Claude Julien, derrière Joé Juneau, discute avec Sheldon Souray le 3 avril 2004. L'entraîneur-chef a été à la barre du Canadien une première fois de janvier 2003 à janvier 2006.

Claude Julien en sept temps

Congédié par les Bruins le 7 février après avoir raté les séries au cours des deux dernières campagnes, Claude Julien n'a été qu'une semaine sans emploi. Mardi, il est devenu le cinquième entraîneur-chef à diriger pour une deuxième fois le Canadien, après Édouard «Newsy» Lalonde, Claude Ruel, Bob Gainey et Michel Therrien. Voici son parcours en sept étapes.
Grand voyageur
Claude Julien a joué dans la LNH, mais très peu. Obtenu des Blues de St. Louis par les Nordiques en 1983 en compagnie de Gord Donnely comme compensation pour la signature de Jacques Demers comme entraîneur-chef - il était alors coach de l'Express de Fredericton dans la Ligue américaine -, il n'a disputé que 14 rencontres avec Québec, réparties entre les saisons 1984-1985 et 1985-1986. Après, il s'est promené dans la LAH à Fredericton, Baltimore, Halifax et Moncton, en plus de disputer une partie de la saison 1986-1987 avec les Français volants de Paris, de la Ligue nationale 1A.
Succès instantanés
Après avoir accroché ses patins après la saison 1991-1992, Julien se tourne vers le rôle d'entraîneur, dans lequel il connaît un succès immédiat. À sa seule saison dans la LHJMQ, en 1996-1997, il mène les Olympiques de Hull à la conquête du championnat de la saison régulière, de la Coupe du président, ainsi que de la Coupe Memorial, disputée devant leurs partisans.
De retour dans la LAH
En 2000, les Oilers d'Edmonton lui tendent la main et l'embauchent pour devenir entraîneur-chef des Bulldogs de Hamilton, leur club-école dans la Ligue américaine. Il connaîtra sa meilleure campagne la saison suivante en menant l'équipe jusqu'en demi-finale. La saison suivante, alors que l'équipe sert aussi de club-école au Tricolore, Julien mène les siens à une récolte de 33 victoires en 45 rencontres. Il ne terminera toutefois pas la saison, mais remportera le trophée A.-R.-Pieri, remis à l'entraîneur de l'année dans la Ligue américaine.
Premier arrêt à Montréal
Le 17 janvier 2003, à la suite d'un revers de 4-1 à Philadelphie, Michel Therrien est congédié par le directeur général André Savard et remplacé par Claude Julien. Le Tricolore ratera les séries cette saison-là, mais Julien mènera l'équipe jusqu'au deuxième tour éliminatoire en 2003-2004. Ce premier passage à Montréal prendra fin abruptement après 41 matchs en 2005-2006. Sa fiche de 19-6-6 est jugée insuffisante par le dg Bob Gainey, qui le remplace pour le reste du calendrier, menant l'équipe aux séries.
Détour au New Jersey
Claude Julien ne reste pas sans emploi très longtemps. Dès la saison suivante, il se retrouve à la barre des Devils du New Jersey. Malgré une fiche de 47-24-8, il est limogé avec trois matchs à faire dans des circonstances nébuleuses par Lou Lamoriello. Ses méthodes de travail ne seraient pas prisées par certains vétérans de l'équipe, dont Martin Brodeur.
Dix ans à Boston
Le purgatoire de Julien ne dure pas. Les Bruins l'embauchent au cours de l'été pour devenir leur entraîneur-chef. L'association durera près de 10 saisons, au cours desquelles Julien remportera la Coupe Stanley en 2011, en plus d'atteindre la finale en 2013. Il sera également récipiendaire du trophée Jack-Adams, remis à l'entraîneur par excellence du circuit, en 2009. Il a compilé une fiche de 419-246-94 à la barre des Bruins, dont il est le détenteur du record pour le nombre de victoires comme entraîneur-chef.
Hockey international
Sur la scène internationale, Julien a remporté une médaille de bronze au Championnat mondial junior de 2000 à la barre de l'équipe canadienne. Il a également été l'adjoint de Mark Habscheid au Mondial de 2006, où le Canada a terminé quatrième. Il a connu son plus haut fait d'armes en compagnie de Mike Babcock, alors qu'il a aidé le Canada à défendre avec succès sa médaille d'or aux Jeux olympiques de Sotchi, en 2014. Babcock a encore fait appel à Julien pour le seconder lors de la Coupe du monde 2016, où le Canada a remporté les grands honneurs une nouvelle fois.