al Montoya s'est retrouvé les quatre fers en l'air, une chute qui a permis à l'attaquant des Blues de se profiter d'un filet grand ouvert. «J'ai perdu l'équilibre. C'est gênant», a expliqué le gardien, qui a réalisé 18 arrêts.
Berglund a complété son tour du chapeau, son premier en carrière en 611 matchs dans la LNH, avec 61 secondes à jouer au temps réglementaire, dans une cage déserte. Pour y arriver, il a profité de la générosité de David Perron - auteur de son 12e but de la saison au deuxième vingt -, qui lui a laissé la rondelle à l'embouchure du filet. 
La riposte du Tricolore est venue de Shea Weber (13e), qui a mis fin à une séquence de six matchs sans point au premier vingt, et de Max Pacioretty (28e), en deuxième période. Affaibli par un virus qui l'avait contraint à s'absenter de la séance d'entraînement en matinée, le capitaine du Canadien a livré un autre fort match, récoltant également une aide sur le filet de Weber.
Le trio que Pacioretty forme avec Phillip Danault et Alexander Radulov a été de loin le plus menaçant chez le Tricolore. Après avoir récolté 16 des 40 tirs de l'équipe dans la victoire de jeudi en Arizona, ils en ont ajouté 7 sur les 30 du Canadien contre les Blues.
«Les membres de notre premier trio vont très bien. Ils génèrent de l'offensive et ils sont capables de capitaliser sur leurs chances de marquer. Mais à long terme, on a besoin de beaucoup plus de contribution des autres trios», a noté Therrien.
Après la rencontre, l'organisation du Canadien a annoncé que l'attaquant Brendan Gallagher effectuera le voyage à Boston et sera disponible en vue du match contre les Bruins, dimanche soir. L'attaquant Daniel Carr a été cédé aux IceCaps de St. John's.
Perron ébranlé par le congédiement de Hitchcock
David Perron avait beaucoup d'estime pour Ken Hitchcock, congédié le 1er février.
David Perron reconnaît que Ken Hitchcock n'était pas l'entraîneur-chef le plus facile à côtoyer. Ça n'empêche toutefois pas le Sherbrookois de lui vouer beaucoup d'estime. «Je pense que j'ai été l'un des gars les plus ébranlés quand il a été congédié», a-t-il avoué, samedi.
«C'est un entraîneur qui est très difficile, tout le monde sait ça. Il y a des moments où ce n'est pas toujours beau et d'autres où c'est mieux», a ajouté Perron, qui a joué sous les ordres de Hitchcock pendant presque deux saisons complètes à compter de l'automne 2011 avant qu'il soit congédié, le 1er février.
«En tant que joueur, tu le sais quand tu ne connais pas un bon match, et parfois, il a des façons particulières de te le faire savoir. Il savait exactement sur quel bouton appuyer. C'est vrai qu'il pouvait souvent appuyer sur le même bouton et ce n'est pas toujours évident de composer avec cela. Mais ça te fait travailler sur toi-même et en bout de ligne, ça amène du positif.» Perron a notamment apprécié la manière dont Hitchcock a réagi lorsqu'il a accepté de revenir avec les Blues à titre de joueur autonome au cours de l'été. «Il m'a appelé et je lui ai parlé plusieurs fois, car il voulait être sûr que je connaisse mon rôle. Il m'avait dit que je jouerais en désavantage numérique, en avantage numérique, et c'est exactement ce qui est arrivé.»
En seulement cinq matchs, Perron a pu constater que Mike Yeo - à 43 ans, il est de 22 ans le cadet de Hitchcock - n'affiche pas le même comportement que son célèbre prédécesseur. «Pour son âge, il a beaucoup de prestance. Hitchcock était un peu plus passif derrière le banc, à part sa voix! Mike se promène plus, il parle plus aux gars, il donne des tapes sur les épaules quand ils reviennent au banc. De ce côté-là, c'est rafraîchissant, c'est sûr.»