Paul Byron s'est mérité le trophée Jacques-Beauchamp-Molson, remis au joueur s'étant le plus illustré sans retirer d'honneur particulier.

Des honneurs pour Byron et Gallagher

Paul Byron passe de moins en moins inaperçu dans la Ligue nationale de hockey, ce qui ne l’empêche pas d’accumuler les mentions visant à récompenser sa contribution parfois effacée avec le Canadien de Montréal.

Pour la deuxième fois en trois saisons, Byron a été choisi mardi à titre de lauréat du trophée Jacques-Beauchamp-Molson.

Par ailleurs, l’ailier Brendan Gallagher a remporté la Coupe Molson, qui honore le joueur de l’équipe ayant amassé le plus de points au classement des trois étoiles.

Byron a été élu lors d’un scrutin auprès des médias affectés à la couverture de l’équipe. Il a obtenu un total de 75 points et a devancé Nicolas Deslauriers (68 points) et Antti Niemi (62 points).

Créé en 1981 en l’honneur d’un ancien grand journaliste, le trophée Jacques-Beauchamp-Molson est remis au joueur ayant eu un rôle déterminant au sein de l’équipe pendant la saison régulière, sans toutefois en retirer d’honneur particulier. Phillip Danault avait reçu cet honneur la saison dernière. Byron l’avait précédé en 2015-2016.

À sa troisième saison complète avec le Canadien, Byron avait inscrit 19 buts et 15 aides en 78 matchs avant la rencontre entre le Tricolore et les Jets de Winnipeg, mardi soir. Originaire d’Ottawa, Byron a réussi son premier tour du chapeau en carrière le 2 décembre contre les Red Wings de Detroit.

«C’est un honneur, c’est sûr! C’est toujours une agréable sensation de recevoir une reconnaissance du genre. Il y a encore beaucoup de travail à faire, et j’espère que l’année prochaine sera meilleure et que nous allons participer aux séries éliminatoires», a déclaré Byron, en français.

Candidat du Canadien au trophée Bill-Masterton l’an dernier pour sa persévérance, Byron a l’impression de faire mentir tous ceux qui doutent de ses capacités. Il l’admet : il en retire une certaine satisfaction.

«Quand je suis arrivé ici, il n’y avait pas beaucoup de gens qui savaient quel genre de joueur j’étais. Beaucoup m’ont dit que je n’étais qu’un joueur de quatrième trio, un plombier. Je sais que je vaux plus que ça. Je suis capable de jouer sur n’importe quel trio. J’aime beaucoup mes années ici à Montréal et j’espère que la prochaine année sera aussi bonne que les deux dernières.»

Trophée rebaptisé!

Pour sa part, Gallagher a mis la main sur la Coupe Molson pour la première fois de sa carrière.

L’attaquant de 25 ans s’est adjugé la Coupe Molson grâce à 15 sélections parmi les trois étoiles d’un match. Il a accumulé 30 points au classement de la Coupe Molson. Il a devancé Jonathan Drouin (20) et Niemi (18).

Brendan Gallagher, lauréat de la Coupe Molson, a atteint cette saison le plateau des 30 buts pour la première fois de sa carrière.

Quand les journalistes ont voulu savoir ce que cet honneur représentait, il l’a d’abord identifié sous un autre nom.

«Le trophée Carey Price! a lancé l’athlète originaire d’Edmonton, en faisant référence au fait que le gardien du Canadien avait mérité cet honneur sept fois lors des neuf dernières saisons avant 2017-2018.

«C’est bien, c’est un bel honneur et je vais apprécier le moment. Mais dès que ce sera terminé, je vais probablement oublier le tout assez vite», a avoué le combatif ailier droit du Tricolore, qui n’a jamais été trop porté sur les récompenses et statistiques individuelles.

Avant d’affronter les Jets, il affichait 30 buts et 21 aides au compteur, deux sommets personnels. Il a participé à tous les matchs du Tricolore jusqu’ici cette saison après deux campagnes abrégées par deux blessures à la main gauche.

«J’essaie toujours d’être constant match après match, et ce n’était pas différent cette saison. Je fais tout en mon possible pour contribuer, et j’ai été chanceux cette année car plusieurs rondelles ont pénétré dans le filet. Et je sais que les choses peuvent aller dans une autre direction.»

Claude Julien a eu de bons mots pour Byron et Gallagher.

