Max Domi, dont le père Tie a joué pendant longtemps pour les Maple Leafs de Toronto, connait personnellement Don Cherry.

Domi: Cherry «sera toujours une figure marquante»

Le coloré commentateur sportif Don Cherry ne laissait personne indifférent et cela inclut la génération actuelle de hockeyeurs professionnels.

Au lendemain de son congédiement par le réseau Sportsnet, le centre Max Domi du Canadien de Montréal semblait encore sous le choc, tandis que son coéquipier Nick Cousins a admis avoir été surpris lorsqu’il a appris la nouvelle.

«J’adore Don, depuis toujours et à jamais, a dit Domi. Il est une raison importante pourquoi plusieurs d’entre nous jouons au hockey.»

Domi et Cousins ont grandi dans la région de Toronto, mais avaient des relations différentes avec Cherry. Cousins a noté qu’il était plus fasciné par les vestons colorés et extravagants de Cherry dans sa jeunesse lorsqu’il regardait le segment Coach’s Corner les samedis soir pendant le reportage de Hockey Night in Canada. Domi avait toutefois une relation plus intime avec Cherry.

«Je le connais personnellement et il est une très bonne personne, a raconté Domi, dont le père Tie a joué pendant longtemps pour les Maple Leafs de Toronto. Son petit-fils était l’un de mes meilleurs amis quand j’étais jeune et je passais donc beaucoup de temps chez la fille de Don, Cindy.

«C’est malheureux de voir comment tout ça s’est produit. À 85 ans, il a connu toute une carrière. Il sera toujours l’une des figures marquantes de ce sport.»

Cousins n’a jamais croisé Cherry dans son parcours dans le hockey mineur et junior. Même s’il était surpris d’apprendre la nouvelle, il a rappelé que Cherry n’en était pas à sa première controverse.

Sujets sensibles

«Par le passé, on dirait que même s’il disait quelque chose de controversé, on tournait la page et il était de retour en ondes le week-end suivant, a mentionné Cousins. Il a finalement dépassé les bornes suffisamment de fois pour en subir les conséquences.

«Ce sera certainement différent de regarder Hockey Night in Canada sans sa présence.»

Au fil des ans, il est arrivé à Cherry d’émettre des propos sur les joueurs européens, les francophones et sur la politique — entre autres sujets — qui l’ont souvent placé dans l’embarras.

Il appuyait toutefois certaines initiatives pour améliorer la sécurité des joueurs sur la patinoire. Il rappelait souvent de ne pas frapper un joueur par-derrière contre la bande ou encourageait les joueurs à porter des pièces protectrices autour de leur cou et sur leurs patins.

«J’étais aussi de son côté quand il encourageait les parents à faire pratiquer plus d’un sport à leurs enfants, a ajouté Cousins. Je pense aussi que c’est important. Quand j’étais jeune, je jouais au soccer, au hockey-balle et au golf. Il y a plein de choses que vous pouvez apprendre dans ces sports et qui vont faire de vous un meilleur hockeyeur.

«Il y a toutefois beaucoup de sujets sur lesquels il dépassait les bornes.»

Comme Cherry, Claude Julien a dirigé les Bruins de Boston. L’entraîneur-chef du Canadien était toutefois déjà âgé de 20 ans quand Cherry a fait la transition vers un rôle à la télévision en 1980.

Julien a raconté avoir croisé Cherry une fois lors du match des espoirs de la Ligue canadienne de hockey, mais a tenu à vite se distancer des propos xénophobes qui ont mené au congédiement de Cherry.

«Je suis un gars qui appuie nos vétérans et les gens qui sont allés à la guerre pour nous. Je suis aussi une personne qui dit que le hockey est pour tous. Nous incluons des gens dans notre milieu et je pense que c’est la meilleure façon d’agir dans le monde d’aujourd’hui», a conclu Julien.

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BRIAN BURKE COMME REMPLAÇANT?

L’ex-dirigeant de la LNH Brian Burke est le favori pour remplacer Don Cherry à Hockey Night in Canada, selon un site de paris sportifs.

SportsBettingDime.com a publié les probabilités sur les candidats pour remplacer Cherry après que le commentateur eut été congédié par Sportsnet, lundi, pour sa sortie contre les immigrants ne portant pas suffisamment de coquelicots à son goût lors de son segment, Coach’s Corner, samedi.

Burke, qui travaille présentement comme analyste à la même chaîne, est favori à 3 contre 2 pour le remplacer samedi prochain. Sa cote pour le remplacer à temps plein la saison prochaine est de 5 contre 4.

Sportsnet n’a pas encore indiqué si elle comptait conserver le segment Coach’s Corner, qui fait partie des meubles du premier entracte sur Hockey Night in Canada.

Les commentateurs de Sportsnet Kelly Hrudey, Colby Armstrong et Craig Simpson sont aussi parmi les favoris pour remplacer Cherry.

Le site offre aussi les probabilités sur la prochaine étape de la carrière de Cherry. Travailler pour un autre média est présentement l’option favorite. Les plus audacieux pourraient parier sur son arrivée au Nouveau Parti démocratique, qui offre une cote de 2000 pour 1.

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LEGAULT ET CODERRE SE RÉJOUISSENT DU DÉPART DE DON CHERRY

Le premier ministre du Québec François Legault et l’ex-maire de Montréal Denis Coderre se réjouissent du congédiement du commentateur Don Cherry.

«Je suis très content du départ de Don Cherry, a laissé tomber le premier ministre Legault au cours d’une mêlée de presse, à Québec. On se souviendra que c’est le même gars qui a dit que les francophones au hockey étaient des peureux, car les joueurs portant des visières étaient plus souvent des francophones. Je n’ai jamais digéré ça.

«Maintenant, il quitte pour une autre raison, mais j’en suis très content. Ce n’est pas plus acceptable ce qu’il a dit sur les immigrants, mais après toutes les “niaiseries” qu’il a dites sur les joueurs francophones, je suis très content.»

«Il était temps! De toujours stéréotyper, de mettre un contre l’autre, de dire que les nouveaux arrivants n’ont pas la même solidarité ou générosité par rapport au jour du Souvenir quand on sait pertinemment que plusieurs membres des communautés ont contribué à l’effort de guerre. C’est la goutte qui a fait déborder le vase», a pour sa part indiqué en entrevue à La Presse canadienne M. Coderre.

«Ça fait bien longtemps qu’il aurait dû partir, a-t-il poursuivi. [...] Regarde ce qu’il a dit au sujet des femmes journalistes, contre les Québécois et les Canadiens français, contre [Jean-Luc] Brassard [aux Jeux de Nagano]. C’était le jour du Souvenir [lundi] : c’est le même gars qui a dit qu’il devait y avoir de bons gars chez les nazis!»