L'entraîneur-chef Claude Julien a «vu beaucoup de nervosité et un petit manque de confiance» chez les joueurs du Canadien, samedi. Le Tricolore a maintenant perdu sept de ses huit dernières rencontres.

Débuts perdants pour Julien

Malgré la défaite de 3-1 contre les Jets de Winnipeg, Claude Julien était capable de retenir un peu de positif du premier match de son deuxième règne à la barre du Canadien, samedi après-midi.
Julien a louangé le gardien Carey Price (30 arrêts), qui avait son aplomb des beaux jours. Pour ce qui est du reste, l'entraîneur a commencé à faire sa liste d'épicerie.
«J'ai vu beaucoup de nervosité et un petit manque de confiance», a analysé Julien. «Ce n'est pas le système, c'est la confiance. Nous allons devoir trouver notre confiance dans les prochains jours. Nous devons être meilleurs sans la rondelle pour pouvoir passer plus de temps avec la rondelle.»
Le Canadien a maintenant perdu sept de ses huit dernières rencontres. «On va retrouver la voie de la victoire, j'en suis convaincu», a assuré Julien, qui dirigeait un premier match du Canadien depuis le 11 janvier 2006.
Il a reçu un accueil chaleureux des partisans quand on l'a montré à l'écran géant pendant un arrêt de jeu en début de match. Les spectateurs se sont montrés un peu plus hostiles en fin de match, huant leurs favoris. «Je ne dirai pas que ce fut une belle expérience parce que nous n'avons pas gagné», a souligné Julien.
Pas idéal
Avec les défaites du Canadien et des Capitals de Washington samedi, les équipes qui reviennent de leur semaine de relâche et qui affrontent des équipes qui ne sont pas en relâche présentent une fiche de 2-9-3 cette saison. Chez le Canadien, le défi était double, puisque Julien ne pouvait pas trop nuancer le jeu de son équipe avec un seul entraînement derrière la cravate.
«C'est une situation unique, avec un entraînement, une seule journée avec ton équipe et un match tout de suite. Ce n'était peut-être pas idéal, mais on n'avait pas le choix. Je m'attendais à ce que les joueurs réagissent. Dans leurs âmes, ils ont réagi, mais quand le synchronisme n'est pas là, tu ne parais pas bien.»
Julien a tout de même apprécié l'application de certains nouveaux enseignements. «Nous avons généré plusieurs surnombres en deuxième période et je pense que les joueurs commençaient à comprendre ce que nous voulons faire. La défaite fait mal, mais j'ai vu du positif. J'ai aussi vu d'autres choses à réparer ou à améliorer.»
Bévue de Beaulieu
Les Jets, qui avaient perdu cinq de leurs six matchs précédents, ont donné bien du mal aux joueurs en rouge en début de match, au point de conclure la première période avec un avantage de 15-6 au tableau des tirs. Andrei Markov (4e) a tout de même permis au CH de retourner au vestiaire avec une avance de 1-0.
Il a finalement fallu une bévue de Nathan Beaulieu en zone neutre pour permettre aux visiteurs de répliquer en infériorité numérique à 4:52 du deuxième engagement. Joel Armia a profité du revirement pour s'échapper et il a déjoué Price d'une belle feinte vers sa droite.
La troisième période n'a pas mieux commencé pour le CH, alors que Mathieu Perreault a profité d'une montée inspirée de Dustin Byfuglien pour placer les Jets en avant 2-1 après 1:16 de jeu. Le CH a bien tenté d'ouvrir la machine par la suite, mais Connor Hellebuyck (19 arrêts) a fermé la porte. Patrik Laine a confirmé le résultat en marquant dans un filet désert avec 1:17 à écouler au cadran.
Si les performances de Price n'étaient pas à la hauteur de sa réputation depuis un certain temps, le gardien de 29 ans a admis que le congé lui a été bénéfique. «Je me sens mieux physiquement, moins surmené», a-t-il admis.
Générosité passagère
Nikita Nesterov bataille avec Joel Armia. L'attaquant des Jets a fait mal au Canadien en marquant un but en désavantage numérique en deuxième période.