«Ce sont deux joueurs qui ne sont pas à 100 % mais par leur volonté, par leur désir, ils veulent faire partie de la solution. Ce ne sont pas des joueurs qui se sont cachés parce que les choses n’allaient pas bien. Au contraire. Ils se sont montrés de bons leaders et ils méritent certainement de tels honneurs.»

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DES ÉLOGES POUR LES JUMEAUX SEDIN

Les frères Daniel et Henrik Sedin, qui ont annoncé leur retraite lundi, comptent plusieurs admirateurs dans le vestiaire du Canadien.

Malgré les quelque 5000 kilomètres qui séparent Vancouver de Montréal, l’annonce de la retraite de Henrik et Daniel Sedin a beaucoup fait réagir dans le vestiaire du Canadien, mardi matin. Ça s’explique par deux raisons : la filière britanno-colombienne qui s’est créée chez le Tricolore au fil du temps et l’entraîneur-chef de la formation montréalaise.

Ils sont cinq chez le Canadien à avoir vu le jour en Colombie--Britannique. Il y a Carey Price et Shea Weber, les deux plus réputés, mais il y a aussi Noah Juulsen, qui n’avait que deux ans quand Vancouver a réclamé les frères jumeaux, le 26 juin 1999. Bien que son idole était Kevin Bieksa, un défenseur comme lui, il a fait comme la grande majorité des partisans des Canucks et a admiré les deux Suédois pendant ses jeunes années.

«J’ai grandi à Vancouver et je les ai regardés jouer pendant toute mon enfance», a souligné Juulsen. «Ils étaient les vedettes de l’équipe. Ils jouaient toujours bien, ils étaient des leaders et ils ont toujours donné l’exemple aux jeunes enfants de la grande région de Vancouver qui regardaient les Canucks. Ce sont deux joueurs phénoménaux. C’est cool de les voir quitter comme ça, ensemble. J’imagine que pour eux, le temps est venu de tourner la page et passer à autre chose.»

Originaire d’Edmonton, mais ayant effectué son stage junior avec les Giants de Vancouver entre 2008 et 2012, Brendan Gallagher a rendu hommage aux deux joueurs de hockey, mais aussi aux deux hommes. «Quand on pense à eux et à ce qu’ils ont accompli sur la patinoire — ce qui est incroyable — on se dit qu’ils seront probablement intronisés au Temple de la renommée. Mais je pense aussi à l’impact qu’ils ont eu dans leur communauté.

«J’ai eu la chance de vivre à Vancouver et d’entendre parler de toutes les bonnes choses qu’ils ont faites, mais que peu de gens savent. C’est vraiment spécial. Ce sont deux individus de grande classe, qui ont apporté beaucoup à cette organisation et desquels les jeunes ont pu apprendre.»

La finale de 2011

Lorsque Juulsen pense aux Sedin et aux Canucks, l’équipe de son enfance, il ne peut oublier le printemps de 2011, lorsqu’ils ont failli ramener la Coupe Stanley au Canada pour la première fois depuis 1993. Sept ans plus tard, la disette canadienne se poursuit. Et les Sedin n’ont jamais eu une autre opportunité de boire dans le célèbre trophée.

«Ils sont passés si près», s’est rappelé Juulsen. «Ç’aurait été extraordinaire pour eux de pouvoir quitter avec une Coupe Stanley. Ils ont fait tout ce qu’ils ont pu et se sont comportés comme de véritables professionnels.»

Au lieu d’assister à une célébration de ses préférés, Juulsen a plutôt vu Claude Julien soulever le trophée à titre d’entraîneur-chef des Bruins de Boston. «Ce sont deux grands joueurs», a noté l’entraîneur-chef du Canadien. «Ils ont beaucoup de classe. Ce sont des joueurs qui ont toujours donné un bon exemple à leurs équipes.

«Pour avoir parlé à des entraîneurs qui les ont dirigés et des joueurs qui ont évolué avec eux, je sais que leur éthique de travail, même hors glace, était contagieuse. Lorsqu’on jouait contre les Canucks et qu’ils étaient leurs deux meilleurs joueurs, on regardait les vidéos et on trouvait incroyable de voir la facilité avec laquelle ils pouvaient se repérer sur la patinoire. Il y avait tellement de chimie entre eux.»

Julien croyait les Suédois de 37 ans encore capables de tenir leur bout. «C’est dommage, car personnellement, je crois qu’ils avaient encore du bon hockey en eux pour continuer à jouer. Je respecte leur position et leur décision. Ils ont été de grands joueurs pour la Ligue nationale.»