Le Canadien aura besoin du Carey Price des grands soirs s'il veut éviter l'élimination contre les Rangers, samedi, à New York.

Le CH peut s'inspirer de 2014

Peut-être que les joueurs du Canadien pourraient se souvenir du 14 mai 2014 afin de trouver un peu d'inspiration pour le gros match de samedi soir à Manhattan.
Il y a trois ans, le Canadien était aussi confronté à un retard de 2-3 dans une série, cette fois face aux Bruins de Boston. Contre toute attente, le Canadien avait remporté le sixième match, puis le septième, sur la glace des Bruins en plus, pour se sauver avec la série.
Improbable? Plutôt, oui. Mais c'est précisément ce genre de grand retour inspiré que devront concocter les joueurs du Canadien à compter de samedi (20h) lorsqu'ils sauteront sur la glace des Rangers à New York, dans le cadre du sixième match de la série.
Si ce grand retour inspiré n'a pas lieu, les joueurs montréalais vont sauter dans l'avion plus tard et rentrer à la maison à titre d'équipe éliminée.
«Nous avons démontré beaucoup de caractère pendant toute la saison et nous avons su combler des retards auparavant», a expliqué l'attaquant Tomas Plekanec, qui était là en 2014. «En séries, nous avons déjà été confrontés à un retard de 2-3 avant ça. Je pense qu'on peut trouver une façon cette fois-ci également.»
En parcourant le sommaire de ce gros septième match à Boston le 14 mai 2014, on constate que quelques-uns des buteurs de la soirée n'y sont plus (Dale Weise, Daniel Brière), mais on remarque aussi que Max Pacioretty (un but) et Carey Price (29 arrêts) sont encore là et que si le Canadien songe sérieusement à ramener tout le monde au Centre Bell pour un septième match lundi soir, le numéro 67 et le numéro 31 devront afficher leur forme des grands soirs.
«C'est énorme d'avoir un gars comme Carey dans un tel match, on sait ce qu'on va obtenir de lui et il ne va pas flancher», a indiqué le défenseur Shea Weber. «On sait que lors d'un sixième match, d'un septième match, il va fournir le même effort et nous donner une chance de gagner chaque fois.»
Des vedettes en panne
Price n'a pas été le Price des grands moments depuis le début de la série et il n'est pas le seul des vedettes montréalaises à éprouver des ennuis. Pacioretty n'a toujours pas de but dans cette série, Alex Galchenyuk non plus. Andrew Shaw, que le Canadien a acquis des Blackhawks de Chicago en vantant sa force de frappe lors des gros matchs du printemps, n'a aucun point en cinq matchs.
Tout ça laisse croire que toute la pression sera sur le CH, samedi. Mais vendredi en tout cas, Claude Julien avait l'air d'un type qui ne s'en fait pas trop avec ça.
«Il faut mettre les choses en perspective», a dit l'entraîneur-chef. «Il y a plusieurs équipes qui aimeraient être dans notre position. On est encore là, je me sens bien, c'est une série très serrée, ça risque d'être serré jusqu'au bout et c'est à nous d'en sortir vainqueurs. [...] Y'a rien qui a changé. On est déçus de la défaite [de jeudi soir], mais y'a pas personne qui baisse les bras.
«Je sais qu'à ma première saison complète avec le Canadien, on perdait 3-1 dans notre série contre Boston [2004], et on est revenus de l'arrière pour gagner la série, avec trois victoires de suite. Ce n'est rien de nouveau pour moi. Ça arrive souvent. Ça veut pas dire que ça arrive toujours, et c'est à nous de saisir la situation et de bien la gérer.»
Le coach a aussi évoqué l'incontournable «un match à la fois». C'est peut-être un cliché, mais samedi en tout cas, c'est tout ce que les membres du Canadien auront à retenir, selon lui.
«Ce qu'il faut, c'est se concentrer sur le prochain match. Tu ne peux pas gagner deux matchs de suite le même soir. Mettre trop d'effort à penser au septième match, c'est perdre beaucoup de temps, perdre de l'énergie.»
Un arrêt marquant
Le Canadien aura fort à faire face aux Rangers samedi. Le gardien Henrik Lundqvist a encaissé une seule défaite en neuf sorties depuis 2013 quand les Rangers ont l'occasion de remporter une série. L'entraîneur-chef Alain Vigneault a d'ailleurs souligné un arrêt de Lundqvist pour expliquer ce qui a fait basculer la série en leur faveur jeudi lors du cinquième match remporté en prolongation par les Rangers.
