Deux jours après avoir vu Alexander Radulov partir pour Dallas, Marc Bergevin s'est assuré de conserver les services d'Alex Galchenyuk pour les trois prochaines années.

Galchenyuk passe à la caisse

La relation entre Alex Galchenyuk et le Canadien était déjà assez complexe. Marc Bergevin et Pat Brisson se sont assurés de ne pas en rajouter une couche.
Galchenyuk a signé mercredi un contrat de trois ans, d'une valeur totale de 14,7 millions $, pour un impact de 4,9 millions $ sur la masse salariale.
Galchenyuk était joueur autonome avec compensation depuis le 1er juillet. L'équipe avait retenu ses droits en lui déposant une offre qualificative, mais devant l'impasse, un règlement en arbitrage devenait de plus en plus possible. D'ailleurs, les joueurs autonomes avec compensation avaient jusqu'à mercredi après-midi pour déposer une demande d'arbitrage salarial et Galchenyuk faisait partie de la trentaine de joueurs qui s'étaient prévalus de ce droit.
Or, comme les partisans du Canadien l'ont vu en 2014 avec P.K. Subban, ces audiences peuvent laisser des séquelles sur la relation entre un joueur et l'organisation...
Blessure coûteuse
Galchenyuk, 23 ans, a connu sa meilleure saison en 2015-2016, totalisant 30 buts et 26 aides pour 56 points. Le premier choix du Canadien (troisième au total) en 2012 était en voie de dynamiter ces sommets personnels la saison dernière, mais une blessure à un genou subie le 4 décembre a fait dérailler sa campagne. Il venait alors au 11e rang dans la LNH avec 23 points en 25 matchs.
À son retour au jeu, il a tardé à se remettre en marche, au point où il a perdu son poste de centre, en plus d'amorcer les séries éliminatoires au sein du quatrième trio. Galchenyuk a conclu la dernière saison avec 17 buts et 27 mentions d'aide pour 44 points en 61 rencontres.
Au bilan de fin de saison du Canadien, la sempiternelle question de la position de Galchenyuk (centre ou ailier?) était ramenée à l'ordre du jour. L'entraîneur-chef Claude Julien, peu enclin à l'employer au centre, a alors affirmé que le numéro 27 «n'est pas rendu là».
Dans le vestiaire, ses coéquipiers Carey Price et Shea Weber avaient tous les deux fait allusion à la vie hors-glace de leur coéquipier. «On va continuer à lui inculquer de bonnes habitudes, comment être un bon professionnel», avait alors dit Weber.
Une fois le Canadien éliminé, de nombreuses rumeurs de transaction ont fait surface à son sujet, tantôt en provenance du Minnesota, tantôt de Long Island, tantôt du New Jersey. Mais Galchenyuk fait toujours partie du Bleu-Blanc-Rouge.
Selon TVA Sports, le contrat de Galchenyuk ne comporte pas de clause de non-échange.
On a maintenant une idée plus claire du portrait salarial du Canadien. Selon Cap Friendly, l'équipe a maintenant 22 joueurs de la LNH avec des contrats en poche, pour 65,8 millions $. C'est donc dire que Marc Bergevin a encore une marge de manoeuvre de 9,2 millions $.
Les besoins demeurent les mêmes : un défenseur gaucher mobile apte à jouer une vingtaine de minutes par match, de même qu'un centre au sein des deux premiers trios. Avec l'argent disponible, il est permis de douter que Bergevin règle les deux problèmes, à moins d'une transaction majeure.
Le dossier Markov en suspens
En défense, le dossier Andrei Markov demeure en suspens. Le Russe est toujours joueur autonome, et peu de détails filtrent sur l'avancement du dossier, puisque l'homme de peu de mots n'a pas d'agent et se représente lui-même.
À 38 ans, il ne rajeunit pas, et l'unité défensive manque de patineurs fluides, ce que Markov n'est plus. Il demeure toutefois une solution plus viable que le nouveau venu David Schlemko pour jouer au sein du top 4.
