Le directeur général Marc Bergevin et le propriétaire du Canadien, Geoff Molson, ont répondu de la même façon aux questions des journalistes, lors du tournoi de golf de l'équipe, lundi, à Laval.

Canadien: le «nom» sur toutes les lèvres

On ne sait pas s'il est un attaquant ou un défenseur. Parle-t-il français? On l'ignore. Est-il bon dans le vestiaire? Qui sait? Est-il bon sans la rondelle? C'est à souhaiter.
Tout ce que l'on connaît à son sujet, c'est son salaire, qui peut monter jusqu'à 8 millions $. Et pourtant, il a été l'un des sujets de conversation les plus populaires au tournoi de golf du Canadien, lundi, à Laval.
Ce «joueur» n'existe pas à proprement parler. C'est plutôt la marge de manoeuvre de quelque 8,4 millions $ dont Marc Bergevin dispose, à deux jours de l'ouverture du camp d'entraînement.
Dans une organisation qui dépense toujours chaque sesterce permis sous le plafond salarial, il est en effet inhabituel de voir Bergevin jouir d'une telle marge de manoeuvre à l'amorce d'une saison. D'où les questions, auxquelles Bergevin et le propriétaire de l'équipe, Geoff Molson, ont répondu de la même façon.
«C'est bien d'avoir cette liberté, mais en ce moment, il n'y a pas de joueurs disponibles. Je ne vais pas dépenser juste pour dépenser», a dit Bergevin.
«Je ne pense pas que Marc va dépenser juste pour dépenser, mais si quelque chose se présente et qu'il pense que ça va améliorer l'équipe, il a la flexibilité de le faire», a ajouté Molson.
Scénario 1
Le scénario qui saute aux yeux serait d'utiliser cette somme pour obtenir un joueur d'impact en dernière année de contrat, qu'une équipe échangerait pour éviter de le perdre pour rien en juillet prochain. Le nom de John Tavares est souvent évoqué dans ce genre de discussion, tant et si bien que Molson l'a même nommé en répondant à une question - dans laquelle Tavares était mentionné, faut-il préciser. «Je parle à Marc tous les jours, et on parle de toutes les opportunités, a expliqué Molson. C'est lui qui prendra la décision au bout du compte, mais quand il la prend, je suis déjà au courant. On parle de tous les joueurs vedettes, incluant Tavares, parce que ça représente une opportunité.»
(Pour des raisons de maraudage, il est plutôt rare d'entendre un dirigeant d'équipe parler spécifiquement d'un joueur qui détient un contrat avec une autre équipe.)
Outre Tavares, les attaquants Mikko Koivu, Paul Stastny et Bryan Little entrent aussi dans cette catégorie de joueurs.
Scénario 2
L'autre possibilité, c'est celle tentée par les Hurricanes de la Caroline : acquérir un mauvais contrat ET un jeune joueur capable d'occuper un rôle important dans l'immédiat.
L'été dernier, les Hurricanes avaient donc obtenu des Blackhawks le jeune Teuvo Teravainen, qui leur a fourni 42 points la saison dernière. Le prix pour l'obtenir : deux choix de repêchage (2e et 3e tours), mais surtout, accepter le lourd contrat de l'attaquant Bryan Bickell.
«Oui, c'est une possibilité, a reconnu Bergevin, au sujet de ce type de transaction. Si tu peux ajouter des atouts en acceptant un gros contrat, nous y penserons.»
À vue de nez, le gardien des Stars Kari Lehtonen est le candidat idéal pour ce type de transaction. Son contrat compte pour 5,9 millions $ sous le plafond salarial et vient à échéance en 2018, et avec l'arrivée de Ben Bishop à Dallas, le Finlandais sera condamné au rôle d'auxiliaire grassement payé. De plus, les Stars dépassent actuellement la limite de 75 millions $, selon les chiffres du site spécialisé Cap Friendly.
Reste toutefois à voir si les Stars ont des atouts pouvant plaire au CH, et si Bergevin est disposé à chambarder l'entourage de Carey Price.
«Nous nous sommes améliorés», dit Bergevin
«C'est certain que nous avons eu beaucoup de changements à la défensive, mais je crois sincèrement qu'à cette position, nous nous sommes améliorés», a affirmé Marc Bergevin à la toute première question qui lui a été posée, et de nouveau à mi-chemin de son point de presse.«Je trouve que nous avons amené des joueurs qui ont un peu plus d'expérience, et qui bougent la rondelle encore mieux», a-t-il ajouté, en prenant la peine de dire qu'il ne voulait rien enlever à ceux qui sont partis.
Après les examens médicaux prévus jeudi, Claude Julien se mettra donc à la tâche afin de meubler le flanc gauche de sa brigade défensive. Et il aura l'embarras du choix. «Pendant le camp d'entraînement, Claude va tenter des expériences, a observé Bergevin. On a amené Schlemko, on a Karl Alzner, il y a Jordie Benn qui revient. On a Joe Morrow, on a Brandon Davidson et il y a aussi Mark Streit. Il y aura beaucoup de compétition à l'interne, et je sens que c'est un beau problème à avoir.»  La Presse canadienne