À son premier match de sa «deuxième vie» avec le Canadien, Claude Julien s'est s'assuré de ménager la susceptibilité de chacun, même qu'il en a donné plus que ce que le client demande.
En première période, Alex Galchenyuk s'est fait servir une tasse de café par l'excellent Patrik Laine, mais Carey Price veillait au grain et a bloqué le dangereux tir de Laine. Julien a profité de la pause publicitaire qui suivait pour renvoyer Galchenyuk dans la mêlée. Le numéro 27 a répondu en préparant le but d'Andrei Markov.
Le scénario a bien failli se reproduire en deuxième période, quand Nathan Beaulieu a eu l'air fou en tombant en zone neutre pendant un avantage numérique, ce qui a mené au but de Joel Armia en échappée. Le défenseur était tout de même de retour à son poste à la supériorité numérique suivante, et aurait même marqué si le gardien Connor Hellebuyck n'avait pas brillé.
Galchenyuk ordinaire
«Tu peux t'attendre à ça de moi, mais d'un autre côté, je ne serai pas toujours généreux», a prévenu Julien après la rencontre. «Tu dois aussi mériter ta chance. Les erreurs font partie du jeu. Mais avec des joueurs plus jeunes, tu dois faire preuve de patience. Avec le plafond salarial, tu auras des joueurs plus jeunes dans ta formation et si tu veux qu'ils s'améliorent, tu dois vivre avec ces erreurs.»
Mis à part quelques séquences en début de rencontre, dont celle où Markov a marqué, Galchenyuk n'a pas connu un grand match, loin de là, si bien qu'il a fini la soirée avec un seul tir et un taux de succès de 22 % aux mises en jeu. En troisième période, l'intrigant joueur de centre a même été rétrogradé au sein du troisième trio et remplacé par Phillip Danault dans la première unité. Mais encore là, Julien a ménagé sa susceptibilité.
«On savait que Phillip avait joué et connu du succès avec les deux autres joueurs. Galchenyuk avait de bons joueurs qui l'entouraient au sein de l'autre trio. Ça nous donnait plus d'éléments offensifs sur les deux trios», a justifié l'entraîneur-chef.
«Nous passions trop de temps dans notre zone», a admis Max Pacioretty. «C'est frustrant. L'équipe compte sur nous pour générer de l'attaque, nous donner du rythme.»
NOTES : Andrei Markov a disputé son 968e match dans l'uniforme du Canadien, ce qui lui a permis de rejoindre Yvan Cournoyer au septième rang dans l'histoire de l'équipe... Le Canadien disputera son prochain match mardi, quand il rendra visite aux Rangers de New York. D'ici là, le Tricolore participera à son traditionnel entraînement public, dimanche à 11h.  La Presse
Les Penguins en exemple
Les équipes de la LNH ayant procédé à un changement d'entraîneur pendant la saison actuelle ont connu rapidement du succès. Après la défaite de 3-1 du Canadien contre les Jets, Claude Julien avait toutefois un exemple différent en tête. «Regardez les Penguins de Pittsburgh la saison dernière, ils en ont arraché avec leur nouvel entraîneur au début pendant qu'il effectuait des ajustements», a-t-il raconté en revenant sur la transition de Mike Johnston à Mike Sullivan, qui a finalement guidé les Penguins vers la victoire en finale de la Coupe Stanley. «J'aimerais faire la même chose et j'aimerais bien sûr obtenir le même résultat. Il y a certainement de l'espoir. Nous sommes une bien meilleure équipe que ce que nous avons vu aujourd'hui. Et nous allons être meilleurs.»
Ce qu'ils ont dit...
«Le message de Claude Julien est précis et positif. On sait qu'on doit être meilleurs que ça. Mais ce sera un processus.»
- Carey Price
«Le système de jeu n'a pas changé beaucoup pour le moment, nous commençons à peine avec Claude Julien. Mais ce n'est pas une excuse. Nous étions tout simplement à plat.»
- Jeff Petry
«Nous devons travailler fort et conserver un état d'esprit optimiste. Nous devons être meilleurs que ça.»
-Andrei Markov