Victor Mete n'a pas fait le poids contre Nikita Soshnikov, en deuxième période.

Le CH peu inspiré à Québec

Avant la rencontre de mercredi, au Centre Vidéotron, Claude Julien avait appelé ses joueurs à montrer plus de fierté, plus de hargne. «À partir de ce soir, il faut que ça s'améliore. Il est temps que l'intensité augmente et que la détermination soit là», avait affirmé l'entraîneur-chef du Canadien, deux heures avant l'affrontement contre les Maples Leafs de Toronto.
L'équipe montréalaise a finalement subi un sixième revers en autant de rencontres depuis le début du calendrier préparatoire. Cette fois au compte de 4-2 contre des Leafs dépourvus de tous leurs meilleurs éléments. Une performance qui ne convaincra personne.
Malgré tout, Julien ne s'est pas montré trop dur envers sa troupe, du moins devant les journalistes. On le comprend plutôt satisfait de ses joueurs réguliers, mais beaucoup moins de ceux qui luttent pour un poste dans la formation, trop brouillons à son goût.
«Nous perdons des matchs. Mais je n'ai pas vraiment vu notre noyau, plus ou moins, en être la cause», a souligné l'entraîneur-chef du Canadien. «Les joueurs sur lesquels nous comptons vraiment ont été bons. Maintenant, certains doivent profiter de l'opportunité de gagner les postes disponibles pour eux. Plusieurs d'entre eux sont meilleurs que ce qu'ils ont démontré jusqu'ici.»
Les 14 452 spectateurs n'ont pas eu l'occasion d'admirer les vedettes des Maple Leafs, l'entraîneur-chef Mike Babcock préférant déployer les joueurs en quête d'un poste avec le grand club. Auston Matthews, Mitch Marner, William Nylander, Nazem Kadri, Patrick Marleau, James Van Riemsdyk et Morgan Rielly brillaient tous par leur absence au Centre Vidéotron.
Lorsqu'un journaliste a demandé à Julien s'il était inquiet de voir son équipe perdre devant une formation de calibre de la Ligue américaine, il a brièvement répondu : «si la même chose arrive durant la saison, ça va être inquiétant.»
«Je déteste perdre»
Quant à la fiche d'aucune victoire et six défaites, Julien ne cache pas en être agacé, même si elle ne compte pas. «On est déçus de notre fiche, il n'y a aucun doute là-dessus. Je déteste perdre. Mais on essaie de garder notre vision sur le plus gros portrait : s'assurer que les joueurs qui feront partie de l'équipe seront prêts. Et quelques-uns d'entre eux s'en vont dans la bonne direction.»
Mercredi, l'entraîneur a vanté le travail du trio composé de Jonathan Drouin, Max Pacioretty et Brendan Gallagher. Auteur d'un but et de quelques belles pièces de jeu, le premier a été le meilleur de son équipe. L'autre marqueur, Andrew Shaw, a aussi démontré de belles choses à son retour au jeu. 
Le CH avait d'ailleurs pris les devants 2-0 en première période sur de beaux lancers dans la lucarne de Drouin et Shaw. En deuxième, les Leafs ont toutefois renversé la situation avec trois buts, ceux de Connor Carrick (à cinq contre trois), Martin Marincin et Andreas Borgman. Début de troisième, autre réussite du Toronto, cette fois l'oeuvre d'Andreas Johnsson, en avantage numérique. Ce dernier a d'ailleurs reçu la première étoile du match, grâce à trois points. Le Tricolore a lancé 16 fois sur Curtis McElhinney en troisième, devançant les Leafs au chapitre des tirs (31 contre 28), facette où il avait traîné de la patte toute la soirée.
Quant à Carey Price, il a complété la rencontre avec 24 arrêts. «Les buts qui ont été marqués ce soir, Carey n'a jamais vu la rondelle. C'est sûr qu'il faut faire un meilleur travail devant notre filet», a analysé Julien.
Reste deux rencontres au Canadien avant que ça compte : vendredi contre la Floride, samedi contre Ottawa.
«Pas la fin du monde»
Jonathan Drouin s'est illustré en marquant un magnifique but en première période contre les Maple Leafs de Toronto.
