Marc Bergevin en avait-il assez de la personnalité mystérieuse d'Andrei Markov, dont il s'est d'ailleurs moqué en point de presse le 2 juillet dernier? Souhaitait-on simplement tourner la page avant que l'âge ne le rattrape? Pour le moment, le mystère persiste.

La décision de Bergevin

Le Canadien a publié une vidéo en hommage à la carrière d'Andrei Markov, vidéo plus ou moins réussie dans laquelle on voit l'arrière russe marquer des buts, distribuer des mises en échec (?) et plaisanter avec Alexei Emelin. Mais on ne voit aucune des passes savantes qui ont fait sa renommée. La vidéo comportait aussi une erreur de fait, puisqu'il y est écrit que Markov est le meneur du Canadien pour les matchs joués par un défenseur (c'est plutôt Larry Robinson).
Sur Twitter, c'était le silence radio parmi ses anciens coéquipiers. Carey Price y a été d'un tweet promotionnel, mais aucun joueur n'avait souligné le départ de Markov au moment de publier.
Le départ de Markov confirme aussi que le Canadien aura un énorme trou à combler en défensive. Malgré ses 38 ans, il demeurait efficace. En fin de saison, Max Pacioretty avait même affirmé que sans Markov, il marquerait probablement 10 buts de moins par saison.
Markov a certes connu des hauts et des bas, et ce, malgré une pause de 20 matchs en milieu de saison, mais il demeurait une bien meilleure option que David Schlemko, Mark Streit, Jordie Benn, Brandon Davidson ou Jakub Jerabek au sein du top 4 à la ligne bleue.
Or, à moins que Marc Bergevin ne déniche un défenseur d'ici le début de la saison, Claude Julien devra faire confiance à l'un ou l'autre de ces arrières dans ses deux premiers duos.
Un an?
Le plus intrigant demeure la question du contrat d'un an. Bergevin pouvait difficilement se permettre de retenir les services de Markov en 2018-2019, puisque l'augmentation salariale de Carey Price entrera alors en vigueur. Mais pour la saison qui vient, le Tricolore bénéficie encore de 8,5 millions $ de marge de manoeuvre sous le plafond salarial, somme qui permettait donc à l'équipe de ramener Markov tout en conservant un léger coussin.
Visiblement, Bergevin a d'autres plans pour son excédent financier. En avait-on assez de la personnalité mystérieuse de Markov, dont s'est d'ailleurs moqué le dg en point de presse le 2 juillet dernier? Souhaitait-on simplement tourner la page avant que l'âge ne le rattrape? Pour le moment, le mystère persiste.
Pendant ses 16 ans à Montréal, Markov a continuellement projeté l'image d'un homme au coeur de pierre. Mais jeudi, c'était différent. «Je n'ai jamais été nerveux, pas même le jour de mon mariage», a-t-il dit en début de conférence, comme pour tenter de chasser la nervosité. À plusieurs reprises, il prenait des pauses au milieu de ses réponses. «Je suis triste de partir, a-t-il admis, mais le temps est venu de m'en aller.»
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Les 16 ans de Markov à Montréal
2 participations de Markov au match des étoiles de la LNH. Après y avoir participé en 2008, il y est retourné la saison suivante alors que la classique était présentée à Montréal.
64 points en 2008-2009, la meilleure de Markov avec le Canadien. 
292 matchs disputés par le défenseur durant les quatre saisons qui ont suivi ses deuxième et troisième opérations au genou droit. C'est donc dire que lors de la saison écourtée par le lock-out et les trois suivantes, il n'a raté que deux rencontres - sur décision de l'entraîneur qui l'a laissé de côté. Markov a toutefois raté 20 matchs la saison dernière.
453 aides, ce qui représentait le plus haut total chez les défenseurs dans la LNH. À noter qu'il était aussi au premier rang des défenseurs actifs en ce qui a trait au nombre de points récoltés en avantage numérique (294).
572 points avec le Canadien, ce qui le place au deuxième rang, à égalité avec Guy Lapointe, pour le nombre de points par un défenseur dans l'uniforme tricolore. Larry Robinson est premier avec 883.