L'attaquant Dwight King entend profiter du présent séjour à l'étranger du Canadien pour faire davantage connaissance avec ses nouveaux coéquipiers.

La date limite des transactions, une épreuve pour la famille

Lorsque les caméras de télévision se sont arrêtées sur Dwight King au banc du Canadien, samedi soir au Madison Square Garden, l'imposant ailier avait un large sourire. Steve Ott et Andreas Martinsen rigolaient aussi. Ils venaient d'être échangés à une équipe bien engagée sur la route des séries éliminatoires et, lors d'un match où les Rangers de New York semblaient un peu dépassés par les événements, leur bonne humeur était évidente.
Pourtant, lorsque King a décroché le téléphone trois jours plus tôt pour commenter l'échange qui l'amenait à Montréal, l'attaquant de 27 ans était sous le choc.
La veille de la date limite des transactions, la fille du nouvel attaquant du Canadien fêtait ses quatre ans. Mais puisque les Kings jouaient ce jour-là et que King n'était pas disponible, la fillette a attendu au lendemain matin - après le retour de papa - pour ouvrir ses cadeaux.
Quelques minutes plus tard, King a appris du directeur général Dean Lombardi qu'il quittait Los Angeles et qu'il s'en allait jouer à Montréal.
Voilà un aspect trop souvent oublié des échanges dans le sport professionnel. La conciliation travail-famille, déjà fragile, est mise à mal par l'approche de la date butoir. Certains joueurs s'y attendent et ont préparé le coup. Mais d'autres, comme Dwight King, sont pris de court par la nouvelle.
En un rien de temps, le joueur fait ses valises, renonce peut-être à certains engagements. Il réalise qu'il ne reverra pas les siens avant un bon bout et qu'il demeurera à l'hôtel pour une durée indéterminée. Au même moment, il pense à faire une bonne première impression et avoir un impact rapide alors que le reste de sa vie est déstabilisé. Elle l'est d'autant plus lorsqu'on a été un choix de quatrième ronde des Kings de Los Angeles en 2007 et qu'on a fait partie d'une seule organisation depuis le début de notre carrière professionnelle.
De ne pas avoir assez de vêtements d'hiver, c'est juste drôle. De laisser derrière sa femme, sa fille et son garçon âgé d'à peine trois mois, ce l'est moins. «C'est le bout le plus difficile, confie-t-il. Entrer et sortir de la maison à cause des voyages ne pose pas problème, c'est normal. Mais les deux heures que j'ai passées à essayer de tout planifier après l'échange sont ce qui m'a le plus ébranlé.
«Ma femme va venir me visiter une fois tous les papiers réglés, mais on ne peut pas se compromettre et faire une transition en bonne et due forme vu qu'on ne sait pas combien de temps je serai ici», ajoute King qui écoulera avec le CH les derniers mois de son contrat.
King a donc laissé sa famille derrière lui. Son chien aussi, un petit shitzu de 11 ans qui s'appelle... Habs. «Ma femme l'avait avant que je la rencontre, précise-t-il. Son père est un grand partisan du Canadien.»
Iginla a pris sa place
Il a aussi dit au revoir à des coéquipiers de longue date, les seuls qu'il ait connus depuis ses quatre années passées à Lethbridge dans la Ligue junior de l'Ouest. C'est la business, répète-t-on constamment dans les vestiaires de la LNH. Les joueurs viennent et vont continuellement. 
Dans ce cas-ci, toutefois, après avoir obtenu du Canadien un choix de quatrième ronde conditionnel au repêchage de 2018, les Kings ont immédiatement payé un prix identique pour mettre la main sur un certain Jarome Iginla. 
À peu de choses près c'est comme s'ils avaient été échangés l'un pour l'autre!
«C'est un groupe qui éprouve de la difficulté à marquer des buts», rappelle King au sujet de son ancienne formation. «Ce n'est rien de nouveau, ça a été comme ça pendant mes six années là-bas. En fin de compte, ils ont obtenu le joueur qu'ils voulaient et moi je suis content de me retrouver ici.
«Ce sera un ajustement pour moi. Je m'attends à patiner davantage dans l'Est et je pré­sume que le jeu sera moins physique. Mais c'est excitant parce que j'aurai peut-être des opportunités offensives de plus à cause du style de jeu qui est prôné ici.»
King entend profiter du fait que le Canadien est dans les valises pendant 11 jours pour s'intégrer à nouvelle formation. «Être entouré des gars dans des espaces restreints va nous aider à créer des liens. Mais je crois que c'est en jouant des matchs qu'on en apprend le plus sur les autres. Le calendrier nous donne la chance de faire les deux.»