Nathan Beaulieu reconnaît que la récente rotation défensive imposée par l'entraîneur Claude Julien est difficile à accepter.

Beaulieu: «J'ai été ordinaire»

Nathan Beaulieu a toujours été un joueur très confiant, mais ces jours-ci, la confiance n'est plus ce qu'elle a déjà été.
Ce constat, c'est Beaulieu lui-même qui l'a fait, lundi, au Centre Bell, au terme de l'entraînement du matin, en vue du match de mardi soir face aux Stars de Dallas.
Invité à commenter ses propres performances au cours des derniers matchs, le défenseur de 24 ans ne s'est pas défilé. «J'ai été assez ordinaire, a-t-il répondu à La Presse. J'aimerais jouer mieux que je ne le fais présentement. Je jouais bien auparavant, avant notre semaine de relâche [la semaine du 13 février]. J'en suis revenu en tentant de retrouver mon rythme... Je sais que je peux être meilleur que ça. Je n'ai pas été moi-même dernièrement, et mon degré de confiance n'a pas été aussi élevé qu'à l'habitude. On pourrait dire que je n'ai pas été en mesure de jouer à ma manière. Je me suis contenté de jouer pour jouer.»
Même si Beaulieu affirme ne pas trop s'inquiéter de la situation («Mon jeu, c'est quelque chose que je peux contrôler, ce n'est rien de sérieux»), il reconnaît du même souffle que la récente rotation défensive imposée par l'entraîneur Claude Julien est difficile à accepter.
«Je n'ai pas parlé à l'entraîneur à ce sujet, parce que tout ce qui compte pour moi, c'est d'être prêt quand je suis dans la formation, a-t-il ajouté. Mais c'est difficile. On ne veut pas se retrouver dans une telle position. Il faut apprendre à rouler avec les coups, ça fait partie de la réalité. Je suis prêt à faire tout ce que l'on me demande.»
Cette fin de saison 2016-2017 n'est certes pas celle que Beaulieu avait prévue. Celui qui était au départ le défenseur numéro deux du Canadien, à la gauche de Shea Weber, est depuis passé d'un rôle de premier plan, avec un sommet de temps de jeu de 28 minutes et 22 secondes lors du match du 23 décembre à Columbus, à un rôle secondaire, qui l'a forcé à un titre de simple spectateur à deux reprises lors des six derniers matchs de l'équipe.
Son temps d'utilisation est aussi en chute libre : il a dépassé la barre des 20 minutes dans un match à une seule reprise lors des 21 dernières rencontres.
La chaise musicale se poursuivra
Pendant ce temps, Claude Julien tient à rappeler que la rotation existante va se poursuivre, ce qu'il a fait de nouveau lundi, en précisant que ce scénario de chaise musicale va possiblement continuer aussi lors des séries qui approchent.
De son côté, Beaulieu admet que ce n'est pas facile de sauter sur la glace quand on sait qu'il y a possibilité de sauter son tour le soir suivant.
«C'est sûr, on ne veut pas faire d'erreur, alors ça rend la tâche encore plus difficile, a-t-il ajouté. Mais si cette rotation va aider l'équipe, je suis prêt à faire tout ce qu'on me demande de faire. J'ai regardé beaucoup de mes jeux sur vidéo. Ce que je vis, je pense, ce n'est qu'une petite baisse de régime. Ce n'est rien que je ne suis pas capable de corriger.»
Avec le retour d'un autre défenseur à l'entraînement, Nikita Nesterov, Beaulieu pourrait avoir encore plus de compétition au sein de ladite rotation. Dans ce contexte, il sait fort bien qu'il doit retrouver ses repères, et rapidement en plus.
«Je veux seulement offrir de bonnes performances d'ici au début des séries... Si je joue bien, je sais que l'équipe va en bénéficier. Je dois offrir des performances à la hauteur de mes habiletés.»
L'année mouvementée de Julien
Claude Julien a vécu une saison pour le moins mouvementée.
La prise de la traditionnelle photo d'équipe et une journée de congé dominical en famille ont involontairement mené Claude Julien à jeter un regard sur la campagne qui s'achève. Et après réflexion, il constate qu'elle aura été pour le moins mouvementée.
Julien a amorcé sa saison plusieurs semaines avant bon nombre de ses homologues de la LNH, à titre d'entraîneur adjoint de Mike Babcock avec Équipe Canada à la Coupe du monde de hockey. À la fin de septembre, il est retourné à Boston pour la fin du camp d'entraînement des Bruins. Il y a ensuite eu les premiers jours de février et la fin d'une fructueuse association de 10 ans avec l'organisation bostonienne, puis l'inattendu retour avec le Canadien à peine une semaine après son licenciement.
«Avant que vous m'en parliez, à l'instant, je ne m'y étais jamais vraiment arrêté», a admis Julien, qui a apprécié la journée de dimanche, passée avec sa famille.
«Dans le fond, j'ai essayé de vivre l'instant présent. Le seul moment où j'y ai pensé, c'est lors de mon congédiement où là, je me suis dit que j'attendrais la fin de la saison avant de voir la suite. Je n'ai pas vraiment eu le temps de disséquer tout ça. La meilleure façon d'affronter ce genre de situation, c'est de vivre au présent, et c'est ce que j'essaie de faire.»
Quant à la photo d'équipe, elle a mené Julien à réfléchir aux nombreuses leçons qu'il a apprises depuis qu'il navigue dans le monde du hockey.
«J'ai appris qu'il ne faut jamais dire jamais. La première fois que j'ai été congédié, ici, je m'étais dit que je n'achèterais jamais plus de maison. J'en ai acheté deux depuis! C'est dur de retenir les leçons du passé!»
Belle nostalgie
Mais le passé peut aussi représenter une source de bonheur et de belle nostalgie, au point de conserver des objets qui lui sont encore précieux. Comme l'une des photos d'équipe avec le Canadien, qui décore l'un des murs de sa résidence estivale, et même un polo de golf décoré du logo du Tricolore.
«On fait les choses tellement bien ici, a observé Julien en faisant allusion à la photo d'équipe. Tu marches vers le vestiaire et tu vois la belle grande photo d'équipe sur le mur, tout juste à côté. On ne voit pas ça dans beaucoup d'organisations.
«Je n'oublie pas le passé. Il m'est arrivé de belles choses. Je me rappelle de ma première saison complète ici. Je pense que nous avons connu notre meilleure campagne en 10 ans, et à titre d'entraîneur-chef recrue, j'étais plutôt fier. Ce sont de beaux souvenirs, et je garde tout du passé.»  La Presse canadienne