Les insuccès du Canadien inquiètent-ils Carey Price? «Non», répondait sans élaborer le gardien après la sixième défaite de suite des siens au camp d'entraînement, mercredi, contre une très jeune version des Maple Leafs de Toronto au Centre Vidéotron.
Quelques mauvais bonds l'ont surpris, mais il ne s'en faisait pas trop. «Ça arrive, les résultats ne sont pas là, mais ce n'est pas la fin du monde. Il n'y a pas de raison de paniquer, on est en calendrier de pré-saison, on continue à travailler sur certaines choses», ajoutait-il dans le vestiaire des Remparts.
Même constat de la part de Jonathan Drouin, meilleur joueur du Canadien dans ce match. Il avait raté celui de lundi, à Toronto, en raison d'une blessure au haut du corps. Le numéro 92 a marqué un but de toute beauté, comme il l'a souvent fait à Québec à l'époque où il donnait des maux de tête aux gardiens des Remparts avec les Mooseheads d'Halifax.
Drouin philosophe
Si la fiche de l'équipe commence à agacer Drouin un peu, il trouvait malgré tout des points positifs à cette autre défaite. «Je ne pense pas que l'on doive s'inquiéter. Si on ne s'améliorait pas, on aurait raison de le faire, mais je ne pense pas qu'on se soit fait dominer. On a eu nos chances, Carey a été très bon, il a été malchanceux
« À part le résultat, on a aimé notre partie, ç'a mieux été qu'à Toronto, lundi», analysait l'attaquant.
Il est toutefois d'avis qu'une victoire serait la bienvenue avant le début de la saison, jeudi prochain. «À nous d'aller chercher une victoire avant que la saison commence pour se mettre sur le bon pied», suggérait celui qui aimerait voir un alignement complet pour le dernier match préparatoire, samedi.
Drouin s'est bien entendu avec ses partenaires de trio, Max Pacioretty et Brendan Gallagher. Il a aussi mené la parade sur le jeu de puissance.
«J'ai aimé notre ligne. Max est un marqueur naturel, on a commencé à faire des petits jeux dans les coins, on a eu des chances, on a créé de bonnes choses. Et en avantage numérique, avec du temps et de la pratique, ça va aller encore mieux», ajoutait celui qui se sentait aussi bien après le match qu'en matinée, lorsqu'il avait pris la décision de jouer. Une journée de repos a suffi à faire disparaître la petite douleur musculaire qui l'incommodait.
Confronté à un groupe de joueurs méconnus, le Canadien aurait pu mieux s'en sortir. Après un fort début de match, l'avance a disparu.
«On a eu de bons flashs, mais je ne sais pas trop ce qui s'est passé. Le résultat n'a pas donné ce qu'on voulait. Il faut se relever de ça», notait le défenseur Éric Gélinas, qui tente de mériter un poste à la ligne bleue en qualité de joueur invité.
Mais ne lui dites surtout pas que le Canadien aurait dû facilement avoir raison de leurs jeunes adversaires.
«Que ce soit des gars de la LNH ou de la Ligue américaine, ce sont tous des joueurs professionnels. Ils sont tous capables de jouer au hockey. Et s'il y a une chose, c'est que les joueurs de la Ligue américaine vont même en donner un peu plus que ceux de la LNH parce qu'ils veulent gagner des postes.»
