Selon Geoff Molson, le plan établi par son d.-g. il y a deux ans est le bon.
Selon Geoff Molson, le plan établi par son d.-g. il y a deux ans est le bon.

Geoff Molson ne nommera pas de président aux opérations hockey chez le Canadien

Geoff Molson a été très clair : il n'y aura pas de président aux opérations hockey pour faire le pont entre lui et le directeur général Marc Bergevin chez le Canadien de Montréal.

Le propriétaire, président et chef de la direction du Tricolore et du Groupe CH l'a affirmé lors d'une très généreuse téléconférence de plus de 90 minutes, mercredi.

Précisant qu'il est encore jeune et en santé, Molson a ajouté qu'il est toujours fier d'être le président et le chef de la direction de sa compagnie et qu'il n'a aucune intention d'ajouter un niveau de gouvernance à son organigramme.

«Il y a très peu d'équipes qui le font à travers la LNH et il y a beaucoup de raisons pour cela, a indiqué Molson. Marc (Bergevin) est maintenant l'un des directeurs généraux les plus respectés dans la Ligue nationale et parmi les plus expérimentés. Il va continuer de se rapporter à moi.

«Il est très bien entouré, par des gens qui ont aussi beaucoup d'expérience. La culture que nous avons établie avec Marc est de ne jamais avoir peur de questionner les décisions que nous voulons prendre», a-t-il expliqué.

Selon Molson, le plan établi par son d.-g. il y a deux ans est le bon.

«Il a été bien exécuté dans son ensemble, même si nous avons des problèmes au niveau des performances cette saison. Nous avons 14 choix au repêchage pour 2020 : qui sait ce que nous pourrons en faire? On doit prendre un pas de recul, car il est difficile de prendre une décision après une si courte période de temps. Quand nous avons accepté ce plan, nous nous sommes engagés à le mener à bon port. Nous n'avons pas encore atteint cet objectif. Mais nous avons un bon plan.»

Un secteur d'activités en transformation

L'occasion était pourtant belle d'apporter des changements au département hockey s'il avait voulu le faire, puisque la pandémie de COVID-19 et l'arrêt de toutes les activités du groupe - autant du côté hockey que du divertissement, avec evenko - a obligé l'entreprise à revoir ses méthodes de travail.

Ainsi, c'est en raison de la restructuration apportée à la compagnie que le directeur senior des relations avec les médias, Dominick Saillant, et son adjoint, François Marchand, ont perdu leur boulot la semaine dernière - comme plusieurs de leurs collègues -, et non en raison de l'impact financier de la pandémie sur les goussets de l'organisation.

«Ça fait trois mois maintenant que nous sommes fermés et je pense que notre champ d'activités le sera encore pendant plusieurs mois. Ça fera presque un an que nous n'aurons pas généré de revenus pour compenser nos dépenses, quand les activités reprendront. Nous sommes très fiers de tout ce qu'on a fait pour nos employés à date.

«Mais partout à travers le monde, des individus sont affectés par la pandémie. Concrètement, ça se traduit ici par des pertes d'emplois. C'est très triste pour nos collègues. “Dom” Saillant était excellent, comme vous le savez, dans son poste pendant plus de 23 ans. Malheureusement, nous avions des décisions difficiles à prendre.

«Depuis mon arrivée il y a 11 ans, l'industrie a beaucoup changé. Nous avons aussi beaucoup investi dans le volet divertissement de notre entreprise. (...) Quand tu connais autant de changements comme ça dans une période de sept à 11 ans, c'est simplement normal qu'il y ait des changements à la direction de la compagnie. Je suis confiant que les changements qui ont été apportés seront bons pour notre entreprise. Mais ça n'enlève rien aux qualités de ceux qui nous ont quittés», a-t-il ajouté.

D'ailleurs, rappelant que le Groupe CH est une compagnie privée, Molson n'a pas voulu confirmer les chiffres avancés au sujet du nombre d'emplois retranchés à l'organisation, pas plus qu'il n'a voulu parler en détail de ses états financiers. Il assure toutefois que l'organisation n'est pas menacée, pas plus que la masse salariale de l'équipe.

«Nous ne sommes pas les seuls, mais l'impact de la pandémie partout à travers le monde a eu son plus fort impact dans notre secteur d'activités, a commenté Molson. C'était absolument nécessaire pour nous de nous serrer la ceinture afin de passer à travers cette période de crise. Nous ne savons d'ailleurs pas quand elle se terminera. Il n'y a pas de doute que nous allons en sortir plus forts, mais au cours des mois à venir, nous avons beaucoup de travail à faire pour maintenir la stabilité au sein de l'organisation.»

Plusieurs scénarios sur la table pour 2020-21

Au plan hockey, Molson a confirmé que le Complexe sportif Bell de Brossard est maintenant prêt à accueillir les hockeyeurs pour les phases 2 et 3 de relance de la LNH. L'équipe médicale du Tricolore travaille d'ailleurs d'arrache-pied avec les autorités gouvernementales afin de démontrer qu'une quarantaine de 14 jours pour les joueurs entrant au pays ne serait pas nécessaire avec les protocoles mis en place.

«On veut que le gouvernement accepte de ne pas imposer cette quarantaine puisque nous considérons que c'est sécuritaire pour nos joueurs (de se soumettre à) des tests quotidiens. (...) On veut absolument que ce soit adapté, car on veut s'entraîner ici à Montréal», a-t-il dit en référence aux Canucks de Vancouver et aux Flames de Calgary, qui ont déjà laissé planer la possibilité de tenir leur éventuel camp aux États-Unis si cette mesure n'était pas levée ou allégée.

«Si ça nuit à nos performances, alors on va trouver d'autres solutions», a-t-il souligné.

Il est par ailleurs très confiant que la LNH pourra aller de l'avant avec son tournoi éliminatoire et que des spectateurs - 25, 30 ou 40 % de la capacité d'un amphithéâtre - pourront assister aux débuts de la prochaine saison.

«Absolument. Nous avons 41 matchs à domicile. Si on réussit à jouer toutes les séries, ça va nous mener au mois de septembre. Il y aura une période de repos avant d'entreprendre la saison 2020-21. Si on commence une nouvelle saison tard à l'automne ou tôt à l'hiver, c'est possible qu'on la commence à huis clos. C'est aussi possible qu'on soit limité à 25, 30 ou 40 % (de la capacité).

«Nous sommes à préparer tous les scénarios, a-t-il poursuivi. Pour nous, la grande condition, c'est que si nous sommes autorisés à inviter nos partisans, alors il faudra garantir leur sécurité. C'est primordial, nécessaire. On va y arriver. Je ne sais pas quand, et je serais très surpris que des salles combles soient possibles dès le premier match de la prochaine saison.»