Avec 7:13 à jouer en troisième période, le capitaine Max Pacioretty s'est échappé. Toujours à la recherche d'un premier but dans la série, il a été frustré par Lundqvist, qui a réussi l'arrêt avec sa jambière droite. «Après l'arrêt, nous avons commencé à faire plus de jeux, à avoir plus de temps avec la rondelle, puis nous avons marqué le but gagnant en prolongation», a raconté Vigneault, vendredi matin, avant le départ de l'équipe vers New York. «Ça peut être un but, un arrêt ou un jeu défensif dans un moment important qui va faire tourner le vent dans une période. Ce sont deux équipes qui se défoncent depuis le début de la série et ce ne sera pas différent samedi.»  Avec La Presse canadienne
Le Canadien piégé par les changements
Incapable de faire des changements rapides en raison de l'«éloignement» de son banc en prolongation, le Canadien a finalement concédé la victoire aux Rangers sur le but de Mika Zibanejad.
Le printemps de toutes les prolongations s'est poursuivi, jeudi soir, avec deux autres matchs ayant nécessité de la prolongation, dont celui du Centre Bell, où les Rangers de New York ont su pousser le Canadien dans ses derniers retranchements.
Avant les rencontres de vendredi, plus du tiers des matchs de premier tour avaient nécessité de la prolongation, et l'équipe visiteuse avait eu le dessus plus souvent que l'équipe à domicile (7 victoires contre 6).
La partie de jeudi soir, qui s'est soldée par le but de Mika Zibanejad et la victoire des Rangers, a révélé un petit détail qui pourrait aider à expliquer le phénomène. C'est qu'en vertu de l'alternance des côtés de patinoire d'une période à l'autre, l'équipe locale est plus loin de son banc et est donc confrontée aux «longs changements» comme en deuxième période.
Ça a joué un vilain tour au Tricolore jeudi. Incapable d'établir sa possession de rondelle, il était constamment à la traîne en raison de présences qui se prolongeaient et du long chemin à faire pour effectuer un changement.
«Quand t'es pris dans ton territoire pendant de longs moments, ces choses-là arrivent», a admis l'entraîneur-chef Claude Julien, vendredi à New York. «Tu te retrouves avec des trios qui sont sur la glace plus longtemps que prévu. Mais on a fait la même chose aux Rangers aussi. Alain [Vigneault] parle de ça, mais on leur a fait la même chose, surtout en prolongation quand on a gagné le deuxième match.
«Ça démontre l'importance du fait qu'on est à l'autre bout de la patinoire, comme en deuxième période. Ce sont des petits détails qui deviennent importants en prolongation.»
Les Rangers d'accord
Les Rangers sont bien d'accord. «On a déjà vécu la même chose par le passé: tu te défends beaucoup et quand tu arrives finalement à sortir la rondelle de ton territoire, c'est le temps de changer», a observé le défenseur Marc Staal. Puis, l'autre équipe revient avec une autre contre-attaque.
«Nous avons été capables de contrôler la rondelle durant la majeure partie de la prolongation [jeudi] et avec le long changement, ç'a été un avantage pour nous. On a su garder le pied sur l'accélérateur et trouver le moyen d'en finir.»
Plus tôt dans la rencontre, des joueurs du Canadien avaient déjà été piégés par de longs changements. Mais ça s'est avéré fatal en prolongation où un attaquant comme Alex Galchenyuk, par exemple, a eu deux présences consécutives de 1:30 et 1:24. Cinq autres joueurs ont eu deux présences consécutives de plus d'une minute pour conclure leur match, et 12 joueurs ont eu des présences de 1:10 ou plus à un moment ou l'autre de la prolongation.
«Une fois en prolongation, les deux équipes se vident», a commenté Vigneault. «On a eu un peu plus de temps de possession, ce qui nous a permis de faire des changements en zone adverse alors qu'eux n'en ont pas eu la chance. On les a pris en quelques occasions sur des présences qu'ils ont été forcés de prolonger. Quand tu es rendu à ce moment-là, parfois ça te rattrape un peu...»
Le défenseur Shea Weber a lui aussi vu la même chose. Et dans le cadre d'un gros match comme celui de samedi soir, il sait bien que les trop longues présences sur la glace devront être évitées à tout prix.
«En début de match, nous avons étiré quelques-unes de nos présences, et c'est le genre de chose qui affecte le tempo de l'équipe», a expliqué Weber. «Parce que non seulement le trio qui est sur la glace se fatigue, mais pendant ce temps, les autres gars passent trop de temps sur le banc, et ça affecte les changements de trios puisqu'il faut attendre trop longtemps. Il faut être meilleurs à ce chapitre et ne pas donner des occasions aux Rangers de contre-attaquer dans ces moments-là.»