L'entraîneur-chef du Canadien, Claude Julien, aura la tâche de trouver la pièce manquante du puzzle que représente la situation des défenseurs pour former ses paires défensives.

Julien doit résoudre le casse-tête défensif

Il reste deux matchs préparatoires au Canadien. Après, les défaites compteront pour vrai.
Claude Julien devra se faire une tête sur sa formation finale très rapidement. Il devra aussi trouver des réponses aux nombreuses questions toujours en suspens. Des questions que l'on peut résumer par cette phrase fort révélatrice du point de presse de Julien, jeudi après-midi : «Il y a des postes disponibles, c'est encore plus ouvert à la défense.»
Concentrons-nous donc sur le dossier prioritaire de l'entraîneur : que faire à la ligne bleue? Bref, comment s'assurer que la description «meilleure défensive de l'an dernier» ne reviendra pas hanter le Canadien?
Nathan Beaulieu, Alexei Emelin et Andrei Markov sont partis, les trois partenaires de Shea Weber la saison dernière. Il faut donc lui en trouver un nouveau. Plus facile à dire qu'à faire.
Victor Mete semble avoir une longueur d'avance, puisqu'il a disputé ses trois matchs préparatoires avec Weber et qu'il s'est très bien tiré d'affaire. Mais le défenseur de 19 ans était jumelé à Jordie Benn à l'entraînement, jeudi.
«Je veux le sortir de sa zone de confort, oui, et je ne veux pas qu'il soit étiqueté comme le partenaire de Weber seulement», a expliqué Julien. «Nous sommes satisfaits, mais on doit en découvrir plus. On doit le revoir avant de prendre une décision.»
Ce duo avec Benn est intéressant pour l'avenir du jeune homme. Mete n'est peut-être pas prêt, et il n'a peut-être pas la carrure pour affronter vague après vague les meilleurs joueurs de la LNH. Mais il est prêt à se joindre au grand club. On veut l'évaluer dans tous les contextes avant de trancher.
Les Knights de London, quoi qu'il en soit, n'attendent plus son retour. «Nous jouons comme s'il ne revenait pas», a admis Dylan Hunter, le fils de Dale et entraîneur adjoint chez les Knights, en entrevue téléphonique avec La Presse canadienne.
Le problème Schlemko
C'est Jakub Jerabek qui secondait Weber à l'entraînement. Lui aussi est un défenseur mobile, bon patineur, reconnu pour sa relance. Bref, un autre bon complément pour Weber. Dans son cas, Julien ne s'est pas étendu : «On ne l'a pas assez vu, on va le voir [vendredi, contre les Panthers].»
Mete doit donc encore prouver qu'il est polyvalent, pendant que Jerabek aura la chance d'attirer les projecteurs. Qu'en est-il dans tout ça de David Schlemko? Sa blessure à une main ne guérit pas aussi vite que prévu, et l'état-major du Canadien ne peut pas s'en réjouir.
«Ce qui nous rend la vie plus difficile, c'est qu'on n'a pas vu Schlemko. Il devrait être de notre formation, mais on aurait aimé avoir une meilleure idée de ce qu'il peut apporter. Ça fait partie des problèmes.»
Davidson visé
Ajoutez au casse-tête défensif Brandon Davidson et Mark Streit, deux joueurs qui ont reçu une petite tape dans le dos de Julien, malgré des camps très ordinaires. Pour Streit, il a rappelé que certains vétérans avaient besoin de plus de temps pour retrouver leur synchronisme. C'était d'ailleurs l'un des objectifs avoués de l'entraînement intensif du jour.
Julien a aussi affirmé à plusieurs reprises que certains joueurs étaient bien meilleurs que leur prestation ne l'avait montré jusque-là. Indice : il parlait de Davidson. «Au lieu de se redresser, ils se mettent de la pression. On a vu Davidson, l'an passé. Ce n'est pas le même joueur, cette année, mais on sait de quoi il est capable. On doit essayer d'aider ces joueurs-là pour avoir une meilleure idée de ce qu'on va faire.»
On aura beau retourner le dilemme de tous côtés, il reste neuf défenseurs pour sept postes dans la LNH. Plus encore, un chanceux se retrouvera aux côtés de Weber.
Les matchs préparatoires, ce n'est pas la fin du monde, disait Carey Price. Mete et Jerabek ne seront peut-être pas de cet avis.
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Jerabek ou Mete avec Weber?
Dans le vestiaire, Shea Weber a accepté en riant le surnom de «tueur de coéquipiers».