Le frère de Karl Gélinas, lanceur des Capitales de Québec, parviendra-t-il lui-même à percer l'alignement? «Le but ultime, c'est de faire l'équipe, et jusqu'à ce qu'on me le dise, je vais continuer sur la même lancée. Le fait que je sois encore ici, ça me donne un indice et ce n'est pas encore fini. Ça va bien, j'essaie de montrer les atouts que je peux apporter.»  Carl Tardif
Timashov a brillé... par son absence
«Bonjour, possible de parler à Dmytro Timashov avant le match?», a-t-on demandé au directeur des relations avec les médias des Maple Leafs à l'arrivée de l'équipe au Centre Vidéotron, mercredi, en fin d'après-midi. Après tout, Timashov était le joueur le plus connu des amateurs de Québec dans l'alignement de Toronto. Mauvaise nouvelle, il n'accompagnait pas l'équipe dans la ville où il a joué la majorité de son hockey junior. Une erreur lors du dévoilement de la formation des Leafs, en matinée, laissait entendre qu'il affronterait le Canadien sur la patinoire où il a brillé pendant son passage junior. Mais non, il brillait par son absence, comme les vedettes de la formation torontoise. Choix de cinquième ronde des Maple Leafs, en 2015, Timashov a disputé une première saison dans la Ligue américaine, l'an dernier, récoltant 11 buts et 24 points avec les Marlies, club-école que l'on avait finalement mandaté pour ce match préparatoire.  Carl Tardif
Montoya blessé
Le Canadien a fait savoir que le cas de Charlie Lindgren sera évalué sur une base quotidienne. Il s'est blessé au bas du corps en s'échauffant avant le match qu'il devait disputer aux Maple Leafs lundi. Par ailleurs, lors de l'entraînement réservé au second groupe de joueurs mercredi, le gardien Al Montoya a dû quitter la patinoire avec l'aide de coéquipiers après avoir été blessé dans la région du cou. Les soigneurs sont allés sur la glace pour lui prêter main-forte avant qu'il ne retourne au vestiaire, visiblement ébranlé. L'entraîneur-chef Claude Julien a fait savoir qu'il souffre d'une contusion au cou et que son cas sera évalué sur une base quotidienne.  La Presse canadienne
Les cinq marquants du match
Un tir attendu... mais de qualité!
Il a fallu un peu plus de cinq minutes au Canadien pour diriger un premier tir vers le gardien Curtis McElhinney, mais l'attente en a valu la peine. Shea Weber a servi une belle passe à Jonathan Drouin, qui avait réussi à se glisser derrière les défenseurs rivaux à la ligne bleue des Maple Leafs. L'attaquant du Tricolore s'est présenté seul devant McElhinney qu'il a battu d'un joli tir du revers dans la partie supérieure gauche du filet.
Marincin trop généreux!
À sa deuxième tentative avec l'avantage d'un homme pendant la première période, le Canadien est parvenu à doubler son avance, avec l'aide... des Maple Leafs. Posté près de la rampe profondément en zone défensive, Martin Marincin a tenté une passe devant son filet que Trevor Dermott n'a jamais eu la chance de récupérer. La rondelle s'est plutôt retrouvée sur le bâton d'Andrew Shaw, abandonné devant le filet de Curtis McElhinney, qu'il a battu d'un tir précis dans la partie supérieure gauche.
Price voit beaucoup de rondelles!
Des punitions mineures à Mark Streit et à Brandon Davidson dans un intervalle de 33 secondes vers la toute fin du premier vingt ont donné le ton à une première moitié de deuxième période complètement à l'avantage des jeunes joueurs des Maple Leafs. Les visiteurs ont profité de la première pénalité pour couper de moitié l'avance du Canadien grâce à un puissant tir de la ligne bleue de Connor Carrick qui n'a donné aucune chance à Carey Price. Quelques secondes plus tard alors que le Canadien était toujours à court d'un homme, Price a été appelé à se surpasser devant Kerby Rychel, posté à l'embouchure du filet, après un autre tir de Carrick.
Les Maple Leafs renversent la vapeur!
Après avoir vu le Canadien reprendre du tonus à la suite d'une mauvaise pénalité mineure à Eric Fehr profondément en zone adverse, à mi-chemin de la période médiane, les Maple Leafs ont trouvé le moyen de prendre l'avance grâce à deux buts en 99 secondes avant la fin de l'engagement. Martin Marincin a d'abord créé l'égalité à 15:46 à la suite d'un tir de la ligne bleue, d'apparence banale, qui a cependant touché à Brendan Gallagher avant de virevolter par-dessus l'épaule de Price et derrière le gardien du Canadien. Andreas Borgman a rompu cette égalité à 17:25, à l'aide d'un tir de la ligne bleue que Price a semblé perdre de vue.
Holland tente de raviver la flamme.. mais l'échappe de peu!
En troisième période, Peter Holland a tenté de raviver la flamme pour le Tricolore, après que le club eut encaissé un quatrième but, en essayant de coincer la rondelle entre la jambière droite de Curtis McElhinney et le filet. Il s'est plutôt heurté au poteau pas à une, mais bien à deux reprises. Le gardien des Maple Leafs l'a échappé belle, alors qu'il tentait de bloquer le disque avec le bout de son patin. McElhinney devra certainement une fière chandelle au dit poteau.  La Presse canadienne