Le nouveau défenseur du Tricolore, Brandon Davidson, craignait de ne plus jamais jouer au hockey lorsqu'il a combattu un cancer durant la saison 2012-2013.

Brandon Davidson changé par le cancer

À l'automne 2012, les joueurs de la LNH en lock-out ne jouaient pas. Le défenseur Brandon Davidson, qui était encore dans la Ligue américaine à ce moment-là, ne jouait pas non plus. Mais c'était pour une tout autre raison : il luttait contre le cancer.
C'est à Oklahoma City, le 1er octobre 2012, que le nouveau venu du Canadien a reçu un diagnostic de cancer testiculaire. Deux jours plus tard, il était sur la table d'opération. Son cas n'était pas sans rappeler celui de Phil Kessel, six ans plus tôt.
«J'ai parlé à Phil durant le processus», a raconté le défenseur obtenu des Oilers d'Edmonton en retour de David Desharnais. «Il avait subi une intervention chirurgicale et avait été en mesure de revenir au jeu deux ou trois semaines après. De mon côté, j'ai dû subir des traitements de chimiothérapie pendant un mois. J'ai perdu une vingtaine de livres. J'ai passé Noël à l'hôpital et toutes les semaines l'entourant à avoir des traitements de six ou sept heures par jour.»
Davidson avait 21 ans à l'époque. Il craignait de ne plus jamais jouer au hockey. Lorsque le médecin l'a rassuré, ça a été une véritable bouffée d'air frais.
«Vivre cette expérience-là m'a changé en tant que personne et m'a rendu plus fort. J'ai vécu tellement de frustrations, mais c'est ce qui m'a mené là où je suis aujourd'hui. Ça m'a donné une perspective fraîche sur la vie et une motivation supplémentaire dans ma carrière. Quand j'y repense, ça me donne des forces.»
Une dent contre Tkachuk
Davidson, qui est revenu au jeu en février 2013 - quatre mois et demi après son diagnostic -, a été un choix de sixième ronde des Oilers au repêchage de 2010. Même s'il n'était pas un espoir de catégorie A, il n'a cessé de s'approcher d'un poste régulier dans la LNH. Sauf qu'il n'y a pas que le cancer qui a ralenti son élan. Encore cette année, les blessures ont brisé son rythme.
Dès le premier match de la saison, il a été victime d'un croc-en-jambe de Matthew Tkachuk. «C'était un jeu salaud qui est survenu longtemps après le sifflet. C'est évident quand on revoit la vidéo. Ça a vraiment jeté une douche froide sur mon début de saison.»
Blessé à une épaule, le défenseur de 6'2" et de 210 livres a raté 30 matchs à cause de ce geste pour lequel la recrue des Flames de Calgary n'a pas été sanctionnée. «Je veux mettre ça derrière moi parce que je me suis beaucoup amélioré au cours des deux derniers mois», souligne Davidson.
«C'est difficile de dire au revoir à une organisation pour laquelle j'ai joué pendant aussi longtemps, mais en même temps, je suis excité par mon nouveau domicile», a-t-il ajouté. «Je suis ravi par cette occasion. Je sens qu'on me veut et qu'on a besoin de moi.»
Le facteur Vegas
Le repêchage d'expansion a un peu teinté la date limite des transactions dans la LNH. Des joueurs que leur équipe craignait de voir réclamés par les Golden Knights de Vegas ont été échangés afin de ne pas laisser leur formation les mains vides.
«Avec l'expansion qui s'en vient, nous avons des décisions à prendre», a reconnu le dg Jim Nill (Dallas) au moment d'échanger Jordie Benn au Canadien. Peter Chiarelli n'a pas été aussi catégorique, mais n'a pas nié le facteur Vegas pour autant. «Il y avait des chances qu'on perde Davidson, mais ça n'a pas été une grande partie de l'équation», a affirmé le dg des Oilers au moment de commenter l'acquisition de Desharnais sur le site de l'équipe.
Marc Bergevin, lui, a indiqué qu'il avait obtenu l'an dernier des rapports positifs d'un de ses recruteurs de l'ouest au sujet de Davidson. Ce recruteur pourrait très bien être Vaughn Karpan, qui a quitté la direction du recrutement professionnel du Tricolore l'été dernier pour se joindre aux Golden Knights. On prête à ce dernier un grand intérêt pour Davidson.
Le jeune arrière a lui-même entendu qu'il était dans la mire de Vegas. «Les défenseurs des Oilers qui forment le top 4 ont d'excellentes chances d'être protégés et il semblait en effet probable que je sois réclamé. Je ne sais pas trop pourquoi. J'imagine que la qualité de mon jeu a quelque chose à voir. Les choses peuvent changer rapidement à mesure que certains joueurs s'améliorent et que d'autres régressent, mais ça semblait être le consensus.»
Davidson aura sûrement la chance de se faire valoir avec le Tricolore. Mais il se veut aussi une police d'assurance : si Bergevin craignait de perdre aux mains de Vegas un joueur auquel il tient particulièrement, le fait de compter désormais sur Davidson lui donne un levier de négociation.