L'arrivée de Jonathan Drouin chez le CH apportera un peu de punch à l'attaque de l'équipe du dg Marc Bergevin.

L'acquisition de Drouin, un grand coup

La communauté du hockey est unanime : le Canadien a frappé un grand coup en mettant la main sur Jonathan Drouin, le Québécois le plus talentueux à revêtir l'uniforme tricolore depuis Stéphane Richer, à la fin des années 80.
Ayant connu Drouin comme coéquipier, dans l'organisation du Lightning, et comme adversaire depuis qu'il évolue avec les Panthers, Jonathan Marchessault est persuadé que Marc Bergevin a fait une acquisition qui saura profiter à son équipe et emballer ses partisans.
«Je pense que les fans du Canadien devraient être contents que Jonathan Drouin aille jouer à Montréal. C'est tout un joueur de hockey! Un joueur de hockey qui peut changer une game à lui tout seul. Et il l'a prouvé, cette année.
«Personnellement, je pense que c'est ce qui manquait au Canadien, un petit peu de punch à l'attaque. Je pense qu'ils ont vraiment posé un bon geste», estime Marchessault.
Selon lui, la masse salariale élevée du Lightning explique fort probablement la transaction qui a envoyé le prometteur défenseur Mikhail Sergachev à Tampa Bay et comprend un échange de choix conditionnels. «Voir que Kucherov a signé à seulement 4,5 millions $ par année pour trois saisons, je pense qu'un gars comme Drouin aurait mangé ses bas! Je pense que ç'a ouvert la porte au Lightning pour faire l'échange...»
Il semble donc peu plausible que l'organisation floridienne ait pu offrir à Drouin le genre de prolongation que le Canadien lui a consentie, soit un pacte de six ans évalué à 33 millions $US. «Dans le hockey d'aujourd'hui, les joueurs sont à leur meilleur entre 22 et 28 ans. Et le Canadien a signé Drouin pour six ans, alors ça tombe en plein dans cette marge-là», explique Simon Gagné.
«Pour moi, il y a peut-être juste le choix de deuxième ronde qui est chèrement payé, mais en même temps, si Sergachev joue 40 matchs l'année prochaine, ça s'efface. Autrement dit, c'est Sergachev, un choix de première ronde, contre Drouin, un choix de première ronde, et le Canadien avait besoin d'offensive, pas de défensive. J'aurais fait le même échange les yeux fermés», analyse le retraité de la LNH.
S'il croit que seul le temps permettra d'identifier le vainqueur de cette transaction, Gagné aime néanmoins ce que le dg du Canadien a tenté de faire en transigeant pour l'ancienne vedette des Mooseheads d'Halifax. D'autant plus qu'il n'est pas convaincu du potentiel de Sergachev.
«Je l'ai vu jouer à la Coupe Memorial. Oui, c'est un bon défenseur, mais je ne l'ai pas vu dominer tant que ça. Je ne sais pas si ç'a penché dans la balance, mais quand tu as un gars comme Jonathan Drouin, un troisième choix au total, qui a l'expérience de jouer dans la LNH, qui a déjà prouvé qu'il est capable de faire des gros jeux, des gros buts, et à seulement 22 ans, tu n'hésites pas», a laissé entendre l'ancien attaquant des Flyers, du Lightning, des Kings et des Bruins.
Gérer la pression d'être une vedette québécoise à Montréal
Les succès de Drouin avec le Canadien dépendront maintenant de sa capacité à gérer la pression d'être un joueur québécois vedette sous le microscope montréalais. «Je pense que l'expérience qu'il a acquise, même si ça fait juste trois ans qu'il est dans la ligue, va l'aider. Il est passé par un chemin un petit peu difficile. Il a appris de ces erreurs-là. Je pense que ça fait de lui une meilleure personne, qui a pris beaucoup de maturité», croit Gagné.
L'ancienne vedette des Remparts se dit par ailleurs optimiste de voir Drouin tirer son épingle du jeu comme centre numéro un de l'équipe, un poste que le Canadien cherche désespérément à combler. «Jonathan Drouin a été repêché comme un joueur de centre. Il a joué toute sa jeunesse au centre. [...] Revenir au centre va donc être plus facile comme adaptation. Il a déjà ce bagage-là, alors ce sera un plus pour Claude [Julien] et le Canadien.»
