L'attaquant des Rangers Mika Zibanejad a brisé le coeur des partisans du Canadien en marquant en prolongation, jeudi au Centre Bell, le but le plus important de sa carrière jusqu'ici.

Heureusement, il y a les séries

Parfois, on parle de transactions qui font le bonheur des deux équipes. Mais dans le cas des Rangers de New York et des Sénateurs d'Ottawa, qui se sont échangé Derick Brassard et Mika Zibanejad, il a fallu attendre les séries pour que l'une ou l'autre soit vraiment satisfaite!
Après avoir connu une saison en dents de scie plombée par les blessures, Zibanejad est revenu dans les bonnes grâces de l'équipe lors des deux derniers matchs. En tout cas, a lancé Alain Vigneault, le but qu'il a marqué en prolongation jeudi soir ne nuira pas à sa relance et à celle de Chris Kreider.
«Leur trio a passé beaucoup de temps en territoire du Canadien, surtout en prolongation», a noté l'entraîneur-chef. «Ils ont eu un bon temps de possession et ont eu des occasions près du filet. À mesure que le match avançait, ils semblaient retrouver leur synchronisme et ils ont été très efficaces en deuxième moitié de rencontre.»
Au terme de la saison dernière, les rumeurs allaient bon train voulant que les Rangers échangeraient un joueur de centre afin de faire de la place sous le plafond salarial. Kreider et Kevin Hayes avaient de nouvelles ententes à signer et la relève au centre s'était déjà manifestée. Derek Stepan semblait un candidat possible. Ce fut Brassard.
Les succès du trio KZB
Pour des raisons financières, Rangers et Sénateurs trouvaient leur compte dans un échange des deux joueurs de centre. Les Rangers se rajeunissaient, se grossissaient, mettaient la main sur un ancien sixième choix au total qui n'avait pas encore atteint son plein potentiel, et obtenaient à la clé un choix de deuxième tour.
Les Sénateurs, eux, rapatriaient un joueur de la région (Brassard est originaire de Hull) qui avait fait ses preuves. Il faut dire que les Sens en avaient assez d'attendre que Zibanejad remplisse enfin les attentes et qu'il devienne centre numéro un.
Ça ne s'est pas davantage produit à New York. Le rapide attaquant, dont le père est d'origine iranienne, a dû se contenter de 37 points en 56 matchs lors d'une saison où il a été freiné par une fracture du péroné. Il a eu de retentissants débuts avec 15 points à ses 19 premiers matchs, mais n'a jamais été en mesure de retrouver son rythme au retour de sa blessure.
Zibanejad sait qu'il n'a pas encore atteint son plein potentiel. « J'ai eu la chance de jouer avec de très bons joueurs - non seulement ici, mais à Ottawa aussi - et c'est à moi, vraiment, de tirer profit de l'occasion qui m'est donnée.»
Depuis deux matchs, cependant, Vigneault a réuni le trio KZB (Kreider, Zibanejad et Pavel Buchnevich) et les choses semblent décoller. «On connaissait des ennuis sur le plan offensif, mais on avait eu des chances dans le match précédent», a souligné le Suédois de 24 ans. «Mais maintenant, on peut bâtir là-dessus.»
Zibanejad a reconnu vendredi que son but en prolongation était l'un des plus importants qu'il ait marqués jusqu'ici, mais il s'est empressé d'ajouter que son attention était désormais braquée vers le match de samedi.
Et Brassard, lui?
À Ottawa, Brassard a lui aussi connu une campagne en demi-teinte. Avec 39 points en 81 matchs, sa production en saison régulière n'a pas été à la hauteur de ses standards. Les Sénateurs sont peut-être restés sur leur faim à l'égard de ce joueur qui a invoqué une lente adaptation à sa nouvelle équipe.
Or, Brassard s'était imposé comme un joueur de séries en terminant au premier rang des marqueurs des Rangers dans trois des quatre dernières saisons. Et il répond présent cette année encore. Avant le match de vendredi contre Boston, le Québécois était ex aequo au sommet des marqueurs de son club avec cinq points en quatre matchs.
Du côté des Rangers, on a été avare de commentaires lorsqu'on a demandé de quelle manière l'équipe avait changé après être passée de Brassard à Zibanejad. «Il n'y a aucun doute que Brassard a été un élément important pour nous, mais il n'est plus là depuis le début de la saison, on a tourné la page et je travaille avec Mika présentement», avait indiqué Vigneault plus tôt cette semaine.
Fort bien. Mais si jamais les Rangers et les Sénateurs se retrouvent en deuxième ronde, ils seront nombreux à vouloir ressasser cette transaction!
Protéger Lundqvist
Les fans du Canadien ont beau se méfier de Chris Kreider et des charges sur Carey Price, ce sont les Rangers qui trouvent que le Tricolore a pris des libertés avec Henrik Lundqvist. «Il y a eu quelques fois où ils se sont assis sur lui, où ils lui sont tombés dessus volontairement», a noté le défenseur Marc Staal. «Quand Hank joue de cette façon, l'autre équipe va tenter par tous les moyens de le déstabiliser et de créer de l'attaque.» Dans l'une de ces occasions, alors que Steve Ott se frottait au gardien des Rangers, tout juste à côté Andrew Shaw laissait tomber les gants avec Brendan Smith. «Je n'étais pas là pour lancer un message; on veut surtout protéger Hank», a expliqué Smith. «Ils ont un peu dépassé les bornes, mais ces choses-là arrivent.»
Qu'il y ait eu de l'abus ou non, l'entraîneur-chef Alain Vigneault n'a qu'une seule réaction lorsque le jugement des arbitres ne favorise pas ses troupes : «Une passe par la main qui mène à un but? Oubliez ça et jouez. Trop d'hommes sur la patinoire au moment d'un but? Oubliez ça et jouez. C'est ce qu'on dit à nos joueurs.»