À l'attaque, Jonathan Drouin et Phillip Danault sont virtuellement les deux premiers centres. Par contre, Drouin n'a toujours pas évolué de façon permanente au centre dans la LNH. La bouchée pourrait être grosse s'il pivote soudainement le premier trio. Danault a, quant à lui, causé la surprise l'an dernier en récoltant 40 points, mais on ne parle pas non plus d'un premier centre.
Galchenyuk occupait ce rôle au début de la saison 2016-2017 et offensivement, les résultats y étaient. Il a certainement les habiletés offensives pour régler le problème du Canadien. Mais il devra d'abord regagner la confiance de ses supérieurs.
Ikonen fait tourner les têtes
L'attaquant Joni Ikonen (à droite) a impressionné l'état-major du Canadien par ses prouesses et son acharnement sur la glace au camp de développement du Tricolore.
Le Canadien a connu un joli succès avec Artturi Lehkonen, un Finlandais repêché au deuxième tour, et qui s'est développé à Frolunda, en Suède, avant de traverser en Amérique du Nord. Et si l'histoire se répétait?
Nous sommes encore à des années de connaître la réponse, mais en attendant, Joni Ikonen part du bon pied. À son tout premier camp de développement avec le Tricolore, il a fait tourner les têtes.
L'athlète de 18 ans, repêché au 58e rang il y a deux semaines, s'est constamment mis en valeur par la méthode la plus simple : en étant constamment autour de la rondelle. Il a aussi fait preuve de beaux instincts offensifs et a travaillé avec l'acharnement typique des Finlandais.
«C'est un fier compétiteur», a estimé Martin Lapointe, mercredi midi. «On a vu son niveau de jeu, sa vision, il dégaine avec vitesse. Il a un bon son sens du jeu, c'est un bon patineur qui fait de bonnes passes, qui ne craint pas d'aller au filet, qui gagne ses batailles pour l'obtention de la rondelle. Il nous a démontré qu'il sera un joueur de hockey, s'il peut suivre les traces d'Artturi Lehkonen.»
Comme Ikonen poursuivra son apprentissage en Europe la saison prochaine, il ne devrait pas participer au camp d'entraînement de septembre. C'était donc sa seule chance de la saison de se faire voir en personne, devant l'état-major du CH.
«Je voulais vraiment laisser une bonne impression», a dit le timide attaquant. «C'était ma première fois ici. Je voulais montrer de quoi j'étais capable. Il y a de bons joueurs ici. Ça m'a fait du bien de voir que je pouvais jouer avec eux.»
En Suède ou en Finlande?
Reste maintenant à savoir où il jouera cette saison. En 2016-2017, il a disputé 10 matchs en Ligue élite suédoise, où il n'a pas obtenu de points. Il souhaite maintenant assumer un rôle plus important.
«Je veux jouer dans une ligue senior, et jouer un gros rôle, pas de troisième ou de quatrième trio. Je veux jouer de nombreuses minutes et faire pencher la balance», assure Ikonen.
Il lui reste une année de contrat à Frolunda, mais pourra-t-il avoir un tel impact dans un club aussi prestigieux? C'est visiblement la question qu'il se pose, et c'est pourquoi il jongle avec l'idée de rentrer à la maison et d'écouler la saison 2017-2018 en ligue finlandaise.
«J'ai vraiment aimé la Suède. J'ai tellement appris. Il faudra voir ce qui est bon pour moi. Mon but est de jouer à Montréal un jour, il faut voir comment on va y arriver.»
Chez le Canadien, le succès de Lehkonen fait en sorte que l'équipe a pleinement confiance en ses joueurs qui demeurent en Europe pour leur développement.
«Ça ne me dérange pas qu'il reste en Europe, parce qu'il joue déjà contre des adultes», explique Lapointe. «Pour son développement, ce sera super bon, comme Artturi l'a fait. Tu joues moins de matchs, donc tu as plus de temps pour t'entraîner dans le gym. Il se fait de l'excellent travail de développement en Europe.»