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Plusieurs éléments positifs pour le CH
Peu importe par quel bout de la lorgnette Éric Bélanger regarde la transaction qui amène Jonathan Drouin à Montréal, l'ancien attaquant de la LNH croit que les deux parties sortiront ultimement gagnantes de l'échange.
Aux yeux de celui qui agit aujourd'hui comme analyste à RDS, l'arrivée de Drouin s'accompagne de plusieurs éléments positifs pour le Canadien. «C'est un Québécois. Et c'est important dans le marché de Montréal d'avoir des Québécois. Il veut jouer. Et on a réussi à s'attendre avec lui sur une prolongation de contrat. Le contrat qu'il a signé, je pense que c'est un bon deal pour les deux. Et je pense qu'à long terme, ça va peut-être être avantageux pour Montréal, si Drouin devient aussi dominant qu'il est capable de l'être.»
Même si l'acquisition de Drouin signifie le sacrifice d'un espoir hautement prisé comme Mikhail Sergachev, Bélanger n'hésite pas à dire qu'il s'agit d'une excellente transaction de Marc Bergevin. «C'est un très bel échange. Je n'aurais pas pensé plus de cinq minutes avant de faire cet échange-là. C'est un joueur dynamique qui peut changer un match à lui tout seul.
«Sergachev, est-ce qu'il va avoir une belle carrière dans la Ligue nationale? C'est un point d'interrogation. De mon côté, cet échange-là, je l'aurais fait demain matin.»
Ayant lui-même évolué au centre pendant sa carrière de joueur, Bélanger n'a pas beaucoup vu Drouin évoluer à cette position avec le Lightning lorsqu'il résidait en Floride, mais il est confiant qu'il puisse y parvenir s'il est placé dans de bonnes conditions.
«Je ne l'ai pas beaucoup vu jouer au centre, parce qu'à Tampa Bay ils avaient de bons joueurs de centre, dont Stamkos. Il a joué plus à l'aile qu'au centre. [...]. Mais si on peut le laisser dans une situation où il peut réussir, je ne vois pas pourquoi il ne pourrait pas le faire. Cela dit, je pense que c'est plus un ailier qu'un centre.»
Bélanger adjoint avec les Remparts?
Candidat au poste d'entraîneur adjoint chez les Remparts de Québec, Bélanger est par ailleurs dans l'attente de la décision du directeur général Philippe Boucher. «Phil, à prime abord, c'est un ami. C'est aussi un coéquipier avec qui j'ai joué chez les Kings de Los Angeles. Mais c'est sûr qu'il y a un côté business à sa décision.
«Que ce soit moi ou un autre, il y aura des raisons pour et contre. Mais c'est sûr que nous avons des atomes crochus. Je connais aussi Marc [Fortier, entraîneur adjoint]. Ce serait vraiment le fun de pouvoir travailler ensemble. Je pense que je peux amener beaucoup», a jugé l'ancien attaquant des Kings, des Hurricanes, des Thrashers, du Wild, des Capitals, des Coyotes et des Oilers.
Bélanger a fait ses premières armes dans le coaching avec une équipe bantam AA en Floride, avant de prendre la barre de la formation bantam AAA du Séminaire Saint-François, la saison dernière. Il aimerait maintenant passer au niveau supérieur, tout en demeurant près de sa famille.
«Côté familial, pour moi, c'est important de rester ici. Je ne suis pas prêt à m'expatrier n'importe où pour le moment. Donc, cette situation-là de pouvoir monter de niveau, de pouvoir apprendre la ligue, avec des gars comme Philippe et Marc Fortier, ce serait vraiment intéressant.»
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Ils ont dit...
«Il devient immédiatement le meilleur joueur du Canadien, son joueur le plus talentueux, ce qui lui manquait, à mon avis»
- Éric Bélanger
«Quand tu amènes un gars avec beaucoup de talent comme ça, il faut que tu le laisses jouer. Connaissant Claude [Julien], il n'étouffera pas un gars qui a du talent»
- Simon Gagné
«J'espère que ce ne sera pas la catastrophe. Un Galchenyuk numéro deux. De l'essayer au centre, même si ça ne fait pas, juste pour trouver notre maudit joueur de centre...»
- Éric Bélanger