Le défenseur Jordie Benn, qui a marqué jeudi soir contre les Canucks, croit qu’il était justifié que les observateurs s’attendent à une autre saison difficile de la part du Canadien.

Le CH là où il voulait être à la mi-saison

BROSSARD — Le défenseur Jordie Benn croit qu’il était justifié que les observateurs s’attendent à une autre saison difficile de la part du Canadien après une campagne catastrophique l’hiver dernier.

Peut-être motivés par les attentes modestes, les joueurs de la formation montréalaise ont trouvé le moyen de renverser la vapeur. Et voilà qu’ils ont atteint la mi-saison dans une position qui leur permettrait de participer aux séries éliminatoires si elles commençaient avant les matchs de vendredi dans la LNH.

«C’est agréable d’être les négligés et amusant de prouver aux autres qu’ils avaient tort, a dit Benn, vendredi, alors que le Canadien présente un dossier de 22-14-5 après 41 rencontres. Nous savions bien sûr ce qui était dit à notre sujet avant la saison. C’est comme ça. Mais nous n’avions pas connu une très bonne saison et il n’y avait pas de raison de s’attendre à mieux cette fois-ci.»

Un vent nouveau a rapidement balayé le Centre Bell cet automne. L’équipe joue avec une énergie constante et quelques entraîneurs adverses ont affirmé après des duels contre le Tricolore que c’était la formation la plus rapide qu’ils avaient affrontée cette saison.

«C’est un beau compliment, a reconnu Benn. Nous voulons jouer à un rythme aussi soutenu que possible. Les équipes rapides ne donnent pas le temps à l’adversaire de réfléchir. Quand vous faites ça, vous êtes dangereux.»

Le Canadien affiche également le deuxième meilleur pourcentage de victoires du circuit quand il est en retard au pointage après deux périodes (37,5 %) en vertu d’un dossier de 6-10-0. Le Lightning de Tampa Bay (55,6) est la seule formation à faire mieux, avec une fiche de 5-4-0.

«Le pointage importe peu. Nous croyons avoir une chance de gagner même s’il reste cinq minutes à jouer et que nous sommes en retard par un ou deux buts, a noté Benn. Nous avons un groupe qui ne baisse jamais les bras.»

Arrivées payantes

Les arrivées de Max Domi et Tomas Tatar ont été payantes, alors qu’ils occupent respectivement les premier et troisième rangs des pointeurs chez le Canadien. Jesperi Kotkaniemi continue son apprentissage, et le retour au jeu de Shea Weber tard en novembre semble avoir stabilisé la situation en défensive. De son côté, Carey Price a retrouvé un certain aplomb après un début de campagne difficile, malgré une «irritation» au bas du corps qu’il traîne depuis «environ sept semaines».

«Nous avions une équipe qui avait la chance de s’améliorer et grandir puisque nous comptions sur beaucoup de jeunes et de nouveaux joueurs. Nous avons aussi peaufiné notre système, a affirmé l’entraîneur-chef Claude Julien. Toutes ces choses-là ne garantissaient rien, mais il s’est produit ce que nous espérions.

«Au moment où l’on se parle, nous sommes dans la position que nous voulions. Nous sommes en position pour faire les séries. Mais il reste la deuxième moitié de la saison et elle sera encore plus difficile.»

La position du Canadien dans le portrait des éliminatoires demeure précaire. Avec ses 49 points, la troupe de Claude Julien occupe le dernier rang donnant accès au tournoi de fin de saison. Les Islanders sont à la poursuite du Tricolore avec 48 points et la formation new-yorkaise a deux matchs de plus à disputer. Les Blue Jackets de Columbus ont également 49 points au compteur au troisième rang de la section métropolitaine, avec eux aussi deux matchs en main.

«Il va falloir être constants, a dit le défenseur Shea Weber au sujet des défis en deuxième moitié de saison. Il faudra éviter les creux de vague quand vous perdez deux ou trois matchs de suite. Tout est plus difficile en deuxième moitié de campagne, le jeu se resserre.

«Nous comptons sur beaucoup de jeunes joueurs, j’espère que ça signifie que leurs jambes resteront fraîches plus longtemps, qu’ils auront plus d’énergie. Peut-être que leur manque d’expérience va les aider en ne sachant pas à quoi s’attendre et ce sera aux vétérans de les aider en guidant le navire.»

Le Canadien traversera une autre séquence critique au cours des prochaines semaines, alors qu’il disputera neuf matchs en 15 jours. On pourrait en savoir plus sur le sort de l’équipe au terme de cette séquence.