Le 1er janvier 2016, Paul Byron avait inscrit deux buts contre les Bruins, lors de la Classique hivernale.

Byron, l'Ottavien qui n'a jamais supporté les Sénateurs

OTTAWA — S’il voulait se faire des amis, Paul Byron dirait à quel point il a admiré les Sénateurs d’Ottawa pendant son enfance et rêvé de porter leur uniforme. Mais ce serait mentir...

Même s’il a vu le jour et grandi avec ses parents et ses deux frères dans le secteur ouest d’Ottawa, le petit attaquant du Canadien avoue qu’il n’a jamais été un partisan de l’équipe de sa ville natale. En fait, malgré la présence du Centre Canadian Tire — le Centre Corel à l’époque — non loin de la demeure familiale, l’équipe qu’il encourageait et le joueur qu’il applaudissait pendant les années 90 évoluaient à quelque 4000 km de chez lui.

«Les Sénateurs n’étaient pas très bons à l’époque, et c’était difficile de les encourager. Et je n’étais pas un fan d’Alexei Yashin ou de Radek Bonk. Les Mighty Ducks d’Anaheim étaient mon club préféré et le joueur que j’aimais le plus était Paul Kariya», a confié Byron lors d’une entrevue avec La Presse canadienne, il y a quelques jours, en prévision de la Classique LNH100 entre le Canadien et les Sénateurs, samedi, à la Place TD, Byron.

Quand on sait quel genre de joueur a été Kariya, il est facile de voir les affinités avec Byron. «Il était petit, rapide, talentueux et je voulais devenir aussi bon que lui. À mes yeux, il avait un talent spécial et il a longtemps transporté cette organisation sur ses épaules. Si j’avais pu le rencontrer, je lui aurais dit qu’il est celui qui m’a montré qu’un joueur de sa taille pouvait rivaliser avec les Derian Hatcher de ce monde. Il m’a donné espoir.»

À force de vouloir suivre les traces de Kariya, Byron est parvenu à se frayer un chemin jusqu’à la LNH. Et si ses racines familiales seront toujours bien implantées à Ottawa, il semble être devenu un Québécois à part entière.

Une belle expérience

Byron vient de passer les deux derniers étés à Montréal et il avait fait sourire un peu tout le monde au Centre Bell lorsqu’il s’était présenté sous le nom de Paul Biron (à la française) lors de l’ouverture locale de la saison du Tricolore, en 2016. Et à chaque fois qu’il se retrouve dans le vestiaire après un entraînement ou un match, il s’efforce de s’exprimer dans la langue de Molière quand il répond aux questions des journalistes francophones.

Byron rêve maintenant de gagner la Coupe Stanley à Montréal, dans l’uniforme du Canadien. Et comme tout partisan du Tricolore qui se respecte, il veut vaincre les Sénateurs chaque fois que les deux équipes ont rendez-vous. «Je sais que beaucoup de mes amis encouragent les Sénateurs. Ça me fait plaisir de les battre, même si ça agace mes amis! C’est toujours spécial de les affronter.»

Et Byron avoue que ce le sera au moins tout autant samedi, alors qu’il vivra un deuxième match en plein air en carrière. Le 1er janvier 2016 à Foxboro, il avait marqué deux buts dans un gain de 5-1 contre les Bruins de Boston et Claude Julien lors de la Classique hivernale.

«Ce match a été l’une des plus belles expériences de ma vie. Je me souviens d’être arrivé sur la patinoire devant 68 000 spectateurs. En comparaison, le Centre Bell ressemblait à l’aréna d’une équipe junior.»

Bien que la Place TD est moins gigantesque que le Gillette Stadium, Byron croit qu’il est possible de recréer une ambiance semblable à celle de la Classique hivernale, même si la température pourrait se situer autour des -16 °C, selon les prévisions initiales, et non près du point de congélation comme ce fut le cas à Foxboro.

«Chaque fois que nous affrontons Ottawa, il y a une ambiance de séries éliminatoires dans l’air. Il y a plus d’énergie. Les mises en échec sont plus nombreuses. Les matchs sont plus robustes.»

Malgré tout ce contexte, Byron va tenter d’aborder ce duel comme s’il était présenté au Centre Canadian Tire. «La scène est plus vaste, les lumières vont briller davantage, mais en fin de compte, c’est un autre match de hockey. Et c’est ce que j’ai fait toute ma vie. Je m’occuperai de tout le reste après.»

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VOIR LA LUMIÈRE AU BOUT DU TUNNEL

De rétrogradation en rétrogradation, Paul Byron ne s’est jamais laissé décourager et a continué de faire ce qu’il aimait le plus au monde : jouer au hockey, sans perdre de vue son rêve d’accéder à la LNH. La fameuse lumière au bout du tunnel est apparue en 2005 lorsqu’il s’est retrouvé avec les Golden Knights d’Ottawa ouest, une équipe junior B. «Je me souviens du premier soir où Paul s’est présenté à notre camp. Il avait 16 ans et ne devait pas peser plus que 130 livres. Il portait un casque protecteur qui semblait trop petit pour lui. Mais quand je l’ai vu patiner, j’ai dit : “Wow!”», raconte Keith Schaefer, son entraîneur-chef à l’époque.

Schaefer a permis à Byron de s’exprimer sur la patinoire au point où il a amassé 23 buts et 54 points en 40 matchs lors de sa seule campagne dans cette ligue. L’année dernière, avec la complicité du fils de Schaefer, le petit attaquant du Canadien lui a autographié un chandail tricolore sur lequel il le remercie de lui avoir redonné le plaisir de jouer au hockey. Ce chandail s’est transformé en cadeau de Noël pour Schaefer, un fervent partisan du Canadien.

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L'attaquant Matt Duchene, des Sénateurs

«Je ne pense pas avoir besoin de mettre trop d’épaisseurs de vêtements. Je n’étais pas très frileux quand j’étais jeune, je ne portais pas grand-chose et ma mère était toujours sur mon dos à ce sujet. On verra si c’est encore comme ça ou si j’ai ramolli avec les années» – Matt Duchene, au sujet du match en plein air

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Beaux souvenirs pour Chabot

Le -16 °C annoncé pour samedi soir n’effraie pas trop la recrue Thomas Chabot, qui affectionnait particulièrement le hockey sur la patinoire de quartier quand il était jeune, ce qui était il n’y a pas si longtemps, lui qui n’a que 20 ans. «Le parc était juste à côté de chez nous», a raconté vendredi le défenseur de Sainte-Marie-de-Beauce. «En revenant de l’école, je me dépêchais de manger pour aller à la patinoire jouer avec mes amis dehors. Peu importe s’il neigeait  ou s’il faisait - 30, mes amis et moi, le froid ne nous dérangeait pas. Ça va rappeler de bons souvenirs, c’est très excitant, c’est sûr. On sait qu’il va faire froid, on se prépare mentalement pour ça... Une fois le match commencé, je ne pense pas que les gars vont se rendre compte trop de la température. Et plus il fait froid, meilleure est la glace normalement.»  Marc Brassard (Le Droit)