Le plus ancien joueur encore vivant est resté un vrai Canadien jusqu’à la fin.

Gérard « Gerry » Plamondon n’est plus

Gerry Plamondon, qui était le plus ancien joueur du Canadien de Montréal encore en vie, est décédé d’un cancer du foie samedi dans sa résidence de la rue de Montréal, à Sherbrooke, entouré de ses proches.

Joseph Gérard « Gerry » Roger Plamondon était le dernier survivant parmi l’équipe du Canadien ayant gagné la coupe Stanley en 1946. Il est né le 5 janvier 1924 à Sherbrooke.

Au total, il a joué 74 matchs dans la LNH, tous avec le Canadien, de 1945 à 1951. Il a amassé sept buts et 20 points. En 11 matchs en séries, il a ajouté cinq buts et sept points.

Le 24 mars 1949, Plamondon a enfilé trois buts dans un gain de 4-3 du Canadien à Detroit, complétant son tour du chapeau en prolongation.

Reconnu pour son sourire contagieux et sa bonne humeur communicative, Gerry Plamondon a connu des ennuis de santé au cours de la dernière année.

Des problèmes qui lui ont même fait rater son périple annuel au Centre Bell, précise Réjean Houle, le président des Anciens Canadiens de Montréal.

« Chaque année, il venait faire son tour à quelques reprises au Centre Bell, dans le Salon des Anciens, mais pas cette année. J’aimais beaucoup Gerry, c’était un gars très bien, toujours de bonne humeur. Encore tout récemment, il avait une poigne de fer! La dernière fois que je l’ai vu, c’est lors de son intronisation au Panthéon des sports de Sherbrooke l’an passé », a fait valoir M. Houle.

Gerry Plamondon a aussi possédé un magasin d’articles de sports pendant près de 44 ans, rue de Montréal, non loin de sa résidence victorienne presque deux fois centenaire.

« Mon père a été opéré avec succès pour un cancer du côlon, en janvier 2018. Il s’est très bien remis et il a remonté la pente rapidement. Cet été, il coupait du bois au chalet avec nous! Ses ennuis de santé sont réapparus vers la mi-octobre et un scan a révélé des métastases au foie. Comme il n’avait pas de douleurs, il n’a pas pris de médication et il a décidé de rester à la maison. Mon frère et moi, et toute la famille, on a respecté ça et on l’a aidé. Il est parti en douceur samedi après-midi », a dit sa fille Luce.

Un témoin du passé

Gerry Plamondon ne s’est jamais départi de sa grande passion du hockey, confirme sa fille.

Gerry Plamondon gardait de précieux souvenirs de son passage avec le Canadien de Montréal.

La semaine dernière encore, il écoutait les matchs du Canadien à la télévision.

« Le Canadien a toujours été très présent dans sa vie. Il nous demandait quand se déroulaient les matchs et il les écoutait avec nous. »

« Il nous contait tellement d’anecdotes à propos de son passage dans la LNH, avec Montréal! Il avait une mémoire phénoménale, une mémoire d’éléphant. Ma mère a conservé tous les articles de journaux le concernant, compilés dans deux gros scrap-books, et il pouvait nous dire avec précision qui était le journaliste qui l’avait écrit et quelle était l’histoire derrière. Il se souvenait de tout. Même au dernier Noël, il nous racontait des anecdotes à propos de Maurice Richard, et à quel point les gars aimaient lui faire de mauvais coups pour qu’il se fâche! Ou encore la fois où il s’était fait prendre à manger de la crème glacée avant un match par M. (Frank) Selke! On adorait ces anecdotes! C’était une grande famille, à l’époque, le Canadien », s’est remémoré Luce.

Gerry Plamondon a endossé les numéros 20 et 5 avec le Tricolore. Ami de Maurice Richard, Gerry Plamondon n’avait que de bons souvenirs de son ancien coéquipier. « C’était un gars bien tranquille, mais qui avait tout un caractère. J’ai été son co-chambreur à quelques reprises, lorsque nous allions jouer à l’extérieur et il n’était pas de tout repos. Il était de coutume de se coucher l’après-midi précédant une partie, mais moi, je n’aimais pas trop cela. Maurice me sortait alors ses gros yeux et il disait : Gerry, allez on va se coucher! J’avais intérêt à écouter! » », avait-il expliqué à La Tribune en 2008.

Gerry Plamondon a également participé à une tournée européenne, en compagnie de Richard et d’autres vedettes de la LNH, en 1969.

Outre sa carrière dans la LNH, Gerry Plamondon a connu ses plus beaux succès lorsqu’il évoluait au senior. Il a d’ailleurs remporté le championnat de la ligue en 1946. Doug Harvey,le gardien Gerry McNeil et le Drummondvillois Bob Pépin étaient alors ses coéquipiers chez les Royaux de Montréal.

Il a par la suite été le premier entraîneur de la toute première équipe junior sherbrookoise en 1966, les Braves, qui évoluaient dans la Ligue junior A du Québec.

À cette époque, les équipes juniors appartenaient aux formations de la Ligue nationale de hockey. On venait d’annoncer la première expansion dans la Ligue nationale pour 1967 et les Blues de St.Louis avaient décidé d’implanter une équipe junior dans son tout nouvel amphithéâtre sherbrookois, le Palais des sports. Les Braves n’ont toutefois pas survécu très longtemps, une demi-saison à peine. Le 3 janvier 1967, l’équipe était dissoute après avoir perdu 19 de ses 27 matchs. Gerry Plamondon a été remplacé en cours de route par un certain Scotty Bowman...

« Il est parti en douceur, sans douleur, c’est ce qu’il voulait », a dit sa fille Luce.

Gerry Plamondon laisse dans le deuil sa fille Luce, son fils Jean et ses petits-enfants Philippe et Valérie, ainsi que son frère Paul.

Une messe sera célébrée le samedi 9 février en l’église Perpétuel-Secours. 

- Avec la Presse canadienne