Ses trois anciens partenaires à la ligne bleue, Nathan Beaulieu, Alexei Emelin et Andrei Markov, sont tous sous d'autres cieux. Deux petits nouveaux, Victor Mete et Jakub Jerabek, espèrent désormais leur succéder. Réglons tout de suite une chose : le principal intéressé n'a aucun préféré.
«Ça ne change rien. Je vais jouer avec n'importe qui. Quand on saura avec qui je jouerai, on va travailler à développer notre chimie», répète Weber.
Mais Mete et Jerabek, eux, sont beaucoup plus investis dans le choix final de Claude Julien. Le premier, tout juste 19 ans, a déjoué la plupart des pronostics. Il a vu son nombre d'abonnés Twitter exploser et il est inondé de messages textes de gens de son entourage. Bref, il est la plus belle histoire d'un camp autrement assez terne.
«Je sais ce que je dois montrer», a expliqué le défenseur de 19 ans à la veille des deux derniers matchs préparatoires, vendredi contre les Panthers et samedi contre les Sénateurs. «Je dois continuer à jouer de la même manière, ne pas développer de mauvaises habitudes. J'y crois de plus en plus, il ne reste que quelques jours de camp.»
Le joueur des Knights de London (Ligue junior de l'Ontario) a déjà des alliés dans le vestiaire, et non des moindres. «Il est très calme pour son âge, surtout dans un marché comme celui-ci. Il s'est vraiment très bien comporté jusqu'à maintenant», a déclaré Weber dans le vestiaire de l'équipe au Complexe sportif Bell.
Weber est prêt à aider le jeune défenseur, un privilège dont Mete ne se privera certainement pas. «Je lui ai posé plein de questions», lance-t-il, sourire aux lèvres.
Karl Alzner aussi avait de bons mots pour Mete. Un appui d'autant plus intéressant qu'il provient d'un défenseur qui a lui-même joué à 19 ans dans la LNH. «Il peut le faire. Il a le talent pour le faire. Il n'est pas aussi costaud que Weber ou Jeff Petry, mais il est très bon. Ça peut t'amener loin dans la LNH.»
Encore du travail à faire
Jakub Jerabek est un autre défenseur qui se bat pour sa place. Plus expérimenté avec ses 26 ans, il s'est distingué en KHL la saison dernière. Jeudi à l'entraînement, il a eu l'insigne honneur d'être jumelé à Weber. Bref, l'ultime occasion de gagner l'un des derniers postes disponibles dans la formation.
Jakub Jerabek devrait jouer avec Shea Weber vendredi soir, ce qui représente une belle occasion pour le Tchèque de 26 ans de de se faire remarquer.
«Ce n'est pas important, qui est mon partenaire. Je dois travailler lors des deux derniers matchs préparatoires et me concentrer sur moi-même. Je ne sais pas si j'en ai fait assez, je dois encore travailler. Il y a plusieurs bons joueurs, je dois me démarquer.»
Claude Julien a déjà confirmé qu'il affronterait les Panthers vendredi soir.
«Jerabek est calme, il est un patineur habile, il se positionne bien. Mais je ne l'ai pas vu beaucoup», a dit Weber.
Il reste deux matchs à Jerabek pour se faire voir.
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Nikita Scherbak rappelé de Laval
Comme le Canadien se trouve au coeur d'une deuxième séquence de trois matchs en quatre soirs, Claude Julien ne veut pas surtaxer ses vétérans, un point sur lequel il insiste depuis le début du camp. Après le revers contre les Maple Leafs, il avait laissé sous-entendre que l'équipe qu'il comptait envoyer sur la patinoire, samedi, allait s'approcher de celle qui lancera la saison régulière à Buffalo, le 5 octobre. Le Canadien a donc procédé au rappel de l'attaquant Nikita Scherbak quatre jours après l'avoir cédé au Rocket de Laval. Il devrait prendre part au duel contre la Floride.
L'identité du gardien face aux Panthers représente un mystère, car Al Montoya et Charlie Lindgren sont tous deux à l'écart, bien qu'il s'agisse de blessures mineures qui pourraient guérir rapidement. Zachary Fucale pourrait donc être dépêché dans la mêlée vendredi, tandis que Carey Price affronterait les Sénateurs le lendemain. Le Tricolore a par ailleurs soumis le nom de l'attaquant Chris Terry au ballottage et cédé le défenseur Matt Taormina au Rocket, après que celui-ci eut passé l'étape du ballottage sans être réclamé.  La Presse canadienne