L'attaquant du Canadien David Desharnais était entouré des siens vendredi lors de la cérémonie pour le retrait de son numéro par les Commandeurs de Lévis.

Le 15 de Desharnais retiré par les Commandeurs

Désormais célèbre pour son 51 chez le Canadien, David Desharnais a vu son numéro 15 hissé au plafond de l'aréna de Lévis, vendredi soir. Les Commandeurs de l'endroit ont ainsi rendu hommage à l'un de leurs plus célèbres porte-couleurs.
«Ça me fait réaliser que le temps passe vite, qu'on est rendu à une autre étape de la vie», a dit Desharnais lors d'une conférence de presse, une heure avant le grand moment.
Ce moment s'est déroulé devant parents, fratrie, amis et ex-coéquipiers, venus nombreux souligner la carrière encore bien active de l'attaquant du Canadien. Une touchante vidéo a aussi été présentée tout juste avant la cérémonie.
Un peu plus tôt, il avait pris le temps de plonger dans ses souvenirs, devant les journalistes. Il n'a joué qu'une saison complète dans le Ligue de hockey Midget AAA, mais on comprend qu'il s'y amusait beaucoup. «Je me souviens qu'on avait tellement de plaisir. Tu vas à l'école avec les gars le jour et tu joues au hockey avec eux le soir», a-t-il souligné.
Retranché la saison précédente, Desharnais s'était fait reprocher son manque de poids, un refrain qu'il a souvent entendu. Mais cette fois-là, ce n'était pas tout à fait faux. «J'étais à 130 livres. L'année d'après, j'étais arrivé à 170 livres. C'est là que j'ai pris le goût à l'entraînement», a-t-il raconté. Un goût qui jouera un grand rôle dans la progression du petit athlète de 5'7'' jusque dans la LNH.
Pendant sa saison chez les Commandeurs, Desharnais faisait le trajet matin et soir entre Lévis et son Laurier-Station natal. Un signe précoce de cette détermination pour laquelle il est reconnu.
Peu importe ces heures passées en autobus. Desharnais connaît en 2002-2003 une saison du tonnerre, où il récolte 27 buts et 69 points en seulement 42 matchs, ce qui lui vaut le quatrième rang des marqueurs. L'équipe est championne de la saison régulière, mais se fait écarter en demi-finale.
À l'époque, il ne pense pas à la grande ligue, seulement à l'échelon supérieur. Un état d'esprit adopté dès le bantam et conservé jusqu'à son ascension dans la Ligue américaine, en passant par la Ligue junior majeur du Québec, où il a obtenu 374 points en quatre saisons à Chicoutimi. Et même pendant son difficile passage d'une saison dans la Ligue de la côte Est, en 2007-2008. Difficile sur le plan humain, mais pas sur le plan sportif : il y récolte un championnat des marqueurs (106 points) et les grands honneurs en équipe. En route, tranquillement, vers une promotion avec le Canadien.
«Il ne l'a pas volée»
Son ancien capitaine à l'époque des Commandeurs, Alexandre Blais, faisait partie vendredi de ces amis venus saluer leur ex-coéquipier devenu une vedette du hockey. «C'est sûr que c'est spécial de revenir pour David ce soir», a dit Blais, qui le connaît depuis le niveau atome. «Je pense qu'il mérite amplement [cet honneur] parce que son éthique de travail et sa persévérance font de lui la personne qu'il est aujourd'hui. Sa carrière, il ne l'a pas volée.
«Ç'a toujours été un gars passionné. Et moi, jouer avec un passeur comme lui, j'aurais fait ça dans le junior aussi!» a ajouté cet ancien du Drakkar de Baie-Comeau et des Screaming Eagles du Cap-Breton.
Desharnais est le deuxième joueur de l'histoire des Commandeurs à voir son chandail retiré. Le numéro 11 de Jean-Philip Chabot trône dans l'aréna de Lévis depuis 2010 .
En terminant son discours, Desharnais s'est adressé aux joueurs des Commandeurs et à leurs rivaux du jour, les Albatros du Collège Notre-Dame : «Peu importe le niveau dans lequel vous évoluez, savourez chaque seconde».