Cette semaine, l'attaquant des Rangers Chris Kreider renouera avec Montréal, là où il est connu comme le joueur qui, en fauchant Carey Price il y a trois ans, a coûté au Canadien la chance d'atteindre la finale de la Coupe Stanley.

Kreider, «l'armoire à glace»

En tant qu'auxiliaire de Henrik Lundqvist il y a quelques années, Martin Biron était celui qui restait plus longtemps après les entraînements, afin d'aider les réservistes, les recrues et tout autre joueur qui voulait bien effectuer quelques exercices supplémentaires. C'est là qu'il a connu un blanc-bec de 20 ans, fraîchement sorti de l'université, du nom de Chris Kreider.
«Quand il est arrivé, il se mélangeait tout le temps dans les exercices. S'il devait tourner à droite, il allait à gauche, et vice versa. Voyons, Chris, qu'est-ce qui se passe? Le ''college boy", ça n'avait pas l'air fort, fort», raconte Biron en rigolant au bout du fil.
«Pourtant, c'est tout le contraire! Il peut parler de politique, de littérature, de n'importe quoi. Il est très intello. Il parle anglais, russe et espagnol. Le gars n'était pas capable de suivre les consignes à l'entraînement, mais il pouvait comprendre trois langues. Ça, les gens ne le savent pas.»
S'il s'est joint aux Rangers à un si jeune âge, c'est qu'il a quitté Boston College après sa troisième année, en 2012. Meilleur compteur de son équipe, qu'il a menée à deux championnats nationaux, il avait fait le tour du jardin. Mais il était hors de question qu'il abandonne ses études en communications.
«Je devais satisfaire ma mère! C'était quelque chose que je voulais terminer, car c'était très important pour ma famille», explique Kreider, rencontré lundi au centre d'entraînement des Rangers.
Maladroit
Cette semaine, Kreider renouera avec Montréal, là où il n'est pas connu pour ses prouesses intellectuelles, mais plutôt comme le joueur qui, en fauchant Carey Price il y a trois ans, a coûté au Canadien la chance d'atteindre la finale de la Coupe Stanley. 
À Ottawa, à Boston, à Pittsburgh, à Long Island et à Edmonton, on ne nierait pas non plus cette tendance du colosse Kreider à foncer dans les gardiens.
Martin Biron et Anton Stralman faisaient partie de ces Rangers qui ont éliminé le Canadien en finale de l'Est en 2014. À l'époque, ils défendaient évidemment leur coéquipier.
Aujourd'hui, le premier est analyste à la télévision, et le deuxième porte les couleurs du Lightning de Tampa Bay. Pourtant, les deux persistent à croire que Kreider n'a jamais sciemment visé les gardiens.
«C'est une question d'expérience, croit Stralman. À ses deux premières saisons, il manquait souvent de synchronisme. Et c'est une force de la nature. S'il arrive avec vitesse, à la grosseur qu'il a, ça va mal finir! Je crois qu'il a appris de ça et qu'il utilise mieux son corps. Il en récolte les bénéfices.»
«C'est une armoire à glace. Une jambe de Kreider, c'est gros comme mes deux jambes! illustre Biron. Quand il est en pleine accélération et qu'il doit tourner à droite, avec la pression et le poids sur sa lame, dès qu'il y a une fissure ou un bâton, ça change, et ça change vite. Un joueur moins rapide pourra peut-être reprendre son équilibre, mais à 225 lb, c'est plus difficile. Un tank va prendre plus de temps à freiner qu'une Lamborghini.»
Les dernières saisons semblent donner raison à Biron et à Stralman. Kreider n'a été mêlé à aucun incident digne de mention avec un gardien depuis une collision avec Jaroslav Halak en janvier 2015. Lors des deux dernières saisons, il a seulement écopé de deux pénalités pour obstruction sur le gardien.
Kreider, lui, n'a pas aimé la question quand on lui a demandé comment les violents contacts avec les gardiens, jadis si fréquents, ont arrêté du jour au lendemain. «On a vraiment un bon entraîneur de patinage ici, donc j'ai travaillé sur mon équilibre. J'ai appris à freiner, j'imagine», a-t-il répondu avec le ton le plus sarcastique, le regard pas enchanté du tout.
«Non, mon jeu n'a pas changé, je dois aller au filet pour être efficace, a-t-il enchaîné, plus sérieusement. Je n'ai pas un gros tir sur réception, je ne peux pas marquer de loin, donc je dois utiliser mon gros gabarit et aller dans la peinture bleue. Je suis chanceux de jouer avec de très bons joueurs qui travaillent bien en périphérie pour que la rondelle se rende au filet. Mon travail n'est pas toujours facile, mais c'est le travail le plus simple. Je dois simplement me rendre au filet et pousser ou dévier les rondelles.»
Mieux vaut prévenir que guérir...
L'entraîneur des Rangers, Alain Vigneault
Il ne devrait pas y avoir de «Spygate» comme en 2014 dans la série Canadien-Rangers. Alain Vigneault a indiqué lundi que le directeur général du Canadien, Marc Bergevin, avait conclu un accord à l'amiable avec son homologue des Rangers, Jeff Gorton, au sujet des entraînements. «On peut regarder leurs entraînements, mais seulement les matins de match. Ce sont les directeurs généraux, ce sont nos patrons, on va suivre ce qu'ils disent», a expliqué Vigneault, lundi midi. Quand ces deux équipes se sont retrouvées en finale de l'Est en 2014, une mini-controverse avait éclaté quand Dan Lacroix, qui était alors adjoint de Vigneault à New York, s'était assis dans les gradins du Madison Square Garden pour observer l'entraînement du Tricolore.  La Presse
Le Canadien «favori», selon Vigneault
C'était congé d'entraînement chez les Rangers, lundi, puisqu'ils ont conclu leur calendrier en disputant deux matchs en deux jours. Ils fouleront la patinoire mardi, toujours à leur centre d'entraînement, avant de s'envoler vers Montréal pour le premier match de la série. En attendant, Alain Vigneault s'est assuré de ne pas déclencher de guerre de mots en vantant longuement les qualités du Canadien, parfois de façon presque exagérée. «On ne se trompe pas trop en disant que le Canadien sera considéré comme le favori dans cette série, a affirmé Vigneault. Regardez les 20-25  derniers matchs de la saison. Je crois qu'ils sont troisièmes pour les buts accordés, deuxièmes dans les buts accordés à cinq contre cinq. Ils ont joué du gros hockey. Mais plusieurs ne pensaient pas qu'on pouvait se qualifier pour les séries, et on l'a fait dans la division la plus difficile de la ligue. On a joué à notre façon, avec beaucoup de rythme.»  La Presse