Au lendemain de sa défaite face aux Sharks, le Canadien a travaillé énormément sur son désavantage numérique lors de l'entrainement.

Des problèmes alarmants à corriger pour le Canadien

BROSSARD — Claude Julien avait promis de mettre l’accent sur le désavantage numérique à l’entraînement, vendredi midi, et l’entraîneur-chef du Canadien de Montréal est passé de la parole aux actes.

Les 11 joueurs évoluant en infériorité numérique ont passé 17 minutes à faire des exercices sur la patinoire du Complexe sportif Bell. Ce gros quart d’heure dépasse probablement le temps total consacré à cet aspect du jeu depuis le début du camp entre les jours de match.

Il faut dire que les problèmes du Tricolore en infériorité numérique sont alarmants. En 10 parties cette saison, l’équipe a déjà accordé 11 buts en 34 occasions.

«Nous devons travailler un peu mieux ensemble dans notre zone et en échec-avant aussi, a noté le centre Phillip Danault. Ce sont des petits détails qui vont faire que nous sommes meilleurs. C’est la première fois que nous passons autant de temps sur le désavantage numérique. Il faut simplement que chacun fasse son travail.»

Ce qui est particulièrement frustrant pour Julien, c’est que ce sont les mêmes joueurs que l’hiver dernier qui sont employés en infériorité numérique, outre Ben Chiarot qui a remplacé Jordie Benn, ainsi que Nick Suzuki et Cale Fleury qui sont parfois utilisés.

Et ce groupe a brillé dans cet aspect du jeu la saison dernière, particulièrement à compter du 1er janvier, quand il a affiché une efficacité de 85,8 % lors des 42 dernières rencontres pour présenter la troisième meilleure unité du circuit pendant cette période. Il avait alors accordé seulement 16 buts en 113 occasions.

C’est peut-être pour cette raison que Julien et ses adjoints ont tenté de renforcer le même message à l’entraînement.

«Non, il n’y avait pas de nouvelles idées, c’est toujours la même chose. C’est une question d’erreurs que nous faisons dans l’exécution du système, a expliqué le défenseur Jeff Petry. Nous savons que lorsque nous exécutons bien nos tâches, ça fonctionne. C’est quand nous nous éloignons des concepts, quand nous ne sommes pas en bonne position, que nous accordons des buts.»

Contrer la passe transversale demeure un défi pour le Canadien cette saison. Les buts ont été nombreux sur des tirs sur réception après une telle passe, quand les occasions du gardien de réussir l’arrêt sont assez minces, surtout quand on considère la qualité des joueurs qui se retrouvent dans cette position à travers la LNH.

Communication

«Nous devons mieux communiquer quand le joueur a la rondelle le long de la rampe près du cercle des mises au jeu et qu’il a un coéquipier dans l’enclave, a mentionné Petry. Nous devons anticiper s’il va tenter de lui faire la passe pour un tir sur réception ou une déviation vers le filet. Et s’il bouge vers la ligne des buts avec la rondelle, l’attaquant doit céder la couverture au défenseur et remonter pour s’assurer que la ligne pour la passe transversale n’est pas ouverte.»

Danault a indiqué que parfois l’attaquant responsable de couvrir cette ligne de passe n’avait simplement pas placé son bâton du bon côté.

«Parfois, ça ne prend qu’une hésitation d’une demi-seconde pour que l’unité d’avantage numérique en profite», a indiqué l’attaquant Brendan Gallagher.

Le Canadien aura l’occasion de mettre à l’épreuve les leçons du jour face aux Maple Leafs de Toronto, samedi. Avant d’affronter les Sharks de San Jose, vendredi soir, les Leafs affichaient une efficacité de 25 pour cent en avantage numérique cette saison.

«La saison dernière, notre avantage numérique nous a coulés, nous a coûté des matchs ou du rythme dans des matchs, a rappelé Petry. Là, c’est le désavantage numérique.

«Ils ont cinq joueurs sur la patinoire et nous en avons quatre, ils vont marquer des buts. Mais 11 buts en 10 matchs, c’est certainement quelque chose que nous devons corriger», a conclu Petry.

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INFÉRIORITÉ NUMÉRIQUE: JULIEN PASSE SON MESSAGE

BROSSARD — Il est rare qu’un entraîneur-chef se mêle des tâches de ses adjoints, mais il doit parfois intervenir quand ça va mal. C’est ce que Claude Julien a fait, vendredi, alors que l’unité d’infériorité numérique se retrouve au cœur d’une longue traversée du désert.

Julien a été très impliqué lors de l’entraînement de sa troupe, qui a passé un quart d’heure à peaufiner son jeu en désavantage numérique. Il a toutefois tenu à rappeler que son intervention n’était pas un désaveu à l’endroit de son adjoint Luke Richardson, qui est responsable des défenseurs et de l’infériorité numérique chez le Canadien. «Aujourd’hui dans le monde du sport, les équipes comptent sur plusieurs entraîneurs, a mentionné Julien. Quand vous travaillez avec d’autres entraîneurs, c’est parce que vous leur faites confiance et vous devez les laisser faire leur travail.

«L’entraîneur responsable du désavantage numérique est le même que la saison dernière, quand nous avons eu du succès. Et nous avons le même entraîneur à la tête de l’avantage numérique que l’hiver dernier. Il va y avoir des hauts et de bas et il faut parfois intervenir. Quand je le fais, mon message est peut-être un peu plus agressif. Ce n’est pas à mon adjoint d’agir comme ça, c’est mon travail. Et quand j’interviens, ça n’a rien à voir avec le travail de l’adjoint, mais plutôt avec l’attention des joueurs.»

Julien a aussi réuni les joueurs au centre de la patinoire du Complexe sportif Bell au terme des exercices en infériorité numérique et a livré un discours d’environ cinq minutes.

«Il était temps de se concentrer sur cet aspect du jeu, a reconnu le défenseur Jeff Petry. [Julien] n’est pas celui qui dirige les séances vidéo sur l’infériorité numérique le matin des matchs, c’est habituellement son adjoint [Richardson]. Il voulait passer un message et c’était à nous de l’écouter.»

Julien a commencé à ressentir l’urgence de la situation. Après la défaite de 4-2 face aux Sharks de San Jose jeudi, quand Evander Kane a marqué deux fois en avantage numérique, Julien avait les émotions à fleur de peau en discutant du jeu en désavantage numérique.

Questionné vendredi sur les choses qu’il aime de son équipe et ses inquiétudes, à part le désavantage numérique, après 10 matchs, Julien a semblé agacé.

«Je ne m’assois pas dans mon bureau pour réfléchir à ce que j’ai aimé ou pas aimé pendant 10 matchs, a-t-il répondu. Ce que je n’aime pas, c’est l’infériorité numérique. À cinq contre cinq, nous marquons plus de buts que nous en accordons. Et je n’aime pas que nous ayons seulement une fiche de ,500 (4-4-2).» La Presse canadienne